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François Cardinal
Le quotidien de nos enfants, on s’entend, n’a plus rien à voir avec celui de leurs ancêtres.
À l’époque, les plus jeunes devaient marcher des kilomètres pour se rendre à l’école, ils devaient couper et corder du bois, nourrir les animaux, aider leurs parents à s’occuper de la terre. On voyait alors comme d’immenses atouts l’énergie, la vitalité, la fougue, l’impulsivité.
Plus maintenant. Les qualités d’antan sont aujourd’hui des défauts. Plus sédentaire que jamais, la société ne tolère plus ces enfants qui sont incapables de rester sagement assis, qui ont besoin de bouger, qui ont de l’énergie à revendre.
D’où une réaction musclée à l’encontre de ces enfants perçus comme turbulents : diagnostic de TDAH (trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité), puis médication.
D’où, par le fait même, une dérive vers un trop grand nombre de diagnostics du genre et de prescriptions à l’avenant.
C’est ce qu’a confirmé ces derniers jours le neuropsychologue Benoît Hammarrenger lors d’une conférence devant l’Association québécoise des troubles d’apprentissage. Le Devoir en parle ici.
Le Dr Hammarrenger soutient en effet que l’on confond trop souvent les cas d’enfants immatures, dotés d’un quotient intellectuel très élevé, atteints d’un trouble envahissant du développement ou réellement hyperactifs.
Je bouge, donc je suis hyperactif, en somme…
Clairement, nous avons collectivement la mèche de plus en plus courte. Nous tolérons moins que les enfants sortent du rang, qu’ils fassent du bruit au restaurant, qu’ils s’agitent au centre commercial, qu’ils dérangent en classe.
Nous les souhaitons convergents, surtout pas dissidents. Sinon, hop, le Ritalin…
Qu’en pensez-vous, les enfants aujourd’hui sont-ils réellement plus agités à votre avis? Est-on trop rapide sur la gâchette avec les pilules?
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