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Archive du 20 février 2012

Lundi 20 février 2012 | Mise en ligne à 16h34 | Commenter Commentaires (36)

L’Iran, la menace nucléaire et votre plein d’essence

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, participait aujourd'hui à Téhéran à une conférence sur l'économie. Photo : Reuters.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, participait aujourd'hui à Téhéran à une conférence sur l'économie. Photo : Reuters.

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Vincent Brousseau-Pouliot

Le prix de baril de pétrole monte aujourd’hui – et la visite des inspecteurs internationaux en Iran n’y est pas étrangère.

Aujourd’hui et demain, des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique sont en Iran pour discuter du programme nucléaire. L’Iran prétend se servir de son énergie nucléaire pour faire de l’électricité, tandis que la communauté internationale soupçonne le pays de se doter d’une bombe nucléaire. Devant des « preuves crédibles » d’une menace nucléaire, l’Europe et les États-Unis ont imposé en novembre dernier des sanctions économiques dans l’espoir de contraindre l’Iran à cesser son programme nucléaire.

Dimanche, l’Iran a décidé d’appliquer ses propres sanctions économiques : le pays ne vendra plus de pétrole à la France et à la Grande-Bretagne, qui mènent la charge dans ce dossier. En pratique, cette décision ne changera pas grand chose pour les automobilistes français et britanniques : la Grande-Bretagne (1%) et la France (3%) n’achetaient pratiquement plus de pétrole iranien. Mais l’Iran songe à réserver le même sort à d’autres pays européens dépendant davantage de ses ressources pétrolières (13% en Grèce et en Italie). Un scénario qui rend les investisseurs nerveux, si bien que le prix du baril de pétrole s’est apprécié de 1,6% aujourd’hui à New York pour atteindre 104,92 $US à 13h14. (La Bourse américaine est fermée en cette journée fériée, mais certains contrats sur le baril de pétrole se transigent quand même à New York.)

Ce sommet du prix du baril de pétrole depuis mai dernier est-il annonciateur d’une hausse des prix à la pompe? Seul l’avenir le dira. Au cours des cinq premières semaines de 2012, le prix moyen de l’essence au Québec est passé de 1,27 $ le litre à 1,31$ le litre. En 2011, le titre d’essence s’est vendu à 1,28$ le litre.

En refusant de vendre son pétrole à certains pays, l’Iran tente de diviser l’Europe et ainsi faire échouer les sanctions économiques décrétées à la suite d’un rapport des Nations unies contenant de nouvelles « preuves crédibles » que l’Iran développerait présentement l’arme nucléaire. Parmi les sanctions économiques qui commenceront un juillet prochain : l’interdiction d’acheter du pétrole iranien, qui représente la moitié des revenus du budget de l’Iran. 70% du pétrole iranien est exporté en Asie, contre 18% en Europe. Voilà pourquoi l’Union européenne et l’Europe tentent – sans succès pour l’instant – de convaincre la Chine de se joindre au boycott du pétrole iranien.

De son côté, Israël n’écarte pas la possibilité d’attaquer l’Iran si les sanctions économiques ne sont pas plus sévères. Un scénario que tente d’éviter les États-Unis et l’Europe. Le conseiller à la sécurité nationale de Barack Obama, Tom Donilon, a rencontré les dirigeants d’Israël hier et aujourd’hui. Selon le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, attaquer l’Iran « n’est pas la bonne chose à faire pour l’instant ».

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