Le blogue de l'édito

Le blogue de l'édito - Auteur
  • André Pratte

    André Pratte et son équipe échangent avec les internautes sur les sujets d'actualité.
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    Mardi 10 avril 2012 | Mise en ligne à 15h56 | Commenter Commentaires (18)

    Nourrir la bête

    NDLR : Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

    488968-leo-bureau-blouin-fecq-gabrielMario Roy

    Peu d’événements récents auront exposé de façon si évidente les distorsions de l’information moderne que la grève des étudiants qui perdure depuis presque 60 jours au Québec.

    Je ne parle pas ici d’un manque d’objectivité, par exemple,  dont pourraient être coupables les médias dans leurs pages de nouvelles (et non leurs pages d’opinion, qui sont par définition subjectives).

    Il est question de quelque chose beaucoup plus sérieux, à mon sens: du renversement de la relation de dépendance entre les médias et ce que nous appellerons les « acteurs sociaux ». C’est-à-dire tous ceux qui, du chef d’État au tueur en série, produisent des actions ou des paroles susceptibles d’être transformées en nouvelles par l’appareil médiatique.

    Probablement depuis Gutenberg, ces acteurs étaient davantage dépendants des médias pour exister sur la scène publique, que les médias ne dépendaient d’eux pour exister tout court! C’est devenu l’inverse aujourd’hui, à l’heure de l’info continue, des sites web mis à jour aux huit minutes, des blogues, de Twitter.

    Que mettre en ondes ou en ligne, en effet, ou bloguer, ou twitter, minute après minute, heure après heure, 24/7, 365 jours par année? Dans les salles de rédaction, où personne n’est dupe, on appelle ça: nourrir la bête!

    Cela explique probablement la floraison de la place donnée dans les médias au commentaire, qui est par nature illimité, par rapport à la narration des faits bruts qui, eux, sont limités.

    Depuis 60 jours, donc, les médias ont beaucoup profité du boycott étudiant pour « faire du temps », comme on dit. Et je vois venir le moment où il faudra verser des cachets aux têtes parlantes des associations étudiantes (photo: Léo Bureau-Blouin, de la FECQ, et Gabriel Nadeau-Dubois, de la CLASSE). Car on peut toujours compter sur eux pour un clip de 20 secondes quand on n’a rien d’autre à mettre devant le « kodak »!

    Enfin, c’est l’observation que je vous soumets. Et vous avez tout le loisir de… commenter!


    • La Bête! C’est exactement pourquoi je suis abonné à un certain journal hebdomadaire britannique. Étant publié une fois par semaine, ça donne le temps aux journalistes et éditorialistes de digérer l’information et d’y donner une certaine perspective.
      F.Gosselin

    • Belle démonstration de condescendance à l’égard du mouvement étudiant. À ce que je sache, il ne s’agit pas des actions d’un groupuscule, mais de dizaines de milliers de personnes qui ont menées, entre autres, à une manifestation de 200 000 personnes. Si vous y voyez un déséquilibre dans le traitement médiatique, c’est simplement parce que l’autre partie impliquée dans ce conflit se prive de commenter et refuse toute négociation. Par conséquent, il est difficile pour un journaliste d’obtenir des images et commentaires d’un gouvernement qui s’enferme dans son mutisme.

      D’ailleurs, l’utilisation du mot boycott pour désigner une grève illustre votre position sur cette question. À ce que je sache, une grève est un refus de travailler et étudier est une occupation qu’on peut qualifier de travail. D’ailleurs, ceux qui critiquent les étudiants parce qu’ils ne veulent pas faire leur part en rappelant les sacrifices qu’ils ont fait pour leurs études peuvent quand même convenir que c’était beaucoup de travail. Enfin, j’écris ces lignes et je me demande à quoi cela sert vraiment considérant le niveau de condescendance affiché par l’auteur de ce billet qui n’invite pas à la discussion, mais à… commenter.

      Michael Bourget

    • De là l’importance de garder des médias subventionnés (question de ne pas dépendre uniquement de la bête).
      f.jean

    • Bonjour M. Roy

      En somme, il y a plus de bruit que de signal. On parle aussi d’«infobésité» sauf que c’est un trop plein de tout ce que vous voudrez sauf de l’information si ce mot a encore un sens.

