Le blogue de l'édito

Archive du 22 février 2012

Mercredi 22 février 2012 | Mise en ligne à 11h47 | Commenter Commentaires (86)

Un radar photo, c’est bien. Mais dix, c’est mieux.

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Afin d’encourager un débat respectueux, seuls les commentaires signés sont publiés. Merci.

François Cardinal

Il y a clairement, au Québec, un problème de comportement au volant. C’est pourquoi le gouvernement a déposé ce matin un projet de loi qui officialise le recours aux radars photo.

Le problème, c’est que l’un ne réglera pas l’autre.

On s’entend, l’utilisation des cinémomètres est une très bonne chose. Mais tant et aussi longtemps qu’on se servira de ces appareils comme autant de petits pansements sur un saignement abondant, on ne travaillera qu’à la marge.

Le ministère des Transports s’en sert en effet pour régler des problèmes ponctuels, ce qu’il appelle «les endroits accidentogènes».

On installe ainsi les radars photo à des endroits bien précis, on les affiche des milles à l’avance et on ne les touche plus. Ça règle ainsi un problème défini, ce qui est bien, mais ça n’agit nullement sur le comportement des automobilistes.

Le radar n’a en effet aucun effet ailleurs sur le réseau. Et il a même, parfois, un effet très limité là où il est installé.

Bien des automobilistes ralentissent à la vue des radars, puis repartent de plus belle ensuite. Certains roulent même plus vite après le cinémomètre qu’avant, afin de rattraper le temps perdu… Les chercheurs appellent cela «l’effet kangourou».

Or selon les données québécoises les plus récentes, le problème de la sécurité routière ne se limite pas qu’à quelques endroits déterminés. Pire, il est généralisé.

En effet, plus d’un conducteur sur deux roule au-delà de la vitesse permise en milieu urbain. Sur les routes principales, ils sont deux sur trois. Et sur les autoroutes, pas moins de huit sur dix!

Ce n’est certainement pas avec quelques cinémomètres annoncés à l’aide de dix panneaux d’affichage qu’on s’attaquera à ce problème de fond. Il faut plutôt multiplier les radars mobiles et dissimulés.

Reste à voir où les villes choisiront d’implanter les futurs radars, mais le fait que le MTQ conserve la mainmise sur les lieux d’implantation des futurs radars n’annonce rien de bon. Il est normal que ce dernier veuille les obliger à dépenser les recettes éventuelles dans des mesures de sécurité routière, mais il devrait permettre aux villes de multiplier les radars mobiles ainsi que les cinémomètres fixes aux endroits qui leur conviennent.

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