Le blogue de l'édito

Archive du 11 août 2011

Jeudi 11 août 2011 | Mise en ligne à 17h19 | Commenter Commentaires (39)

Accommoder les libéraux…

NDLR: Afin d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’Édito ne publie que des commentaires signés. Merci de votre collaboration.

119378-charles-taylor-gerard-bouchard-presideMario Roy

Sur un air connu, un nouveau « hit » pourrait s’intituler: « Accommodez les libéraux »…

En congrès ce week-end, les jeunes libéraux se proposent en effet de rouvrir la plaie des accommodements raisonnables. De remettre ça avec le rapport des commissaires Charles Taylor et Gérard Bouchard (photo). Et, dans le contexte du projet de loi 94, de définir le concept taylo-bouchardien de laïcité ouverte. (Bonne chance! Et, pendant que vous y êtes, n’oubliez pas de définir l’interculturalisme également…).

On ne repartira pas ici la discussion sur ce dossier devenu extraordinairement lancinant et pénible. Juste deux petites remarques avec lesquelles vous, chers lecteurs, serez d’accord ou pas.

Un.

Pour l’instant, essayons de vivre sans. Sans nouveau débat. Sans nouvelles interventions venues d’en haut et, dirait-on parfois, inspirées par quelque principe divin. Sans nouvelle intrusion de l’éléphant gouvernemental dans le magasin de porcelaine de la cohabitation quotidienne des us, coutumes et croyances à ésotérisme variable, déjà assez compliquée comme ça…

Deux.

Les libéraux voudraient que soit créé un nouvel « Office québécois d’harmonisation interculturelle »… Pour l’amour du ciel, pourriez-vous, s’il vous plaît, oublier ça! Et, à la place, aller appliquer une bonne couche de béton sur les parois d’un ou deux viaducs que je vous indiquerai avec plaisir!

Hé! les jeunes libéraux! Avez-vous regardé l’organigramme du gouvernement du Québec, récemment? Non? Allez voir. Parmi la pléthore de trucs et machins gouvernementaux qui peuvent s’occuper de l’une ou l’autre facette de l’« harmonisation interculturelle », il y a déjà au Québec (tenez-vous bien à vos poignées de vélo):

Un Centre d’étude ainsi qu’un Comité consultatif sur l’exclusion; un Comité pour la prestation des services de santé et des services sociaux aux personnes issues des Communautés ethnoculturelles (le CPPDSSSSPICE!); la Commission des droits de la personne (il y en a une fédérale aussi); le Conseil de la Justice; le Conseil des relations interculturelles; un Fonds de la recherche sur la société et la culture; un ministère de la Solidarité sociale; un ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles; un ministère de la Justice; un Protecteur (trice) du citoyen; un Secrétariat à l’action communautaire autonome et aux initiatives sociales; un Secrétariat aux affaires autochtones; un Tribunal des droits de la personne…

Vous ne trouvez pas que ça commence à faire? Il faudrait vraiment un autre chausson bureaucratique avec ça? Et pour embaucher qui, au fait (pardonnez la perfidie de la question…)?

Non, mais. On croit rêver…

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Jeudi 11 août 2011 | Mise en ligne à 4h49 | Commenter Commentaires (52)

Trop vieux pour conduire?

254008-019_mPhoto André Tremblay, La Presse

NDLR: Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publiera désormais que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

Ariane Krol

Oui, les conducteurs âgées font moins d’accidents que les jeunes. Mais une fois qu’on a dit ça, on n’a pas dit grand-chose. Le nombre de détenteurs de permis de 65 ans ou plus va pratiquement doubler au cours des 20 prochaines années. Le problème ne vient pas du chiffre (on n’est pas vraiment vieux à 65 ans), mais des problèmes de santé qui risquent d’apparaître quand on avance en âge. En particulier les troubles cognitifs, pas mal plus sournois que la surdité, les cataractes ou l’arthrite.

Je parle en édito de quatre accidents mortels causés par des octogénaires qui roulaient à contresens, dont trois sur des autoroutes. Inquiétant? Les détails le sont encore plus.

Deux s’étaient fait dire par un médecin de ne pas conduire. N’ont pas écouté. Un autre avait l’air en pleine forme: seul un neurologue avait constaté des anomalies, mais le suivi qu’il avait demandé n’a pas été fait. Le quatrième démontrait des signes de confusion depuis plusieurs mois, et avait fait la même erreur sur les lieux de l’accident moins d’un an auparavant.

La Société de l’assurance-auto a toutes sortes de mesures pour détecter les conducteurs âgés à risque. Elle impose des examens médicaux à âges fixes, fait passer des tests routiers au besoin, traite les signalements des professionnels de la santé et des proches.

Mais pour que ça marche, il faut que tout le monde prenne le problème très au sérieux. Incluant l’entourage, qui voit souvent des choses qui ne ressortent pas nécessairement durant une visite médicale. D’ailleurs, il y aurait peut-être des procédures à revoir pour les cas signalés à la SAAQ. Un des conducteurs mentionnés plus haut avait fait l’objet d’une demande de la police pour passer un test routier plus d’un mois avant l’accident. De toute évidence, ce n’était pas une bonne idée de lui laisser son permis en attendant.

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