Le blogue de l'édito

Archive du 3 octobre 2011

Lundi 3 octobre 2011 | Mise en ligne à 14h22 | Commenter Commentaires (39)

La famille traditionnelle, seul espoir de l’économie?

432248-03_mPhoto Robert Skinner, La Presse

NDLR: Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publiera désormais que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

Ariane Krol

Il y a des trucs qui piquent votre curiosité et qui, lorsque vous y regardez de plus près, se révèlent bardés d’épines. C’est le cas de cette étude, dont j’ai appris l’existence ici. Coiffé d’un titre abstrait qu’on pourrait traduire par Le dividende d’une démographie durable, le papier défend une idée pourtant toute simple: le succès des économies modernes est étroitement lié à celui de la famille. La famille au sens le plus traditionnel, soit deux parents vivant non seulement ensemble, mais mariés, et ayant plusieurs enfants.

L’argumentation, habile, s’appuie sur toutes sortes de données.

On y rappelle l’implacable équation du vieillissement: la fertilité des pays industrialisées étant généralement en-deçà du fameux seuil de remplacement (2,1 enfants par femme en moyenne), il y aura de moins en moins de travailleurs pour soutenir la population retraitée en forte croissance. Même en Chine, on prévoit que la population en âge de travailler fondra de 1% par an à partir de 2016.

Et on y vante la dynamique économique des familles mononucléaires. Les hommes mariés gagnent généralement plus. Les enfants élevés par deux parents habitant sous un même toit sont plus susceptibles de réussir à l’école, d’obtenir un diplôme universitaire et de se trouver un emploi payant. Quant aux consommateurs qui ont des enfants, ils sont plus portés à consacrer leur argent à des produits d’épicerie, des soins de santé, de l’assurance, des produits de première nécessité, à l’entretien de leur maison et, tenez-vous bien… aux soins des enfants et à des produits pour les jeunes.

Plusieurs des recommandations sont de nature à plaire aux couples avec des enfants qui trouvent difficile de conjuguer les besoins de la famille avec les pressions de la vie actuelle. Réduire dramatiquement l’impôt sur le revenu des parents. Faire en sorte que les femmes n’aient pas à choisir entre études ou carrière et famille, mais puissent conjuguer les deux. Développer des communautés accueillantes pour les familles.

Mais d’autres sont plutôt étranges. Des campagnes gouvernementales en faveur du mariage? Promouvoir la frugalité pour mettre fin aux problèmes d’endettement? «Nettoyer la culture» en valorisant le modèle familial à la télé et au cinéma ? Bonne chance!

Oui, la démographie actuelle est préoccupante, et le changement de valeurs en est largement responsable. La somme des choix individuels pose aujourd’hui d’immenses défis, auxquels on commence à peine à réfléchir. Il est donc bien trop tôt pour déclarer forfait. Prêcher le retour à un modèle unique, impraticable pour une grande partie de la population, ne constitue pas une solution. Il faut trouver des moyens de s’adapter, ce qui ne pourra se faire sans quelques remises en question: sur l’âge de la retraite, les services qu’on exige de l’État, l’importance donnée à l’éducation, la solidarité entre générations et au-delà des liens parentaux…

Lire les commentaires (39)  |  Commenter cet article






publicité

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse

  • Calendrier

    octobre 2011
    L Ma Me J V S D
    « sept   nov »
     12
    3456789
    10111213141516
    17181920212223
    24252627282930
    31  
  • Archives

  • publicité