NDLR: Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que des commentaires signés. Merci de votre collaboration.
André Pratte
Selon les données publiées mardi par Statistique Canada, près de 70 000 Canadiens meurent chaque année du cancer. De 2000 à 2007, dernière année pour laquelle cette donnée est disponible, le nombre de Canadiens tués par le cancer a grimpé de 11%. Pendant la même période, le nombre de personnes décédées des suites d’une maladie cardiaque a baissé de 8%.
La principale source de la hausse des décès dus au cancer est le vieillissement de la population. Les exploits de la médecine ont donc un effet pervers, effet pervers qu’elle ne parvient pas à contrôler.
Si on ne tient pas compte du vieillissement de la population, le proportion de Canadiens pour qui le cancer a été fatal a légèrement diminué. Par contre, celle des Canadiens ayant succombé à une maladie cardiaque a chuté de façon substantielle.
Un Canadien sur trois souffrira d’un cancer au cours de sa vie et le cancer est la cause de 30% des décès au pays. Bref, la guerre contre le cancer est loin d’être gagnée. (À ce sujet, on peut lire ici les textes de l’excellente série de Patrick Lagacé, publiée en octobre).
Ce n’est pas faute d’efforts. Dans une magistrale histoire du cancer qui vient d’être publiée (The Emperor of All Maladies – A Biography of Cancer, chez Simon & Schuster), l’oncologue américain Siddhartha Mukherjee rappelle que l’humanité combat le cancer depuis l’Antiquité. On connaît aujourd’hui beaucoup mieux la maladie et ses causes que les Égyptiens et les Grecs de l’époque. Cependant, le cancer continue d’imposer à ses victimes de terribles douleurs physiques et psychologiques . Et malgré les progrès de la science, on n’a toujours pas trouvé de cure ou de traitement préventif.
On peut lire quelques pages du livre du docteur Mukherjee ici. Selon ce que j’ai pu en lire et les nombreux compte-rendus publiés dans les journaux américains – notamment celui du New Yorker , le bouquin semble fascinant. Le médecin y retrace l’histoire de la guerre contre le cancer, celle des chercheurs mais aussi celle des patients. De lui vient l’idée du titre de ce blogue: le cancer est profondément ancré dans la nature humaine. «La division cellulaire permet aux organismes vivants de
croître, de s’adapter, de se remettre, de se réparer – de vivre, écrit-il. Déformée et libérée, elle permet aux cellules cancéreuses de croître, de prospérer, de s’adapter, de se remettre, de se réparer – en somme, de vivre aux dépens de notre vie. Les cellules cancéreuses croissent plus rapidement, s’adaptent mieux. Elles sont des versions plus parfaites de nous-mêmes.»
C’est parce que les cellules cancéreuses sont si étroitement liées à la vie de l’organisme qu’il est difficile de les vaincre sans en même temps détruire le porteur. Il est arrivé que des scientifiques soient si obsédés par la résistance de leur ennemi qu’ils en oublièrent le bien-être de leurs patients; le docteur Mukherjee raconte notamment le cas du chirurgien William Stewart Halsted, le pionnier des mastectomies «radicales» qui ruinèrent la vie de milliers de femmes sans parvenir à vaincre la maladie.
La médecine fonde aujourd’hui beaucoup d’espoir dans des thérapies mieux ciblées que la chimiothérapie, fondées sur la génétique. Toutefois, comme le rappelle le médecin-historien, compte tenu de tous les espoirs déçus dans le passé, le scepticisme et la prudence sont de rigueur. Et vous, croyez-vous qu’on viendra un jour à bout du cancer?












felicio_de_parma
1 décembre 2010
12h03
Les nord-américains mangent mal depuis la venue des fast-food et des tv dinners américains !
Résultat: augmentation flagrante de cas de cancer et d’obésité !
L’Américain moyen boit du coca-cola quotidiennement et pense que c’est normal !
Il faut refaire notre mode de vie !
Felicio De Parma
yhwh
1 décembre 2010
12h17
Pour ceux qui veulent apprndre sur le cancer je vous suggère la lecture du Science & Vie Hors Série numéro 251 intitulé : Cancer Comprendre, prévenir, guérir
Très très très instructif et facile à lire.
Pour répondre à la question : …Et vous, croyez-vous qu’on viendra un jour à bout du cancer?…
Ma réponse est Oui mais on ne l’éliminera pas mais elles deviendront (car il n’y a pas un cancers mais bien une multitude de types de cancers) pour la très grande majorité des maladies chroniques au même titre que le diabète. Toutefois, les coûts associés aux divers traitements imposeront un fardeau social très imposant sinon trop imposant pour que la totalité de la population atteinte de cancers puisse obtenir des soins équivalents. Donc, pour résumé ma réponse ces cancers deviendront une maladie chronique pour une frange de la société (à définir) seulement pour les autres elle restera une maladie moins chronique et plus mortelle (à espérance de vie moindre.)
Gilbert Duquette
fleurdelyse76
1 décembre 2010
12h30
Je ne crois pas que l’on vaincra ce fléau. On pourra le contenir. Mais la réplication des cellules humaines entraine son lot d’erreurs. Après 100, 120, 140 ans de réplications, le code génétique finit par s’endommager. Surtout si on oxygène à souhait le corps. On oublie que l’oxygène est un gaz corrosif. L’oxygène, c’est un poison !
Ce qui me force à me poser la question: Quelle est la valeur de la vie ? Quel est le prix à payer pour vivre 150 ans et sommes nous, personnellement et en tant que société, prêts à payer ce prix ?
Avez-vous les ressources, la capacité de vaincre le cancer ?
Nous sommes des êtres mortels et poursuivons nous une chimère en tentant de défier la mort.
Advenant que la cure contre le cancer existait, mais qu’elle coûtait 5 millions par personne, on fait quoi ? Supposons que cette cure impose une vie d’ascète, sans joies, plaisirs, de sentiments en nous enlevant notre humanité ? Somme nous prêts à payer ce prix pour vivre l’immortalité. Ou presque ?
***
Nonobstant, on verra des améliorations considérables. On enrayera les cancers infantiles ou de la jeunesse. Les pronostics seront beaucoup plus roses. Les traitements beaucoup plus doux. Certains cancers seront beaucoup moins mortels. On controlera et empêchera les métastases.
Déjà, avoir le cancer du sein (et être une femme) semble presque banal. Plusieurs autres cancers connaitront le même sort.
