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André Pratte
Le prince William et sa conjointe, Kate Middleton, sont arrivés jeudi à Ottawa pour leur première visite officielle. Dans la capitale fédérale, ils ont été accueillis comme de véritables stars. Bien sûr, les Canadiens anglais sont beaucoup plus entichés de la monarchie que les Québécois francophones. Mais il n’y avait pas seulement des monarchistes dans la foule. On sentait chez ces gens la frénésie que seules provoquent les super-vedettes.
Le duc et la duchesse de Cambridge ont visiblement bien appris leur métier protocolaire. Les deux se sont montrés très sympathiques. Kate, en particulier, semblait prendre un réel plaisir à rencontrer les gens. William s’est permis une blague lorsque, en lisant assez péniblement la partie française de son discours, il s’est arrêté pour dire: «Ça va s’améliorer au fur et à mesure de notre visite.»
Je sais, je sais, la monarchie est chose dépassée. Mais, visiblement, ça fait plaisir à bien des gens que le Canada ait encore des liens avec le Royaume Uni. Et puis, si ce n’était pas la monarchie, le Canada serait une république, avec un président qui ne serait pas nécessairement moins dépensier ou plus proche du peuple (voir les abus commis par certains présidents français). Et, comme l’a montré avec son brio habituel mon collègue Yves Boisvert (sa chronique est ici), abolir la monarchie, c’est plus facile à dire qu’à faire.
Quant à ceux qui manifesteront contre la visite princière à Québec dimanche, c’est leur droit. Pour ma part, la conquête anglaise (ou l’abandon français, pourrait-on dire aussi justement), c’est un fait de l’histoire. À mes yeux, William et Kate n’ont pas plus de liens avec la conquête que n’en a Paul McCartney. Et puis les Canadiens français ont été marqués par la présence anglaise, pour le pire mais aussi pour le meilleur. Notre culture, notre politique, notre architecture ont été profondément influencée par la présence britannique. Je n’irai pas applaudir le couple princier devant l’hôtel de ville de Québec. Je n’irai pas manifester non plus. Comme la plupart des Québécois, selon le sondage Angus Reid publié dans La Presse, je suis indifférent. Avec une petite touche de curiosité, quand même, à l’endroit de ces nouvelles stars planétaires.
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