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Ariane Krol
Un aller-retour Montréal-Fort Lauderdale à 298$? Pas mal. Mais quand une somme supplémentaire de 124,46$ s’ajoute à la transaction, c’est pas mal… moins intéressant. C’est ce qui est arrivé au Montréalais Michael Silas, dont l’expérience illustre le recours collectif intenté par l’Union des consommateurs contre Air Canada. Lorsque celui-ci a choisi le billet à 298$ proposé par le site du transporteur, une dizaine de taxes, frais et suppléments sont venus alourdir la note.
Une pratique familière, mais qu’on ne devrait pas accepter. Les surcharges diffèrent tellement d’une fois à l’autre qu’il est impossible de calculer le prix réel à partir de celui qui est affiché. Et puisque les tarifs qu’on nous fait miroiter ne sont pas disponibles, ça frise la publicité trompeuse.
Cette pratique est d’ailleurs interdite au Québec depuis juin 2010. Selon l’Office de la protection du consommateur (OPC), il reste du travail à faire sur les sites Web, mais au moins, Air Transat, WestJet et Porter ont ajusté leurs pubs diffusées ici. Ce qu’Air Canada refuse de faire, sous prétexte que le transport aérien est de compétence fédérale. L’OPC, pour qui il s’agit plutôt d’une question de contrat entre entreprises et consommateurs, a déposé une poursuite contre Air Canada ce printemps. La demande d’autorisation en recours collectif de l’Union des consommateurs, elle, doit être entendue en janvier.
Et Ottawa, qui régit le transport aérien, a enfin décidé de prendre ses responsabilités. Un règlement exigeant «que le transporteur inclue tous les coûts liés à la fourniture des services» est en préparation, a annoncé le ministre d’État aux Transports. La fourniture des services? Au Québec, seules les taxes à la consommation (TVQ, TPS) et les droits pour la sécurité des passagers peuvent être facturés en sus. Tout le reste (amélioration portuaire, carburant, taxes d’aéroport, alouette) doit être compris dans le prix affiché. C’est déjà un net progrès. Les suppléments, surcharges et autres frais peuvent gonfler le prix du tiers, a constaté l’OPC.
Comme je le mentionne en éditorial, la nouvelle réglementation fédérale est prometteuse, à condition qu’elle ne soit pas diluée en chemin. Les consommateurs ont intérêt à se faire entendre! En attendant le début des consultations, je vous invite à me faire part de vos expériences.
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