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André Pratte
Quiconque doutait de l’habileté politique et de la force de caractère de Pauline Marois devra, à la suite des événements des derniers jours, se raviser. Le communiqué publié dimanche par Gilles Duceppe, annonçant qu’il renonce à un retour à la politique active, consacre le deuxième KO obtenu par Mme Marois contre son adversaire potentiel. On se souviendra qu’après le départ d’André Boisclair en 2007, M. Duceppe avait décidé de se lancer dans la course. Mais il changea d’idée quelques heures plus tard, constatant les appuis écrasants déjà obtenus par Pauline Marois.
Cette fois-ci, dans ce qui avait toutes les allures d’un putsch, M. Duceppe a fait savoir qu’il était disponible si le Parti québécois décidait de forcer Mme Marois à quitter ses fonctions. On se serait attendu à ce que les déclarations publiques d’appui fusent de partout. Or, cela s’est limité aux deux patrons du SPQ Libre, Marc Laviolette et Pierre Dubuc. Pas un député n’a osé déclarer son voeu de voir l’ancien chef du Bloc québécois prendre la tête du PQ.
De son côté, Mme Marois est rapidement passée à l’attaque, annonçant deux candidatures importantes en vue des prochaines élections. Lundi, dans un discours à l’occasion de la «Semaine de la souveraineté» à l’Université de Montréal, elle doit faire «une annonce importante».
De plus, Mme Marois s’est tout à coup montrée favorable à une éventuelle alliance avec Québec Solidaire, amenant son rival potentiel, Bernard Drainville, à lui donner son appui. Les deux principaux adversaires de la chef ont donc été neutralisés. Le caucus et le conseil national, qui doivent avoir lieu dans les prochains jours et qui s’annonçaient difficiles, seront probablement tranquilles.
M. Duceppe invoque, pour expliquer sa capitulation, la nouvelle publiée à la une de La Presse de samedi selon laquelle le Bloc aurait violé les règles de la Chambre des communes en rémunérant deux employés du parti à l’aide de fonds destinés aux activités parlementaires. «Dorénavant, déclare-t-il, j’entends me consacrer entièrement à défendre mon intégrité et à rétablir ma réputation.» Cette affaire a peut-être joué dans sa décision mais, de toute façon, le peu d’enthousiasme suscité au sein du caucus péquiste par l’annonce de sa disponibilité l’aurait probablement mené à la même conclusion.
Tout indique maintenant que Pauline Marois mènera les troupes péquistes lors de la prochaine campagne électorale. Et sa performance solide des derniers jours devrait améliorer son image au sein de l’électorat.
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