Donc, non, on ne vaincra pas le cancer. Mais les pronostics seront meilleurs.
F Picard
re3e
1 décembre 2010
12h46
bon je ne suis pas médecin , mais a ce que je comprend c’est que le cancer est en fait du a un nombre plus ou moins limite de copie de copie de copie des cellules pour limiter le nombre totale d’erreurs (ou mutations) des cellules a chacun de cycles de copies , ce mécanismes est mis en place par les télomères qui sont soustraits a chaque reproductions , quand il n’y a plus de télomères au bout du brin d’ADN , l’ADN de “défiloche”.
En gros c’est un mécanisme de contrôle des mutations induites par le cycle de reproductions des cellules.
En gros nous nous battons contre la mortalité.
Considérant que nous serons bientôt 9 milliards sur la planète, ce combat contre la mortalité est il bénéfique pour l’humanité ? Et est-il en soit même possible ? L’investissement en ressources diverses requises pour cette recherche et application pratique de ces découvertes est il judicieux ? étant quarantenaire je suis un totalement une victime potentiel de ce fléau , mais je n’ai aucun désir de devenir immortel , un jour ou l’autre faut bien passer a autre chose , je suis tout a fait a l’aise avec ma mortalité , et je crois que le débat déjà en cours sur le suicide assisté est justement de plus en plus d’actualité face aux perces médicales que je perçois de plus en plus comme de l’acharnement thérapeutique , vas t’il falloir que je “m’endorme ” au volant dans des cols alpins pour jouir de cette dignité et de mes doris fondamentaux ( intégrité intellectuelle et physique quand je déciderais que mon temps est venu) pour que ma compagnie d’assurance ne refuse pas de verser mon assurance vie a ma fille pcq je me suis suicidé?
re3e
1 décembre 2010
12h47
ah oups
Tom Bombal
bloganon
1 décembre 2010
12h47
La maladie parfaite? Quel titre provocant! Mais il est vrai que les outils utilisés pour combattre la maladie, en particulier la chimiothérapie, s’attaquent aussi aux cellules saines, et pas seulement durant le traitement. Depuis mon traitement de chimio, en 2000, mes ongles sont déformés dès que leur longueur dépasse un cm, un signe des effets à long terme. Il est évident qu’un jour, pas si lointain j’espère, on considérera la chimiothérapie comme un traitement invasif et barbare. Qu’attend la recherche pour trouver un moyen de s’attaquer sélectivement aux cellules malignes?
J. Bouthillier
samsuffi
1 décembre 2010
12h47
En plus de bénéficier des découvertes de la science moderne pour soigner le cancer, je trouve que ça vaut la peine de développer toutes sortes de médecines douces de son côté.
Les gens qui pratiquent une ou des médecines douces sont beaucoup moins atteints par le cancer que le reste de la population.
Je crois qu’en cette matière, pourquoi ne pas profiter du meilleur des 2 mondes. Pour vous dire vraiment, le cancer ne me fait pas peur, et si j’en développe un, je ne serai pas pris au dépourvu.
Je suggère aux gens de s’accrocher à 4 médecins que je connais : le docteur Richard Béliveau, le docteur Robert Béliveau, le docteur Servan-Schréber, le docteur Jean-Charles Crombez.
Je pratique en plus d’autres médecines douces.
E.V.Ross
baghdadbob
1 décembre 2010
12h58
tant qu’il y aura du fric à faire avec le cancer, ils ne trouveront jamais le remède. La maladie est une business très payante et les compagnies pharmaceutiques sont de vrais vautours. Juste à penser aux poursuites contre des gouvernement africains qui voulaient produire leur médicament générique contre le cancer pour sauver des sous. Les compagnies pharmaceutiques voulaient les obliger à acheter leur produit à prix for élevé. Le cash avant de sauver les vies humaimes.
Mathieu Tremblay
jeanfrancoiscouture
1 décembre 2010
13h19
Vaincre le cancer? Bon. Admettons. Mais pour faire quoi? Vivre jusqu’à 125 ans avec des prothèses totales des hanches, des genoux, des épaules qui vont faire «partir en peur» tous les portiques de sécurité de aéroports? Puis voir l’âge de la retraite passer graduellement à 95 ans ans «because» le vieillissement général de la population? À moins que l’Alzheimer ne prenne la relève du cancer comme cause de décès?
À un moment donné, n’y a-t-il pas un moment où assez c’est assez? À moins bien sûr que la vie nous ait gratifé d’un voilier dans les mers du Sud et d’un domaine à Saint-Barth avec clinique privée à proximité. Dans ce cas, je comprendrais que d’aucuns veuillent prolonger le plaisir.
jeanfrancoiscouture
1 décembre 2010
13h20
Bon! Encore cette signature: J-F. Couture.
donjulio
1 décembre 2010
14h04
Le cancer est de plus en plus présent et ça c’est normal.
Les gens sont de plus en plus faible psychologiquement et c’est le cerveau qui va créé le cancer.
Voilà pourquoi la médecine ne peut trouver la souche du cancer.
Tu as peur du cancer,tu y pense continuellement ?
Tu as tout ce qu’il faut pour que ton cerveau crée le cancer.
N’oubliez-pas qu’il a été prouvé que plus de 95% des gens créaient leurs maladies.
Bonne réflexion.
Gilles Beaulieu.MontréaL.
jojhoelle63
1 décembre 2010
14h16
Je suis en rémission d’un cancer depuis quelques mois, j’ai 47 ans… Je tiens à dire à ceux qui parlent d’une volonté de vivre jusqu’à 125 ans, ce n’est pas ce que tous veulent vivre. J’ai reçu des traitements et je suis suivis aux trois mois. J’aimerais avoir la possibilité de vivre encore au moins 20 ans svp! Merci!
Le cancer détruit beaucoup de choses dans une vie, les traitements sont difficiles à supporter et les séquelles sont nombreuses. Je ne crois pas que cette maladie soit enrayée dans un avenir rapproché, mais je souhaite que les traitements soient moins douloureux à supporter et que l’on traite d’avantage les mauvaises cellules que les bonnes…
Je considère qu’il y a beaucoup de préjugés et d’informations biaisées au sujet des facteurs qui donne un cancer, l’obésité, le fast food, la cigarette et autres…
Personnellement, je mangeais végétarien et je vivais sobrement, les gens que j’ai connu lors de mes traitements qui avaient un cancer, plusieurs d’entre-eux vivaient de manière sensée et la maladie les as atteints quand même.
