Le blogue de l'édito

Archive du 6 janvier 2011

X00110_9NDLR: Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que des commentaires signés. Merci de votre collaboration.

François Cardinal

Beaucoup de réactions à mon éditorial sur les sacs en plastique.

Les lecteurs m’accusent de faire la part trop belle aux épiceries, qui n’auraient pris le virage du sac réutilisable que pour des questions financières (je suis tout à fait d’accord!).

D’autres me racontent leurs témoignages d’expériences ratées sans sacs en plastique : une sortie de la SAQ sur un trottoir glacé les bras remplis de bouteilles de vin, la caissière à l’épicerie qui lèvent les yeux au ciel lorsqu’on exige des sacs en plastique, etc.

Il y a enfin ces lecteurs qui me reprochent d’avoir passé sous silence l’existence des sacs dégradables. C’est vrai.

«Aujourd’hui, m’écrit l’un d’eux, les sacs d’épicerie sont biodégradables. Alors, à quoi bon se rendre à l’épicerie avec ses sacs réutilisables mais non recyclables et de surcroît fabriqués en Chine? Heureusement le ridicule ne tue pas.»

Ce que ce lecteur ignore – et c’est la raison pour laquelle je n’ai pas abordé le sujet dans mon court texte de 450 mots – , c’est que la plupart des alternatives au sac en plastique posent problème.

Les sacs en papier : leur production exige beaucoup plus de ressources et d’énergie que les sacs en plastique, ce qui augmente les émissions de gaz à effet de serre et donne un bilan environnemental peu reluisant.

Les sacs compostables, biodégradables et oxobiodégradables : ils ont certes le mérite de se désintégrer dans la nature, mais autant dans le bac vert qu’au lieu d’enfouissement, cette vertu se transforme en vice….

Dans le bac de récupération, en effet, ces sacs «contaminent» les plastiques recyclés en affectant la qualité des produits remodelés. Et dans le dépotoir, compactés, sans oxygène, ils se décomposent lentement, très lentement, de telle sorte que des gaz à effet de serre s’échappent vers le haut et du lixiviat, vers le bas.

Seule issue possible pour ces sacs : la collecte municipale de matières organiques, hélas très peu répandue au Québec (une certification vient d’être créée par Recyc-Québec, ce qui devrait améliorer la situation à la longue).

La meilleure solution est donc le sac réutilisable (à condition de ne pas en posséder 268 à la maison et 128 dans l’auto…). Puis, tout juste en deuxième position, surprise!, on retrouve, selon Recyc-Québec… le bon vieux sac en plastique. À condition, toutefois, de le réutiliser…

Vous, que privilégiez-vous quand vous faites vos emplettes?

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