      Si aux médias dit “traditionnels” on ajoute aussi les “vacarmiciels” tels que twitter ou le Huffington Poubelle il y a un moment où l’on décroche ou on crève. Le pire c’est la répétition des mêmes sornettes par une sorte d’effet “perroquet” (en 140 caractères ou pire!).

      L’effort principal ne porte plus sur la compréhension de nouvelles mises en contexte et expliquées mais sur le tri passablement pénible de ce qui est valable ou pas. Remarquez que la façon la plus simple est de s’en tenir à certains auteurs et de ne pas perdre son temps avec désinformateurs par vocation ou profession mais c’est aussi difficile que d’éviter les maringouins en forêt autour du 24 juin.

      «Nous ne vivons plus dans un monde de loups hélas mais dans un monde de perroquets et c’est bien plus terrible.» Jean Dutourd, Les horreurs de l’amour

      UNE remarque sur le poids des mots et la légèreté avec laquelle la chose est prise dans les médias, ici compris.

      C’est un fait que les agitateurs auto-proclamés “leaders étudiants” ne le sont évidemment pas.

      Quand un journal, le vôtre compris, écrit: «les leaders étudiants», il MENT.

      Quand un journal, pas seulement le vôtre, écrit «les “leaders” étudiants» ou «les prétendus leaders étudiants» ou « les soi-disant leaders étudiants», il dit vrai.

      Le diable est dans les détails, dit-on.


      Claude LaFrenière

    • Vous nous dites de commenter en nous prévenant que cela est inutile. Ça enlève de l’enthousiasme. Ne me répondez pas. Cela ne servirait à rien. C.Boily

    • Si ceux qui nourrissent la bête n’étaient pas en grande majorité des militants de l’axe syndicaliste-PQiste ou des partisans de la gratuité quasiment universelle et de l’état providence mur-à-mur, on aurait eu droit à une couverture journalistique qui met un moins d’huile sur le feu et un peu de plomb dans la tête des leaders étudiants fanatiques… et des lecteurs naifs.

      Dans le dossier du boycott étudiant, Le Devoir a particulièrement été d’une partisannerie tout à fait déplorable, partisannerie accompagnée d’une filtration idéologique des commentaires qui rivalise avec la filtration idéologique qui caractérise Radio-Canada.

      Pour Le Devoir, quand un groupuscule étudiant ou le leader d’une association étudiante fait ou dit quelque chose, on titre immédiatement: “LES” étudiants alors que, pourtant, la majorité étudiante est en train de suivre ces cours. Pour Le Devoir, la majorité étudiante n’existe pas et ne mérite aucune attention, parce qu’elle ne penche pas du “bon” côté.

      Mais ne faites pas la remarque au Devoir: on va refuser votre commentaire, mais laisser paradoxalement passer des commentaires traitant de “trolls” ceux qui commentent de manière posée et rationnelle, mais arrivent à des conclusions qui ne penchent pas du “bon” bord!

      Olivier Bamville

    • @lebougnat
      Mario Roy écrit ceci: Peu d’événements récents auront exposé de façon si évidente les distorsions de l’information moderne que la GRÈVE des étudiants qui perdure depuis presque 60 jours au Québec.
      Et vous répondez ceci: D’ailleurs, l’utilisation du mot BOYCOTT pour désigner une grève illustre votre position sur cette question

      Savez-vous lire? C’est bien beau de vouloir à tout prix donner son opinion, encore faut-il savoir sur quoi on la donne. Une grève a lieu quand il y a arrêt de travail rémunéré. Les étudiants ont bien beau travailler très fort, aux dernières nouvelles, ils n’étaient pas rémunérés pour le faire. Il s’agit donc ici d’un boycott de cours.

      D. Bélanger

    • l’information pondue par les medias francophones au Quebec est digne du village d’Asterix et meme
      de l’Iran de la Coree du Nord et de l’ex URSS.

      P A T H E T I Q U E

      Dan Dumais

    • « CLASSE » ? Vous ne trouvez pas que ça sonne bizarre pour une clique n’en a pas ?