Pour terminer, le cancer du sein est la Vedette… J’ai connu qu’il y a tellement de types différents de cancers! De plus, ont parlent d’avantage des cancers féminins que masculins… Pourtant beaucoup d’hommes ont le cancer! Ont parle beaucoup de la prostate, mais ils ont d’autres types de cancers et ont en parlent trop peu.
Je ressens un malaise envers les personnes agées, doit ont les aider à quitter ce monde plus rapidement pour laisser la place aux plus jeunes et avoir le sentiment de vivre avec un plus gros capital financier? La mort fait partit de la vie de tous, mais qui désir mourir, là, maintenant? Moi qui ai 47 ans et qui frémit de penser que mon temps est compté? Une personne de soixante ans, qui a encore envie de vivre et d’aimer ses petits enfants? Je suis triste de découvrir autant de mépris envers les besoins et la vie des personnes plus âgées.
Qu’est-ce qui se passe dans notre société? Je ne suis pas fière de constater à quel point nous sommes rendus bas humainement parlant.
Jojhoelle Grondin
carbone-14
1 décembre 2010
14h36
Les cellules cancéreuses sont des cellules qui paradoxalement ne veulent pas mourir, contrairement aux cellules normales qui ont une durée de vie limitée. Bonne chance! Y. ROY, Mtl.
gren
1 décembre 2010
15h07
Et si le cancer était une étape normale de l¸être humain??? On aura beau travailler a l’étudier par des savants médecin, peu etre qu’un jour on trouvera le remède. Ne soyons pas trop positifs. Et il y a l’âge qui joue contre l’être humain.
n.y.grenier
ratonlaveur
1 décembre 2010
15h20
Je n’en reviens tout simplement pas de la plupart des commentaires ici. C’est décourageant. Je ne sais pas si on viendra à bout du cancer mais c’est possible. D’ici là, d’autres maladies feront leur apparition et ce sera toujours un combat incessant.
Il faut continuer la recherche et continuer de combattre. C’est plus qu’une question de longévité et les deux phénomènes sont distincts. Les gens vivent plus vieux: nouveaux médicaments, nouvelle vision médicale, nouvelle vision familiale et nouvelle vision sociale.
C’est un milieu extrêmement complexe où tous ces facteurs interviennent. Ayant travaillé 30 ans en milieu hospitalier, j’en ai vu de toutes les couleurs. La mort reste, pour bien des médecins, un échec à leur art. Elle reste aussi, pour bien des familles, une réalité difficile à aborder. On n’accepte pas de laisser mourir quelqu’un qu’on aime bien souvent par culpabilité ou encore de peur d’être jugé autant par la famille que par la société. Des patients ingurgitent chaque jour un cocktail hallucinant de médicaments ayant chacun leurs effets secondaires qu’un autre médicament viendra combattre et c’est une roue infernale qui tourne. La vie continue mais à quel prix dans tous les sens du terme? J’ai vu des médecins prescrire des scans à des gens de 99 ans, des médecins acquiescer au désir de familles exigeant l’entrée aux soins intensifs d’un patient en phase terminale d’un cancer monstrueux sans autre but que de prolonger une vie misérable de quelques jours. Par peur des poursuites, par manque de courage? Des milliers de personnes âgées sont ainsi “prolongés” sans égard à leur qualité de vie. Si ce n’est pas “prescrit” par le médecin, des milliers de gens se verront réanimés “de facto” en cas d’arrêt cardiaque ou respiratoire. On gave des gens réduits à l’état végétatif pendant des années en les bourrant d’antibiotiques au moindre signe d’infection et j’en passe, et j’en passe. C’est à pleurer souvent.
Le cancer est une autre réalité car il touche à tous les âges. Ce n’est pas sous prétexte qu’on est “mortel” qu’on doit abdiquer devant un cancer. Celui d’un enfant, d’une jeune mère avec de jeunes enfants, d’un grand-père en forme. J’ai une tante qui a survécu au cancer après une récidive qui lui laissait tout au plus deux ans à vivre. Elle est décédée 40 ans plus tard de tout autre chose. Mon père est décédé d’une récidive de cancer. Après une première chirurgie, il n’était jamais retourné consulter. Il s’est occupé de ma mère déjà bien malade. Quand le deuxième diagnostic est tombé, il était trop tard. Il le savait, il l’a accepté. Il est demeuré chez lui jusqu’à la fin. Je l’ai amené à l’hôpital à 2h du matin. Il était en OAP (oedème aigu du poumon) et savait que c’était la fin. À l’urgence, malheur, nouveau médecin que je ne connaissais pas. Pourtant il a compris quand j’ai dit: mon père est en phase terminale de cancer, il le sait, il est prêt, soulagez-le et laissez-le partir. À 5h il était décédé et c’était bien ainsi. D’autre part, j’ai un enfant qui se bat depuis 7 ans contre le cancer. Avec deux enfants qui ne sont pas prêts à voir mourir leur mère. Une jeune femme pleine de vie et qui veut vivre. Je pense que pour elle, pour tous ceux qui veulent vivre, il faut continuer de se battre. Il faut continuer d’appuyer leur combat malgré tous les milliards que ne manqueront pas d’engranger les pharmaceutiques. Ces gens veulent vivre, ils veulent faire partie de la société, y apporter leur contribution, y être productifs. Pour cela, il faut continuer de chercher. Il faut les soutenir financièrement dans ce combat parce qu’en plus, bien souvent, ils doivent composer avec la pauvreté secondaire à la maladie. Ce que je trouve socialement inacceptable. Parce qu’en créant une nouvelle race de pauvres, qui n’existe officiellement pas dans les statistiques, on risque de payer collectivement plus cher qu’en aidant ponctuellement ces gens durant la durée de leur traitement et de leur rétablissement.
On prolonge artificiellement trop de gens, qui bien souvent espèrent que le bon Dieu vienne les chercher, au détriment de gens qui veulent vivre malgré le cancer et qui ont de bonnes chances d’y arriver pour peu qu’on les aide collectivement et que la recherche continue.
Le cancer est loin d’être la maladie parfaite. Il n’y aura jamais de maladie parfaite. Il n’y aura jamais de société parfaite. Et l’être humain se battra toujours pour survivre. C’est dans sa nature et c’est bien ainsi. Mais qu’on arrête de prolonger à outrance la vie humaine. Le vrai problème, il est là et il se vit à tous les échelons: l’être malade, la famille, le médecin et la société.
ratonlaveur
1 décembre 2010
15h22
Oublié de signer.
