Newt Gingrich et Callista, sa troisième femme et autrefois sa maîtresse. (photo AFP)
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Jean-Pascal Beaupré
Une scène qui serait surréaliste au Canada : au débat républicain en Caroline-du-Sud, jeudi soir, la toute première question, posée à Newt Gingrich, avait trait à une déclaration de sa deuxième femme, Marianne, qui venait d’affirmer au réseau ABC qu’il lui avait demandé à l’époque d’accepter qu’il ait une maîtresse. Cette maîtresse, Callista, est éventuellement devenue sa troisième épouse.
Cette question n’avait absolument rien à voir avec les capacités de gouverner de l’ancien président de la Chambre des représentants, qui convoite la présidence des États-Unis. Mais ainsi va la politique américaine. La moralité prend souvent le devant de la scène, particulièrement lors des campagnes présidentielles, où les candidats doivent montrer patte blanche.
Sans porter un jugement sur le comportement de Newt Gingrich, on peut convenir avec lui qu’en étalant sans détour la vie privée des politiciens, des prétendants potentiels à des postes de responsabilité gouvernementaux reculent face à la possibilité qu’on sorte des squelettes personnels de leur placard.
Au Québec, tout comme dans le reste du Canada, ce voyeurisme électoral est inconcevable. Une certaine pudeur nous retient encore de franchir cette frontière de la vie privée. Au fond, est-ce vraiment d’intérêt public que l’on sache si un homme ou une femme politique est hétérosexuel, gai, fidèle ou non à son conjoint ?
De même, est-il nécessaire que les candidats à la présidence dévoilent leur déclaration de revenus? La richesse est-elle un critère qui devrait influencer les électeurs dans leur choix?
En quoi est-il pertinent de connaître tous ces détails croustillants – hormis la curiosité un peu malsaine – lorsqu’on doit évaluer si un candidat à la présidence possède les qualités d’un chef d’État ?
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