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André Pratte
Pour la première fois depuis presque une décennie, le nombre de naissances a diminué au Québec l’an dernier. Selon les dernières données publiées par l’Institut de la statistique du Québec, il est né 88 300 enfants dans la province en 2010, 300 de moins qu’en 2009. Le mini-baby-boom constaté depuis 2002 est-il en train de s’essouffler? La responsable du dossier à l’ISQ, Chantal Girard, ne se risque pas dans les prévisions. D’ailleurs, à l’ISQ, on a toujours refusé de parler d’un baby-boom. «Il y a eu un report des naissances – les femmes se sont mises à avoir leurs enfants plus tard, a-t-elle expliqué à mon collègue Gabriel Béland. On a donc connu un creux au début des années 2000. Les hausses des dernières années s’expliqueraient par le rattrapage. Mais ce rattrapage s’essouffle et ne semble plus faire augmenter les chiffres.»
Les politiciens n’ont pas fait preuve de la même prudence. Depuis que le nombre de naissances s’est mis à augmenter, le gouvernement Charest s’en attribue le mérite. La hausse de la fécondité serait due, ont maintes fois répété les libéraux, à «la politique familiale la plus généreuse en Amérique du Nord». Cette politique est constituée, on le sait, du réseau des garderies subventionnées et des congés parentaux, deux mesures imaginées par le précédent gouvernement du Parti québécois, dont le gouvernement libéral s’est sans vergogne approprié la paternité.
Or, absolument rien ne prouve que l’augmentation des naissances au Québec soit due aux mesures pro-famille mises en place au cours des dernières années. En effet, le nombre de naissances et l’indice de fécondité ont également crû dans les autres provinces du pays. La hausse semble avoir été un peu plus prononcée ici, mais il faudra du recul pour évaluer si la politique familiale a joué et comment.
En attendant, l’augmentation du nombre de naissances constatée jusqu’ici a tout de même un impact positif sur les perspectives d’avenir de la société québécoise. Elle a amené l’ISQ à réviser ses prévisions de sorte que l’organisme ne prévoit plus une décroissance de la population d’ici une vingtaine d’années mais bien une croissance continue jusqu’en 2056. On devrait alors compter 9,2 millions de personnes habitant le Québec.
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