Isabelle Caron
yhwh
1 décembre 2010
15h57
@ baghdadbob
Le cancers n’est pas une maladie mais une catégorie de maladie regroupant des centaines de types diférents (un peu comme l’automobile qui comporte plusieurs types (fourgonettes, berline, 4 X 4) et chaque types plusieurs modèles) ayant des causes et natures différentes.
@ donjulio
Et que faites-vous des cancers d’origine virales, ceux d’origine environnementale, ceux à prédisposition génétiques, etc.,
@ baghdadbob et donjulio
Je vous recommande fortement de vous procurer la revue de vulgarisation scientifique Science & Vie Hors Série numéro 251 intitulé : Cancer Comprendre, prévenir, guérir. Sa lecture vous renseignera sur certains mythes et légendes urbaines auxquels vous semblez prêter foi.
Gilbert Duquette
Cabano
ratonlaveur
1 décembre 2010
16h12
Je reviens sur un commentaire de re3e:
Pour ma part, je ne crois pas que ce soit les percées médicales qui sont de l’acharnement thérapeutique mais bien l’usage que nous en faisons.
Quant à “combattre l’immortalité”, il faudrait peut-être nuancer. À ce compte-là oublions la maladie comme telle et ne traitons rien. On pourra ainsi mourir plus vite d’une appendicite non soignée ou d’une fracture ouverte infectée pour éviter la surpopulation. Laissons les gens mourir de la famine ou d’autres catastrophes naturelles.
Je crois simplement qu’il faut un juste milieu. Et le cancer n’y échappe pas. C’est maintenant une maladie à laquelle on peut survivre et même vivre de longues années en parfaite santé ensuite.
Beaucoup plus prosaïquement, votre compagnie d’assurances paiera même en cas de suicide. Je ne sais pas si c’est valable pour toutes les compagnies mais, en général, il faut attendre deux ans après l’entrée en vigueur de la police d’assurances pour se suicider en toute quiétude.
Dans mon milieu de travail, 6 consoeurs ont été atteintes en même temps de cancer. Heureusement, elles avaient une bonne assurance-collective et ont pu prendre une année pour se rétablir. Toutes sont en rémission. Toutes ont repris leurs postes respectifs. La plus âgée avait 39 ans quand c’est arrivé. Une autre est décédée d’un cancer foudroyant à 35 ans laissant quatre jeunes enfants. Une autre de 23 ans combat un cancer du cerveau avec une jeune bébé de quelques mois à peine. On devrait les laisser mourir sans rien faire? Parce que nous sommes mortels de nature? Pour ma part, je ne crois pas.
I. Caron
lineni
1 décembre 2010
18h27
Je crois que le titre de l’article fait allusion au film et au livre “The Perfect Storm”. Ici, “parfaite” veut dire que la maladie a tous les éléments pour être invincible. Le commentaire linguistique s’arrête ici. Cependant, j’aimerais savoir comment mon père et ma mère ont créé leur cancer et décidé d’en mourir. Le commentaire de donjulio est répugnant. On devrait peut-être dire à tous les gens qui se fabriquent un cancer d’attendre un peu que les services de santé soient plus libres. D’autres disent que les compagnies pharmaceutiques ne veulent pas trouver le remède au cancer. Ça me surprend, car je suis convaincue que LA compagnie qui trouvera LE remède contre le cancer roulera sur l’or. De plus, les chercheurs veulent trouver le remède. On sait maintenant qu’il n’y a pas un cancer, mais différents types de cancers, qui répondent à certaines molécules et pas à d’autres. Le remède contre le cancer n’existera sans doute pas, mais on finira sans doute par mieux traiter la maladie, sans nécessairement tuer autant de cellules saines.
L. Niquet
blitz
1 décembre 2010
18h41
Toute ma sympathies à ceux et celles qui combattent le cancer. Mais avec toute les cochonneries que nous mangeons,buvons et respirons ce qui est surprenant c’est que pas plus de gens meurent du cancer….
blitz
1 décembre 2010
18h42
Oups! Oublier de signer.
F.Blitz!
pete_prg
1 décembre 2010
19h05
Je ne crois pas qu’on doivent cesser la recherche contre le cancer et les autres maladies. Mais soyons tout de même réaliste, le cancer touche très majoritairement des populations qui ont atteint le rôle biologique et économique qui leur étaient évoluent.
Certaines personnes qui ont des attentes irréalistes envers eux même en sont venue a croire que leur quête absurde d’immortalité devait être imposer contre toute la population. La persécution et la criminalisation des fumeurs en est un des symptôme des plus visible. Vouloir étirer a l’infinie la vie des gens peu sembler noble, mais leur empoissonner la vie hypocritement me semble immoral. Végéter pendant 40 ans avec Alzheimer n’est pas le souhait de tous.
P.Messier
carbone-14
1 décembre 2010
19h09
La seule maladie parfaite consiste à mourir durant son sommeil et raton laveur dramatise beaucoup trop à mon avis. Y. ROY, Mtl
marie-danielle
1 décembre 2010
19h41
Il y a 40 ans, mon père mourrait du cancer. Quelques années plus tard, ce fut le tour de ma mère, suite à un cancer du sein. Pourtant, à cette époque, les repas trois fois par jour, à heure fixe, étaient de mise. La vie y était plus calme, moins stressante qu’elle ne l’est aujourd’hui. Il y a deux ans, mon frère a été foudroyé par un cancer du pancréas. Je n’ai pas été épargné : un cancer du côlon , mais heureusement guérie aujourd’hui.
Chaque partie du corps peut-être atteint de cancer, du cerveau jusqu’au pied. Ce fléau attaque jeunes et vieux depuis tellement d’années, depuis l’Antiquité. Je ne sais pas si on peut l’enrayer parce que les causes ne sont pas connues. On fait comme si on savait en attaquant la mauvaise bouffe de notre monde moderne.On se nourrissait différemment pendant l’Antiquité . Alors comment peut-on affirmer aujourd’hui que la mauvaise alimentation cause le cancer ?