      Simon picotte

    • …@obam,10 avril 2012,17h42.

      Je ne crois pas qu’il y ait un seul média qui ne se «réserve le droit d’éditer, abréger ou ne pas publier» toute contribution spontanée qui lui est adressée. C’est le média qui établit ses règles et qui les applique unilatéralement. Cela fait que les opinions qui vont à l’encontre des idées que ce média véhicule sont soit carrément censurées ou publiées en quantité homéopathique pour préserver une certaine image d’impartialité ou d’ouverture.

      Si on ajoute à cela l’obstruction provenant des groupes qui monopolisent l’espace de la communication, on se retrouve fatalement avec des gens que Mathieu Bock-Côté a surnommés «les dépossédés de la parole publique». À ces gens il reste des ersatz comme Twitter et Facebook qui, à l’occasion, procurent de petites victoires bien circonscrites comme celle qui a fait reculer Lassonde.

      J-F. Couture.

    • le Canada a signé en 1976 un accord international faisant parti de la déclaration universelle des droits de l’homme et qui dit que l’éducation, même supérieure devrait être également accessible et progressivement gratuite car c’est un droit de base comme se nourrir ou se loger. Voici cet accord:

      International Covenant on Economic, Social and Cultural Rights
      Adopted and opened for signature, ratification and accession by General Assembly
      resolution 2200A (XXI) of 16 December 1966
      entry into force 3 January 1976, in accordance with article 27

      Article 13
      1. The States Parties to the present Covenant recognize the right of everyone to education. They agree that education shall be directed to the full development of the human personality and the sense of its dignity, and shall strengthen the respect for human rights and fundamental freedoms. They further agree that education shall enable all persons to participate effectively in a free society, promote understanding, tolerance and friendship among all nations and all racial, ethnic or religious groups, and further the activities of the United Nations for the maintenance of peace.
      2. The States Parties to the present Covenant recognize that, with a view to achieving the full realization of this right:
      (a) Primary education shall be compulsory and available free to all;
      (b) Secondary education in its different forms, including technical and vocational secondary education, shall be made generally available and accessible to all by every appropriate means, and in particular by the progressive introduction of free education;
      (c) Higher education shall be made equally accessible to all, on the basis of capacity, by every appropriate means, and in particular by the progressive introduction of FREE EDUCATION;

      Je pense qu’il serait bon de relater cette entente signée par le Canada afin de faire comprendre à tous le droit légitime à l’accès aux études supérieures et progressivement l’introduction de la gratuité scolaire même à ce niveau.

      J Tremblay

    • Quelqu’un pourrait expliquer aux étudiants brandissant le drapeau rouge arborant l’effigie du « CHE » que ce dernier était un tueur sanguinaire et que la révolution castrice à tué, emprisonné et bâillonné des milliers de citoyens cubain, privant tout un peuple de leurs droits et libertés.
      Danny Mansour, Longueuil.

    • La grève (ou boycott, c’est selon) étudiante est mouvement qui s’inscrit légitimement dans l’espace démocratique. Étant donné l’importance socio-économique des questions qui ont été soulevées par ce débat, il m’apparaît normal que les média en fasse une couverture large. Pour ma part, je considère que les revendications et positions des différents acteurs ont été clairement établies et que la couverture médiatique de ceux-ci s’est faite de manière très professionnelle. Le lecteur, aussi “naïf” pourrait-il être, peut facilement s’y retrouver et s’en faire une opinion informée. Le fait que différents intervenants ont été interpellés dans ce débat (des recteurs, en passant par le gouvernement, les étudiants pour et contre le gel, jusqu’à l’individu coincé dans le traffic lors de manifestations) le prouve.

      Même l’étudiant de l’université Laval qui, de façon tout à fait légitime, a fait valoir son droit en justice et qui a eu gain de cause, de même que l’avocat l’a conseillé se sont fait entendre (plusieurs fois à Radio-Canada, pourtant tellement biaisé en faveur de la grève, n’est-ce pas ?).

