Photo Ninon Pednault, La Presse
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Ariane Krol
Comme on le voit dans le reportage de mon collègue Hugo Meunier, on ne risque pas grand chose à voler un vélo à Montréal. Il a réussi à le faire huit fois de suite dans des lieux très passants, sans jamais être importuné*. La plupart des témoins l’ont ignoré. Ceux qui l’ont vu ne se sont pas interposé. Un seul est intervenu, faisant échec à la neuvième tentative. Il s’était lui-même fait voler deux vélos dans le passé.
Davantage que le comportement des passants, c’est celui des cyclistes qui rachètent ces bécanes volées qui me dérange. Évidemment, quand on achète d’un particulier, on ne peut pas savoir. Mais d’un particulier qui a toujours de nouveaux vélos à proposer? Ou qui les vend dans un local qui n’est pas un commerce officiel? Les clients ont intérêt à ne pas être trop regardants. On estime que 15 000 à 30 000 bicyclettes sont volées chaque année à Montréal. À un moment donné, c’est la demande qui suscite l’offre. Et la roue tourne…
* Pour ceux qui n’auraient pas lu ou vu l’histoire en question, précisons qu’aucun vélo n’a été victime de mauvais traitements dans le cadre de ce reportage. La bicyclette “volée”, toujours la même, était celle d’Hugo, qui venait la subtiliser après que sa complice, la photographe-véidéaste Ninon Pednault, l’ait cadenassée dans un lieu public.
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