Le corps n’est pas une poubelle . Cette simple raison justifie une alimentation saine , juste basée sur le bon sens.
marie-danielle
1 décembre 2010
19h42
M.-D. Turcotte
mlebel
1 décembre 2010
20h19
Le cancer, une bien vieille maladie, une maladie complexe dont on ne connaît pas, après tant d’années de recherches dans le monde, les ou la cause de son déclenchement. Qu’est-ce qui fait qu’une cellule devient folle et ne fait plus le travail qu’on attend d’elle? Et qu’elle se multiplie? C’est toujours un mystère. Mais heureusement qu’on trouve de plus en plus de médicaments qui contrôlent, voire qui guérissent de cette maladie. Les progrès se font, lentement. Il faut bien l’admettre: il faudra vivre avec cette maladie pendant encore plusieurs années. La combattre et vivre avec. Oui, vivre avec, tout en acceptant que la mort fait aussi partie de la vie. C’est ainsi, et ainsi pour longtemps…
Michel Lebel
ratonlaveur
1 décembre 2010
20h27
Carbone-14
Raton laveur aimerait bien que tout ça ne soit qu’une dramatisation mais c’est hélas la vérité toute simple. Une toute partie de la vérité en fait. La réalité est pire que ce que je décris. J’aurais des livres à écrire mais le secret professionnel rend la chose difficile. Le cancer est un maudit fléau qui frappe de plus en plus. Se mettre la tête dans le sable ne change pas la réalité.
Pour le moment, on lutte encore toute la famille. J’ai assez accompagné de mourants et de souffrants pour savoir ce dont je parle. J’en ai trop étiquetté et mis dans des linceuls pour ne pas respecter la vie et en connaître le prix.
Bon courage à tous ceux et celles qui luttent et s’en sortent.
gillesmenard
1 décembre 2010
22h04
CONSIDÉREZ-VOUS les propos d’une personne ici sous l’influence(que vous ne sauriez détecter d’ailleurs)de l’alcool,le pot ou une quelconques drogue légitimement acquises par la pharmacologie désignées par notre ministère de la santé plus valide ou non de ceux qu ici sont soit disant a cette heure si ‘’straight” comme étant des propos plus objectifs dan leurs compréhension de notre isociété???????????
Watch you now like they say.
gilles ménard
phdp
1 décembre 2010
22h09
Maladie parfaite ? Pas du tout !
Je concède un point au docteur Mukherjee; le cancer, par sa nature, est une maladie difficile à combattre.
Mais il y a un autre aspect; contrairement aux parasites, aux bactéries, et (pire encore) aux virus, le cancer n’évolue pas. C’est une cible qui ne bouge à peu près pas et ça fait une différence énorme. Les virus changent, ils s’adaptent, ils passent d’un espèce à l’autre, alors qu’un cancer est un cancer.
C’est une maladie difficile à combattre, mais je suis convaincue que l’on vaincra le cancer. Pour les virus par exemple on risque de devoir attendre un peu plus longtemps…
Philippe Desjardins-Proulx
guy.20100
2 décembre 2010
02h54
J’ai été diagnostiqué avec le myélome-multiple en décembre 2008. Un cancer qui ne se guérit pas avec un pronostic de 5-7 ans. C’est un cancer des plasmocytes (cellules souches de la moelle osseuse). La surpopulation des cellules détruit les os et endommage les reins. On souffre d’anémie, de problèmes rénales et de douleurs et fractures sérieuses des os jusqu’à la paralysie si non-traité. Jusqu’à 2008, le protocole de traitement était (si vous aviez 65 ans et moins) : la Thalidomide et les chimios pour abaisser le taux de cellules cancéreuses et la collecte du greffon (cellules souches) pour une autogreffe. Durée de 4-6 semaines d’hospitalisation en isolation complète. Ensuite, 4-6 mois plus tard c’était l’allogreffe (greffon d’un donneur compatible). Et là, vous luttiez pour votre survis pendant quelques années sans trop de qualité de vie. Rejet du greffon, GVH (greffon vs l’hôte) aigus, le zona, des pneumonies, des infections, éviter tout le monde avec la grippe et tout autre maladies banales et si vous étiez chanceux, peut être une rémission temporaire. Mais pas de guérison.
Pendant ce temps là, on traitait les plus vieux (65 ans et plus) avec des médicaments seulement. Ils vivaient tout aussi longtemps mais avec une meilleure qualité de vie. Pas d’hospitalisation durant des mois. Moins d’effets secondaires dû aux greffes.
J’ai 49 ans et j’ai choisi ce protocole là. De contrôler le myélome vs essayer de le guérir qui est utopique. Les pronostics du myélome aujourd’hui ont changés. Il y a 2 ans, on disait 2-3 ans et depuis 2009 on dit 5-7 ans. Avec les nouvelles molécules (que l’on prend en capsule) j’ai non seulement survécu mais conservé une belle qualité de vie. Je n’ai pas cesser de travailler (j’ai une entreprise) que pour passer des examens, rencontrer mon docteur et de quelques traitements, et de ma collecte de mes cellules souche en juin 2010. Je n’ai pas eu de greffes et mon cancer n’est pas en rémission mais il est contrôlé à un niveau de 5-6%. J’ai été diagnostiqué à 36%.
Voyez-vous, le cancer ne peut pas nécessairement être vaincu. C’est vrai qu’il est différent dans tous les cas. Le mien est contrôlé avec de la Revlimide, des stéroïdes, des traitements mensuels d’Arédia pour protéger mes os, du calcium, des antibiotiques, des pilules pour éclaircir mon sang. Cela coûte : 150 000$ annuellement à la cie SunLife. Ma, contribution est de 1 000$ en déductible + 4 000$ en prime d’assurance collective en plus de tous les voyages au CHUS, stationnements, etc. Les traitements de contrôle m’ont permis de changer ma vie. De profiter pleinement du réveil que le cancer m’a forcé de faire face. J’ai fait du parachute, j’ai acheté un motorisé, je fais des voyages en VR, j’ai fait des rénovations majeures sur notre maison cet été et je cherche tous les occasions pour passer plus de temps avec les gens que j’aime.
Le cancer ne se vit pas pareil dans tous les cas. Mais qui décide de combien on investi pour guérir et/ou étire le temps qu’il nous reste. Et si je vis encore 10 ans, faites le calcul 1,5 Million$. Si ma qualité de vie est bonne, pourquoi ne voudrais-je pas être là à mes 50 ans, mon 25e anniversaire de mariage, lorsque mes enfants vont se marier et auront nos petits-enfants, et de pouvoir passer de nombreuses années à profiter d’une retraite bien méritée.
