Le blogue de l'édito

Archive, mars 2011

Jeudi 31 mars 2011 | Mise en ligne à 11h41 | Commenter Commentaires (35)

Cartes de crédit: faut-il serrer la vis aux émetteurs?

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NDLR: Afin d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que des commentaires signés. Merci de votre collaboration.

Ariane Krol

Pendant que ses adversaires s’accusent mutuellement de complot de coalition, le chef du NPD a choisi d’agiter un autre épouvantail: les cartes de crédit. Plus précisément, leurs abominables taux d’intérêt, qu’il propose de limiter à cinq points de pourcentage au-dessus du taux préférentiel. Ce qui reviendrait, ces temps-ci, à réduire le taux de bien des cartes de plus de moitié. On peut se demander si Jack Layton défierait ainsi les grandes banques émettrices de cartes Visa et MasterCard s’il avait la moindre chance de devenir premier ministre au terme de la présente campagne, mais ne boudons pas notre plaisir. Félicitons-le plutôt pour son choix d’épouvantail, qui a au moins le mérite d’avoir une forme reconnaissable pour les électeurs.

L’industrie de la carte de crédit a été attaquée sur un autre front mardi, celui de ses politiques de tarification aux commerçants, qui font l’objet d’une demande de recours collectif. Une requête qui s’ajoute au recours intenté par le Bureau de la concurrence en décembre dernier. Voilà donc les deux principales sources de revenus du secteur – les frais facturés aux marchands sur chaque transaction et ceux imposés aux clients qui n’acquittent pas leur solde en entier -  remises en question.

L’industrie n’a pas volé son statut d’épouvantail. Même les détenteurs qui ne paient jamais un sou d’intérêt sont choqués par les taux affichés sur leur relevé, et le temps qu’il leur faudrait pour se débarrasser de cette dette s’ils cédaient aux sirènes du paiement minimal. Et attendez que tout le monde réalise que c’est l’ensemble des clients d’un commerce, et non le marchand ou l’émetteur de la carte, qui paient pour les points, milles aériens ou autres primes offerts aux détenteurs de cartes privilège.

Cela dit, il faut se demander jusqu’à quel point on peut serrer la vis sans créer d’effets pervers ou se faire refiler la facture autrement. Si le but est de limiter l’endettement des consommateurs et d’éviter que certains ne s’y enfoncent jusqu’aux yeux, peut-être serait-il plus efficace de resserrer l’accès au crédit. Sa disponibilité actuelle ressemble davantage à une corde pour se pendre qu’à une bouffée d’oxygène. Mais ça ne fait pas très sexy comme promesse électorale .

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Mercredi 30 mars 2011 | Mise en ligne à 12h18 | Commenter Commentaires (44)

Un enfant qui bouge? Il est hyperactif!

X00228_9NDLR: Afin d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que des commentaires signés. Merci de votre collaboration.

François Cardinal

Le quotidien de nos enfants, on s’entend, n’a plus rien à voir avec celui de leurs ancêtres.

À l’époque, les plus jeunes devaient marcher des kilomètres pour se rendre à l’école, ils devaient couper et corder du bois, nourrir les animaux, aider leurs parents à s’occuper de la terre. On voyait alors comme d’immenses atouts l’énergie, la vitalité, la fougue, l’impulsivité.

Plus maintenant. Les qualités d’antan sont aujourd’hui des défauts. Plus sédentaire que jamais, la société ne tolère plus ces enfants qui sont incapables de rester sagement assis, qui ont besoin de bouger, qui ont de l’énergie à revendre.

D’où une réaction musclée à l’encontre de ces enfants perçus comme turbulents : diagnostic de TDAH (trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité), puis médication.

D’où, par le fait même, une dérive vers un trop grand nombre de diagnostics du genre et de prescriptions à l’avenant.

C’est ce qu’a confirmé ces derniers jours le neuropsychologue Benoît Hammarrenger lors d’une conférence devant l’Association québécoise des troubles d’apprentissage. Le Devoir en parle ici.

Le Dr Hammarrenger soutient en effet que l’on confond trop souvent les cas d’enfants immatures, dotés d’un quotient intellectuel très élevé, atteints d’un trouble envahissant du développement ou réellement hyperactifs.

Je bouge, donc je suis hyperactif, en somme…

Clairement, nous avons collectivement la mèche de plus en plus courte. Nous tolérons moins que les enfants sortent du rang, qu’ils fassent du bruit au restaurant, qu’ils s’agitent au centre commercial, qu’ils dérangent en classe.

Nous les souhaitons convergents, surtout pas dissidents. Sinon, hop, le Ritalin…

Qu’en pensez-vous, les enfants aujourd’hui sont-ils réellement plus agités à votre avis? Est-on trop rapide sur la gâchette avec les pilules?

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François Cardinal

Combien de temps passez-vous dans votre auto pour vous rendre au boulot et y revenir? La question est fort simple. Et pourtant, bien difficile d’avoir une réponse claire…

Dans la version papier du Globe and Mail de samedi, on publiait avec ce texte un graphique saisissant dans lequel on comparait les temps moyens de navette, aller-retour, entre la maison et le travail dans les grandes villes du monde.

Montréal se situait à l’avant-dernier rang avec une moyenne de 76 minutes, tout juste devant Toronto, avec une moyenne de 80 minutes. C’est l’équivalent d’environ 340 heures par année… ou deux semaines complètes!

C’est énorme! D’autant que la même étude, réalisée par le Conference Board pour la Chambre de commerce de Toronto, précise que la navette est plus longue à Montréal qu’à Barcelone (48,4 minutes), Chicago (61,5), même Los Angeles (55,9), Tokyo (69) et Londres (74)!

Mais un instant…

La congestion, dites-vous, est plus importante à Montréal qu’à Tokyo, où les navetteurs dorment dans le train tellement ils demeurent loin du centre-ville?

Plus importante qu’à Londres, où la vitesse moyenne au centre-ville ne dépassait pas 13 km/h avant l’instauration d’un péage urbain?

Plus importante même qu’à Los Angeles, où les bouchons sont légendaires à toute heure du jour et de la nuit?

Bien difficile à avaler…

Personnellement, je crois que cette étude, souvent reprise ces dernières années, ne tient tout simplement pas la route. Une navette moyenne de 76 minutes à Montréal? Peut-être. La donnée provient de l’Enquête sociale générale 2005, menée par Statistique Canada. Fiable.

Mais les données étrangères, je n’y crois pas.

D’ailleurs, en tout petit, tout petit dans l’étude de la Chambre de commerce de Toronto, on peut lire ceci : «Commute times for U.S. metros may be under-estimated. (…) Commuting data for U.S. metros comes from the U.S. Census based on metropolitan boundaries in 2000. It is possible this has lead to under-reporting of commute times compared to Canadian CMAs.»

En un mot, ne vous fiez pas aux chiffres provenant des États-Unis. D’autant que les régions métropolitaines utilisées comme base de comparaison sont beaucoup plus petites au sud de la frontière… donc, un biais qui se traduit par des temps de navette plus courts.

Quant à l’Europe, on indique : «Commute time data from Eurostat is available only at the regional level.» Autrement dit, on compare des pommes canadiennes avec des oranges européennes… à l’avantage des oranges, manifestement.

Cela n’enlève rien au fait que les allers-retours sont longs à Montréal. Mais plus ou moins qu’ailleurs, la question reste entière.

D’après-vous, quand on se compare aux autres grandes villes, on se console ou on se désole?

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