      Rapporter les faits comportent nécessairement un entremetteur, ce qui signifie que le journalisme est une profession dont l’objectivité est imparfaite par nature. Au Québec, nous avons la chance de compter sur des professionnels qui, en plus d’être soumis à un code d’éthique stricte, font leur travail, plus souvent qu’autrement, de façon très professionnelle. Le citoyen y trouve son compte.

      Mathieu Landry

    • Les médias devront avoir appris, comme nous tous, de ces incidents. Premièrement, sans doute pour la première fois, la distinction entre une grève dans le cadre de relations de travail et le boycott d’un service public commence à être acceptée. Ensuite, le rôle des journalistes est-il d’être une simple courroie de transmission, le porte-parole d’une faction, ou au contraire ce rôle ne comporte-t-il pas une (forte) composante de collecte d’information, d’analyse, de mise en contexte et de dissémination.

      Je m’explique, voilà quelques semaines, on annonçait (en rapportant textuellement les paroles des leaders étudiants) que 52% des élèves d’un CÉGEP s’était prononcés en faveur de la ”grève”. Après avoir effectué des recherches, j’ai constaté que seulement 38% des étudiants avaient participé au vote. Faites le calcul: seulement 19,76% des étudiants étaient favorables au débrayage. Un peu plus tard, on titrait que 150 étudiants d’un autre CÉGEP manifestaient; une nouvelle recherche révélait que 5,000 étudiants fréquentent ce CÉGEP. 150/5,000. Pas fort, n’est-ce pas.

      Combien sont-ils aujourd’hui? Quel pourcentage de la masse estudiantine manifeste? Sur les prétendus 200,000 en grève, combien sont retournés sur les bancs d’école? Ces données sont pertinentes, tout autant que les images des quelques boycotteurs qui bloquent les entrées d’édifices et qui entravent la circulation.

      Nous apprenons tous de ces incidents, mais je crois que médias et journalistes devront faire un post-mortem.

      Jean Boisjoli
      Saint-Lambert

    • “Anonymous99
      Je me permets cette rectification à votre citation:

      ”c) Higher education shall be made equally accessible to all, on the basis of capacity, by every appropriate means, and in particular by the progressive introduction of FREE EDUCATION;”

      Vous semblez vouloir oblitérer les mots ”on the basis of capacity, by every appropriate means”. Les parties ont ainsi voulu convenir d’une entente réaliste et réalisable.

      J. Boisjoli

    • @jeanfrançoiscouture: le problème est que certains médias, comme Radio-Canada et Le Devoir, ne suivent pas les règles de modération qu’ils ont eux-mêmes établies. D’où la filtration idéologique qui règne là-bas. Comme vous l’avez mentionné, bien sûr que certains commentaires qui penchent du “mauvais bord” y sont publiés, mais pour des raisons qui me semblent purement cosmétiques: ne pas rendre complètement évident la nature idéologique de la modération.

      L’Actualité est relativement rigoureux dans son service de modération. Cyberpresse se situe proche de l’Actualité, sauf pour ce qui est de Richard Hétu et Marie-Ilse Paquin, qui pratiquent une modération fortement idéologique.

      Olivier Bamville

    • La principale différence avec avant, c’est que maintenant ça va dans les deux sens!
      Il y a aujourd’hui deux bêtes qui se nourrissent l’une de l’autre!

      Ce nouveau phénomène est un plus mais avec aussi le bémol de la qualité qui est souvent submergée par une montagne de m… d’opinions subjectives sans arguments valables.

      Aux journalistes de réagir en faisant ce qu’ils savent faire de mieux soit l’analyse et les enquêtes!
      C’est surtout les faiseurs d’opinions et la propagande qui n’a plus l’exclusivité des médias ainsi que juste rapporter les faits car ça tout le monde peut le faire maintenant!

      Eric Cire

    • @ argyle
      Demander au gouvernement d’envoyer un billet à ordre de $500 millions à la banque du Canada et ils saurons quoi faire avec un clic de souris pour monnayer et transférer l’argent. N’oubliez jamais que l’argent substantiel n’existe plus depuis 1933, l’argent d’aujourd’hui n’est que débit-crédit électronique basé sur du vent que le cartel bancaire privé contrôle au nom de la supposé stabilité monétaire du pays.

      J Tremblay

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