Oui, le cancer est une maladie parfaite. Il ne cesse de s’adapter et évoluer durant tous les traitements et chimios et médicament qu’on peut lui faire avaler. Le cancer est un être qui doit survivre, sinon il mourra. La nature déteste pas le vide. Les médicaments sont les traitements du futur. Une chance que mon docteur (hématologue-oncologue) avant-gardiste pour qu’il puisse me soigner avec la toute nouvelle méthode (protocole). Un autre plus vieux, plus peureux moins compétent, trop près de sa retraite, m’aurait soigné avec les greffes et tout le reste. J’aurais été en arrêt de travail. Peut-être fermé mon entreprise (14 emplois perdus) et même peut-être que j’aurais sombré dans la déprime n’aurais jamais fais ce que j’ai fait depuis 2 ans. Je serais beaucoup plus pauvre. Je n’aurais rien fait jusqu’à attendre la fin.
Si c’était à refaire, je referais le même cheminement de traitement versus les greffes qui vous donnent que 40% de survie aux traitements et pas nécessairement un plus haut taux de survie en temps.
Les stades suivants l’annonce du cancer sont le dénie, la culpabilité, la déprime, la colère et la résignation. Croyez moi lorsque je vous que je les ai passé. Le manque de connaissances et de soutiens nous font vivre ces émotions. Le myélome ne représente que 1% de tous les cancers mais représente 2% des personnes qui meurent du cancer. Au Canada, 1 500 nouveau cas annuellement et 6 000 sont atteint. La moyenne d’âge du myélome est de 65 ans. Pensez-vous vraiment que les gouvernements et la Société du Cancer investissent beaucoup de temps et argent. Le cancer du sein, du colon, de la prostate et la leucémie occupent tous la place. Il ne reste que des miettes pour le reste. Ce n’est pas pour rien que la RAMQ (la régie des médicaments) a décidé d’approuver le Revlimide (120 000$/an) seulement en 3e instance. Lorsque que vous aurez été résistant à 2 autres médicaments (moins efficace). Le seul endroit en Amérique du Nord et en Europe qui pense de cette façon. Alors, ils font déjà des choix basés sur le coût des traitements.
Je crains plus le gouvernement qui présentement fait le choix de qui survivra et à quelle prix sera défini la vie. Un cancer plus populaire aura plus d’attention et de support monétaire. Les autres, ça sera tant pis.
La naissance nous a condamné à la mort. À un moment ou l’autre, on doit se rendre à l’évidence et d’accepter l’inévitable. Je ne veux pas dire que l’on doit s’acharner sur des traitements jusqu’à l’âge de 125 ans. Mais une la vie mérite d’être vécu.
Mais à qui de décider … à quelle prix. Le malade est le seul à pouvoir décider de sa fin. Pas les proches, pas les docteurs et surtout pas les gouvernements.
Une question que l’on devra débattre bientôt car l’heure des décisions est venue. Nous n’avons plus les moyens comme société de changer des hanches, de ranimer, de greffer des reins, de réparer des coeurs à des personnes de 90 ans et plus. De faire des interventions qui sont trop dispendieux et de l’acharnement médical pour réaliser de minimes bénéfices pour le patient et/ou la société.
Guy Vincent
Shefford, Qc.
carbone-14
2 décembre 2010
07h20
Il n’y a peut-être pas de maladie parfaite, sauf peut-être l’hébétude, mais disons que le néo de la prostate est peut-être le plus moins pire. Survie moyenne de 10 ans, traité ou pas. Ce qui reporte à une espérance de vie moyenne de 80 ans en moyenne; soit celle de M. Tout-le-Monde en moyenne.
La preuve en étant que 2 malades sur 3 en moyenne en sont porteurs sans même le savoir après 80 ans selon des découvertes assez intéressantes à l’autopsie. Ce qui tendrait à démontrer qu’il est des maladies en moyenne un peu plus intéressantes que d’autres en résumé, du moins d’un simple point de vue statistique ou gouvernemental. Mais tout cela en fait-il des malades parfaits en moyenne pour autant?
Y. ROY , Mtl
jean_yves
2 décembre 2010
09h59
Merci a Isabel Caron et Guy Vincent pour avoir pris le temps de nous livrer vos réflexions. Ils donnent un excellent portrait des lieux et des problèmes pas toujours visibles. Ou qu’on ne veut pas trop voir, comme les coûts ou la pauvreté qui suit la maladie.
Il n’est pas facile d’équilibrer le désir de préserver la vie autant qu’on le peut, et on le peut de plus en plus, et d’admettre nos limites d’organisation social de le permettre “a tout prix” comme chacun le voudrait pour soit et pour ses proches.
Jean Yves Arès
demagogue
2 décembre 2010
10h17
Le cancer est une maladie qui ne disparaitra jamais.
C’est un mal qui provient de la complexité même du système. Plus un système est complexe plus il y a de chance qu’un élément, ou plusieurs en cascade, se détraque par rapport à l’ensemble.
La génétique humaine est tellement complexe et fragile à la fois qu’il ne peut que se produire des erreurs. Si en plus ont ajoute des produits toxique(nourriture, tabac, alcool etc…), et/ou rayonnement (gamma, rayon X etc) la probabilité augmente d’autant plus. Les brins d’ADN en sont d’autant plus fragilisés. Ce qui les amènent au chaos.
Ont peut se battre avec l’intelligence que cette complexité nous donne pour mettre le cancer sous contrôle, mais vaincre l’aléatoire, le chaos et l’entropie, j’en doute.
Jean Dumont
jeanfrancoiscouture
2 décembre 2010
11h13
@guy.20100,2 décembre 2010,02h54: Vous dites: « Le malade est le seul à pouvoir décider de sa fin. Pas les proches, pas les docteurs et surtout pas les gouvernements.»
++++++++++
Totalement d’accord avec vous. Nous avons eu cette discussion pas plus tard qu’avant hier soir lors d’un dîner d’anniversaire. Les opinions divergeaient mais à cet égard, il y avait presque consensus. Je dis «presque» car il se trouve toujours des gens qui prétendent savoir mieux que quiconque ce qui est bon pour le prochain.
Perso, j’irais plus loin. Je remplacerais le mot «malade« par «individu» car il n’est pas nécessaire d’être «malade» pour être seul maître de sa vie. Personne ne nous a demandé la permission de nous mettre au monde. La moindre des choses serait de nous fiche la paix dès lors que nous avons atteint l’autonomie physique et intellectuelle.
