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Archive du 11 janvier 2012

Mercredi 11 janvier 2012 | Mise en ligne à 12h17 | Commenter Commentaires (37)

Économie du Québec: des signes inquiétants

Photo Michel Tremblay, Le Quotidien
Photo Michel Tremblay, Le Quotidien

NDLR: Afin d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que des commentaires signés. Merci de votre collaboration.

André Pratte

La publication des plus récentes données sur le chômage, vendredi dernier, a suscité beaucoup d’inquiétude au Québec. En effet, alors que la province a mieux traversé la crise que le reste du pays, voici que le marché de l’emploi se détériore.  Durant le dernier mois de l’année 2011, le taux de chômage a bondi de 8% à 8,7%. Pendant la même période, le taux de chômage en Ontario a baissé, s’établissant à 7,7%. Nous revenons donc à la situation traditionnelle où le taux de chômage au Québec est sensiblement plus élevé que celui dans la province voisine.

La Fédération des chambres de commerce du Québec n’a pas attendu la publication de ces données pour sonner l’alarme. Dès le mois de novembre, à l’occasion de la publication de ses indicateurs annuels, la FCCQ constatait que «l’économie du Québec montre quelques signes inquiétants.»

La Fédération souligne par exemple que le nombre d’entrepreneurs a diminué en 2010. De plus, le capital de risque a connu trois mauvaises années: «Nous sommes encore loin d’être revenus au niveau précédent la récession de 2008, et encore très loin du niveau de 2005 où plus de 700 millions $ en capital de risque ont été injectés (par rapport à un peu moins de 400 millions $ en 2010).»

De 2005 à 2009, le poids du secteur manufacturier dans le PIB du Québec a glissé de 19,1% à 14,9%. C’est une tendance qu’on constate dans tous les pays développés mais, dans le cas de notre province, «aucun autre secteur ne semble avoir le potentiel pour remplacer les pertes observées dans le secteur manufacturier.»

Autres signes inquiétants: la balance commerciale internationale du Québec ne cesse de se détériorer, ce qui signifie que nous importons beaucoup plus de biens et services que nous en exportons. Les difficultés économiques des États-Unis, la hausse du dollar et la productivité relativement faible de nos entreprises sont sans doute à l’origine de cette évolution.

En somme, la bonne performance économique du Québec au sortir de la récession est due beaucoup plus aux gigantesques investissements du gouvernement provincial en infrastructures qu’à une amélioration des fondements de notre économie. «La création de richesse n’est pas à la hauteur des attentes et dans un contexte concurrentiel internationalisé, nous sommes loin d’être aussi compétitifs que nous le devrions, affirme la présidente de la FCCQ, Françoise Bertrand. Dans un contexte de vieillissement de la population et de refus d’une partie de la société civile d’accepter le développement richesses naturelles, les signaux contenus dans ces indicateurs sont inquiétants.»

Mme Bertrand rejoint la conclusion de mon collègue Alain Dubuc, qui écrit mercredi dans La Presse: «Ces indices nous rappellent que l’économie québécoise est fragile, et qu’il faudra redoubler d’efforts pour assurer son dynamisme. On n’y arrivera certainement pas en disant non à tout, comme on le fait trop en ce moment.»

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