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Ariane Krol
Pendant que ses adversaires s’accusent mutuellement de complot de coalition, le chef du NPD a choisi d’agiter un autre épouvantail: les cartes de crédit. Plus précisément, leurs abominables taux d’intérêt, qu’il propose de limiter à cinq points de pourcentage au-dessus du taux préférentiel. Ce qui reviendrait, ces temps-ci, à réduire le taux de bien des cartes de plus de moitié. On peut se demander si Jack Layton défierait ainsi les grandes banques émettrices de cartes Visa et MasterCard s’il avait la moindre chance de devenir premier ministre au terme de la présente campagne, mais ne boudons pas notre plaisir. Félicitons-le plutôt pour son choix d’épouvantail, qui a au moins le mérite d’avoir une forme reconnaissable pour les électeurs.
L’industrie de la carte de crédit a été attaquée sur un autre front mardi, celui de ses politiques de tarification aux commerçants, qui font l’objet d’une demande de recours collectif. Une requête qui s’ajoute au recours intenté par le Bureau de la concurrence en décembre dernier. Voilà donc les deux principales sources de revenus du secteur – les frais facturés aux marchands sur chaque transaction et ceux imposés aux clients qui n’acquittent pas leur solde en entier - remises en question.
L’industrie n’a pas volé son statut d’épouvantail. Même les détenteurs qui ne paient jamais un sou d’intérêt sont choqués par les taux affichés sur leur relevé, et le temps qu’il leur faudrait pour se débarrasser de cette dette s’ils cédaient aux sirènes du paiement minimal. Et attendez que tout le monde réalise que c’est l’ensemble des clients d’un commerce, et non le marchand ou l’émetteur de la carte, qui paient pour les points, milles aériens ou autres primes offerts aux détenteurs de cartes privilège.
Cela dit, il faut se demander jusqu’à quel point on peut serrer la vis sans créer d’effets pervers ou se faire refiler la facture autrement. Si le but est de limiter l’endettement des consommateurs et d’éviter que certains ne s’y enfoncent jusqu’aux yeux, peut-être serait-il plus efficace de resserrer l’accès au crédit. Sa disponibilité actuelle ressemble davantage à une corde pour se pendre qu’à une bouffée d’oxygène. Mais ça ne fait pas très sexy comme promesse électorale .
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