J-F. Couture.
louise52
2 décembre 2010
11h13
Comme mon père me disait, à 75 ans et plus tu as une épée de Damoclès au dessus de la tête, un bon matin, une douleur va me réveiller et mon médecin dira, c’est le cancer de… mais, comme il dit, il faut vivre au jour le jour sans y penser. Il est très optimiste et sa façon de voir la vie est un gros avantage pour nous tous. Plusieurs de ses copains sont partis, ils étaient en parfaite santé une semaine avant la sentence. Le fait est, que plusieurs cancers ne donne aucun signal avant. Pour lui, l’histoire de vivre 100 ans, jamais au grand jamais. Il a raison de dire que sans son épouse près de lui, sans son logement, la vie, même en santé, serait moche. Pour certains cancers, une maladie parfaite, oui, mais pour d’autres c’est l’enfer, comme le cancer de la gorge
ou des os, ça prend un gars en bonne santé et inconscient pour dire que le cancer est une maladie parfaite.
L. Tremblay
vetoleduc
2 décembre 2010
11h36
Certains voient à tort son propre corps et son métabolisme comme une sorte de jardin d’Eden que notre style de vie, nos plaisirs physiques et l’environnement auraient souillé. Le cancer serait dès lors la principale manifestation de cette souillure. Les médecines douces et “alternatives” seraient la source de jouvence, le retour à la pureté originelle.
Malheureusement nous ne somme pas responsables de tous les cancers. Bien entendu le mode de vie (tabac, niveau d’exercice et alimentation saine surtout) influe grandement sur le développement de certains cancers, mais la course effrénée aux recettes miracles est une manifestation de la peur de la mort. Et puis froidement, comme ça, c’est un peu moche à dire mais il faut bien mourir de quelque chose non? Si on ne meurt pas d’un dérèglement de notre métabolisme, de quoi allons-nous bien mourir?
D. Leduc, Gatineau
carbone-14
2 décembre 2010
13h31
Quand il ne restera plus de raisons de mourir, mourir d’ennui deviendra la maladie la plus parfaite à mon avis. Même en mangeant des tonnes et des tonnes de brocolis. Mais cela est probablement une autre histoire. Santé! Y. ROY, Mtl
ratonlaveur
2 décembre 2010
15h13
Bien d’accord avec monsieur Leduc qu’il faut bien mourir de quelque chose. C’est une vérité de La Palice. Et c’est facile à dire quand on n’est pas atteint par le cancer, quand nos père, mère, enfants ou soeurs n’en sont pas atteints. N’en reste pas moins qu’on aimerait bien traverser l’épreuve surtout quand le cancer atteint de plus en plus de jeunes.
Je pense qu’on a un gros problème au Canada. Je lisais le texte du monsieur atteint de myélome et Dieu sait qu’il a raison. Et rien ne m’enlèvera de la tête qu’on a chacun un rôle à remplir sur cette terre. Quand on vainc la maladie, c’est que ce rôle n’est pas terminé.
Mon père avait consulté pour des saignements dans ses selles. On l’avait soigné pour des hémorroïdes qu’il n’avait pas. Il a fait un infarctus (relié à un taux d’Hb anormalement bas) et c’est là qu’on a découvert le cancer. Le médecin ne voulait pas l’opérer parce qu’il avait 72 ans. Un autre médecin en a décidé autrement et la chirurgie a été un succès malgré un épisode très éprouvant de psychose post-opératoire qui n’a été que passager (un mois très long quand même). Tout de suite après, on a découvert que ma mère était atteinte d’Alzheimer. Mon père a pris les rênes de la maison et décidé de la garder avec lui jusqu’à ce qu’elle fugue en plein hiver. Elle a alors été placée mais pas dans son environnement immédiat. Il devait voyager chaque jour pour aller la voir. Il est allée la voir le lundi. Le mardi, il faisait un petit ménage dans la maison, il appelait ses enfants et tous les membres de sa famille sans jamais parler de son état de santé et la nuit suivante il décédait comme je vous l’ai raconté. Je ne sais pas ce que serait devenue ma mère ni ce que nous serions devenus s’il n’avait pas été là pour elle. J’étais la seule dans la région avec un travail à temps complet de nuit pour l’aider. Mais tout s’est placé parce qu’il était là. Il devait bien se douter que son cancer était revenu. Il n’est pas retourner consulter. D’abord il avait peur du verdict et surtout il voulait être là pour maman. Mais il savait. Il était souffrant mais a toujours refusé la morphine ou autres analgésiques puissants pour être en état d’aller la voir (conduire son auto). Pour moi, il a été une leçon de vie et cette survie n’aurait servi qu’à ça que ce serait déjà énorme.
Au Canada, et particulièrement au Québec, nous faisons piètre figure dans la lutte au cancer. La Coalité Priorité au Cancer du Québec se bat depuis des années pour qu’on ait au moins une Agence de lutte au cancer ici comme ça se fait dans d’autres provinces depuis des années. On n’a pas de données globales du cancer dans notre province. Impossible d’avoir d’image provinciale et encore moins fédérale pour lutter efficacement contre ce fléau. Comment se fait-il qu’il y ait des maladies à déclaration obligatoire depuis des années et que le cancer n’en fasse pas partie? Comment avoir des données sur les différents types de cancer, la population affectée, l’âge, le sexe, le taux de survie, les relations entre le cancer et la pauvreté, entre le marché du travail et la maladie etc. Impossible de faire des liens sérieux au niveau géographique, démographique, environnemental ou autre. On a besoin d’une démarche structurée et sérieuse pour d’abord s’attaquer au problème et en découvrir les facteurs sur lesquels on pourrait agir que ne seraient pas génétiques ou idiopathiques (reliés à la personne elle-même).
Il y a un manque de vision effarant qui nuit aux progrès contre la maladie. Notre système de santé est trop lourd. Des milliards pour la technocratie et bien peu pour la recherche et les soins directs. Combien de gestionnaires dans cet organigramme monstrueux pour une population de quelques millions? Ça n’a aucun bon sens. Pas surprenant qu’il ne reste rien pour les soins et la recherche.
Pour ça il faudrait un grand ménage et un grand examen de conscience. Il faudrait des médecins moins gourmands aussi. Il faudra une volonté et un courage politique hors du commum pour s’attaquer aux vrais problèmes. Le cancer ne touche pas qu’un individu mais aussi sa famille, sa communauté et toute la société déjà en manque flagrant de relève au niveau du travail.
