Le blogue de l'édito

Archive du 18 mai 2011

X00232_9NDLR: Afin d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que des commentaires signés. Merci de votre collaboration.

François Cardinal

Certains cyclistes craignent d’attraper la pluie, d’autres ont davantage peur de se faire voler leur vélo, d’avoir une crevaison en roulant sur un nid-de-poule ou d’arriver trempés au bureau.

Mais tous, sans aucune exception, partagent une peur bleue des portières d’autos.

Avec raison, car ils sont rares les automobilistes qui prennent la peine de regarder dans leur miroir et dans leur angle mort avant de sortir de leur véhicule. Ce qui oblige les cyclistes à se cramponner à leur guidon les doigts croisés.

Carl Guyot, 56 ans, est la dernière victime de ses portières surprises. Il roulait à vélo sur l’avenue Van Horne, il y a quelques jours, lorsqu’un automobiliste est soudainement sorti de sa voiture. Le cycliste, soit parce qu’il ne pouvait l’éviter sans se précipiter dans le trafic, soit parce qu’il ne l’a tout simplement pas vu, a heurté la portière. Et il en est mort, a annoncé le coroner, dimanche.

Le problème posé par ses collisions évitables est double. Il y a d’abord l’évidente insouciance des automobilistes, qui ne prennent pas la chose suffisamment au sérieux. Il y a ensuite l’application du Code de la sécurité routière, ou plutôt son inapplication.

L’article 430 stipule en effet qu’un automobiliste ne peut ouvrir une portière «sans s’être assuré qu’il peut effectuer cette manœuvre sans danger». Un article que la police n’applique à peu près jamais, un article surtout, qui peut valoir à son contrevenant une grosse amende dissuasive de… 30 piasses!

La collision de Carl Guyot est en ce sens un cas d’espèce : l’automobiliste en cause n’a d’abord reçu aucune tape sur les doigts de la part du SPVM, qui a balayé le tout du revers de la main. «Un bête accident», a-t-on jugé… avant de se raviser et de lui remettre, à la suite des appels insistants de La Presse, la fameuse contravention de 30 $… Même si la victime est décédée.

Et pourtant, les portières intempestives représentent l’une des principales causes de blessures chez les cyclistes, selon Vélo Québec, qui n’hésite pas à parler d’un véritable fléau. Dans pareilles circonstances, on fait quoi?

On incite les victimes et leurs proches à intenter des recours civils devant les tribunaux?

On lance une campagne de sensibilisation, comme le suggère Jean-Marie De Koninck, président de la Table québécoise de la sécurité routière?

On augmente l’amende de façon radicale, comme le propose Suzanne Lareau, directrice de Vélo Québec?

Qu’en pensez-vous?

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