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François Cardinal
Rappelez-vous il y a 20 ans, on nous disait que le télétravail était l’avenir, que nous allions tous travailler de la maison en étant branchés au bureau en temps réel, en son, images et mégabits…
Et pourtant, ce miracle n’a pas eu lieu, comme en attestent chaque matin les bouchons de circulation dans la région de Montréal.
La plupart des travailleurs semblent se rendre au boulot, jour après jour après jour, même s’il n’y a plus grand monde qui a besoin de s’enchaîner à une grosse machine, si la majorité des emplois ne nécessitent qu’un branchement haute vitesse et si la conciliation travail-famille gagne en popularité…
Statistique Canada le confirme, d’ailleurs. La plus récente étude sur la question précise qu’en 2000, à peine 10% des employés rémunérés travaillaient au moins quelques heures à la maison chaque semaine. Aujourd’hui? Le taux est à… 11,2%, un minime point de pourcentage de plus en une décennie!
Les prédictions ne se sont donc pas avérées… au contraire, même.
Non seulement les employés se rendent-ils en masse au boulot chaque matin, ils le font malgré les bouchons, les chantiers et les chutes de béton… En outre, la plupart des travailleurs qui restent chez eux ne le font pas plus d’une journée par semaine.
On ne parle donc pas d’une option peu populaire, mais bien d’une option… qui ne semble même pas en être une!
Chez les travailleurs autonomes, sans surprises, le taux est plus élevé. Il avoisine les 60 %, mais ceux-ci ne sont pas en nombre suffisant (en plus de se concentrer au cœur des grandes villes) pour que l’on ressente la différence sur les ponts…
Comment expliquer la faible participation au télétravail? Les hypothèses des uns valent celles des autres. Mais personnellement, j’en vois trois.
D’abord, le télétravail n’est pas pour tout le monde : les infirmières et les enseignants, par exemple, ne peuvent s’y adonner. Ensuite, les entreprises sont encore peu enclines à laisser leurs employés travailler de la maison, peu importe les hausses de productivité qu’on leur fait miroiter. Enfin, bien des employés trouvent encore aujourd’hui nécessaire d’avoir des contacts humains avec leurs collègues, que ce soit pour leur propre bien-être, le sentiment d’appartenance à l’entreprise ou encore l’innovation.
Mais il y a certainement d’autres raisons. Vous, pourquoi continuez-vous à vous rendre au bureau chaque matin, malgré tous les désagréments?
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