Le blogue de l'édito

Archive du 30 octobre 2011

Dimanche 30 octobre 2011 | Mise en ligne à 5h00 | Commenter Commentaires (7)

Taxi + transport collectif = taxi collectif

PX204_4D05_9NDLR: Afin d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que des commentaires signés. Merci de votre collaboration.

François Cardinal

D’un côté, l’affluence du transport collectif est en forte progression, mais l’offre demeure somme toute limitée.

De l’autre, les revenus de l’industrie du taxi sont en forte diminution, parce que l’offre, justement, est tout sauf limitée.

Que faire? Fusionner les deux modes et développer le «taxi collectif»…

C’est la proposition qu’a faite Vision Montréal ces derniers mois, une proposition reprise avec enthousiasme, lundi dernier, par l’Administration Tremblay et la STM. Tant mieux! Car le taxi collectif a bel et bien un énorme potentiel à Montréal.

D’abord, de quoi s’agit-il? D’une sorte de croisement entre le bus et le taxi, déjà couramment utilisé à Montréal pour le transport adapté. Une compagnie, après entente avec la STM, met ainsi un chauffeur et son taxi au service des usagers à déplacer, que ce soit sur appel ou sur des trajets bien spécifiques.

L’idée, maintenant, c’est d’en faire une option pour les usagers réguliers du transport en commun et surtout, pour les usagers potentiels qui sont trop éloignés du réseau d’autobus et de métro.

Cela se fait déjà à L’Île-Bizard, à l’Île-des-Sœurs et au Technoparc (en plus d’être courant dans des villes comme Sorel et Victoriaville), mais on parle vraiment d’un réseau de taxi collectif embryonnaire, et ce, même si l’option est financièrement avantageuse pour la STM.

Il faut donc maintenant sortir du «tout à l’autobus», d’un réseau mur à mur de véhicules du même format et ouvrir la porte à un développement plus hétérogène du réseau : minibus, services rapides par bus, trolleybus et aussi, donc, taxi collectif.

Il existe toutes sortes de variantes possibles :

- sur certains circuits, les usagers pourraient prendre le téléphone et attendre qu’un taxi vienne les chercher pour les amener à un point précis du réseau de transport en commun, comme une gare de train de banlieue par exemple;

- sur d’autres, le taxi pourrait faire chaque jour aux mêmes heures des allers-retours prédéfinis, vers de gros pôles d’emploi le matin, vers le réseau de transport en commun en fin de journée;

- sur d’autres encore, le taxi pourrait suivre un parcours cyclique à certaines heures de la journée, et ainsi de suite.

Ce serait bon pour l’affluence du transport en commun, qui a atteint dans la dernière année des niveaux record (STM + 4%, AMT + 19%, CIT + 16% et STL + 6%) confirmant ainsi une forte demande dans la population.

Et ce serait bon pour l’industrie du taxi qui en arrache, pour toutes sortes de raison, que ce soit la compétition accrue (747, BIXI, navettes d’hôtel), la hausse du prix de l’essence ou l’augmentation du prix des courses en taxi.

En fait, c’est à se demander pourquoi on n’y a pas pensé avant?

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