Au Canada et plus particulièrement au Québec, nous n’avons pas les outils pour combattre efficacement le cancer. Je ne vois pas pourquoi on accepterait le laisser-aller et l’inefficacité sous prétexte qu’il faudra bien mourir un jour de quelque chose. Pats Burns vient de décéder en acceptant la défaite. D’autres, de plus en plus nombreux, auront le temps de voir grandir leurs enfants, de les éduquer, de profiter encore de belles années.
J’ai lu le dossier sur le cancer de Patrick Lagacé et j’aurais aimé que ce soit encore plus fouillé. Je suis allée voir le site de Marie-Hélène Dubé qui se bat pour faire modifier la loi de l’assurance-emploi et qui amasse toujours des signatures (plus de 400 000 actuellement) malgré la maladie et l’ampleur de la tâche. Des gens comme ça forcent mon admiration. Pour changer les choses il faut vouloir, il faut y croire et surtout il faut agir. Pendant qu’on est vivant!
rokemp
2 décembre 2010
15h27
Je travaille en soins palliatifs depuis dix ans et ce qui me rend soucieux, c’est qu’au début la moyenne d’âge des patients se situait au tour de 70 ans. Depuis les 5 dernières années, la moyenne d’âge de nos patients en fin de vie est au tour de 55 ans. J’avouerai que cela m’interroge grandement. Est-ce l’effet du hazard ou un fait actuel en regard de notre façon de vivre? Y-aurait-il un environnement plus propice au déclenchement d’un cancer chez les jeunes? Depuis le reportage diffusé montrant un chercheur américain qui avait prouvé que la nicotine dans les cigarettes provoquait une dépendance et que par conséquence amène son lot de cancer du poumon. D’ailleurs c’est encore la cause numéro 1 des décès. Il est suivi par le cancer colo-rectal (pourrait-il être relié à notre consommation alimentaire?) et du cancer du cerveau (pourrait-il être relié aux ondes émises par nos cellulaires, bluetooth, etc). Ce qui me dérange c’est qu’au nom du rendement financier l’on préfère sacrifier des vies humaines plutôt que de tuer le mal à sa racine.
Roger Kemp, Trois-Rivières
ratonlaveur
2 décembre 2010
15h35
Oublié la fichue signature
I. Caron
vetoleduc
2 décembre 2010
17h40
@ ratonlaveur
Votre témoignage est un brutal rappel à la réalité. Quand on aborde un sujet aussi grave il arrive, comme je l’ai fait, qu’on adopte une perspective disons plutôt philosophique et qu’on en oublie la réalité plus simple et plus crue, celle qui est vécue quotidiennement. D’un point de vue pratico-pratique (et c’est ce point de vue là qui est le plus important), le cancer peut être diagnostiqué, soigné et souvent guérit, même provisoirement.
Je suis d’accord avec vous: l’état ne fait pas ce qu’il devrait pour accompagner les gens qui en sont atteints dans la procédure de diagnostic et de traitement. Un cancer peut facilement envahir les tissus avoisinants en quelques semaines. Or il arrive que l’on ait à attendre des mois pour passer un test diagnostic ou pour un traitement. C’est inacceptable. Notre système de santé est malade et ce sont tous les intervenants de ce système, politiciens, administrateurs et personnels soignant qui en sont responsables. Chacun tire la couverture de son bord, on veut plus de temps libre, plus d’argent, moins de responsabilités. Et l’argent de l’état, tellement nécessaire, est dilapidée par les technocrates et les fraudeurs.
Face aux manques de soins, nous n’avons pas d’autres choix que de nous tourner vers ce qui peut nous donner un peu d’espoir: la prévention. Or nous sommes bombardés d’informations contradictoires quand aux méthodes à adopter. Tabac, alimentation saine et activités physiques: on fait reculer certains cancers mais pas tous. On apprend que la vitamine D prévient le cancer et deux semaine plus tard on nous dit exactement le contraire. La vérité, c’est qu’à ce stade personne ne le sait avec certitude. On espère. On ne prend pas de chances. Les faux docteurs en profitent pour se glisser dans le débat et, par la peur et l’inquiétude, entraînent les plus crédules vers des cures miracles.
J’ai vue quelques personne mourir d’un cancer incurable et toutes, sans exception, ont vécu cette épreuve avec courage et résignation. À un certain point la plupart d’entre-nous acceptons que notre tour soit venu. Mais c’est souvent plus difficile pour ceux qui restent.
Donc, ne rien faire pour prévenir le cancer, ne pas lutter pour l’éradiquer? Sûrement pas. Mais en même temps, il faut se préparer au fait qui ni nous-même, ni ceux que l’on aime tant, ne sommes éternels. Il faut se battre. Mais gardons tout de même à l’esprit qu’on ne peut pas tout contrôler. C’est d’une incommensurable tristesse, mais il faut parfois se résigner.
Bien à vous,
Daniel Leduc
Gatineau
paul.r
2 décembre 2010
20h50
Mon épouse a vaincu un cancer du poumon en 1996.
Elle est depuis ce temps en rémission car on ne guérie pas vraiment du cancer.
À ce que je comprends seul le traitement génétique ( l’ablation des gènes sur plusieurs générations) peut réussir à l’éliminer complètement, mais ceci inclus une multitude de traitements qui seront peut-ètre hors-prix pour les futures générations.
À moins de découvertes dans les années à venir le cancer est hélas un tueur avec lequel on devra vivre.
Bien à vous
Paul R. Bergeron
Granby
ratonlaveur
2 décembre 2010
22h57
Merci monsieur Leduc d’avoir étoffé et expliqué votre propos.
Je ne parlerais quand même pas de résignation mais bien d’acceptation dans plusieurs cas. Vivre chaque jour avec la mort nous apprend, entre autre, à l’apprivoiser. Et je m’exprime mal. Quelque part, je me suis réconciliée avec la mort. Je n’ai vu qu’une seule personne “partir” comme un enragé. Je ne parle pas du cancer en particulier mais de la mort en général. Quand quelqu’un cesse de lutter, une grande paix l’envahit. C’est presque palpable.
Bien d’accord avec vous sur les “modes” médicales qui changent aux 10 ans et souvent moins. Nous avons, malgré tout, de bons médecins et du bon personnel hospitalier en général. Cela reste quand même un milieu assez spécial où se livrent des guerres intestines féroces. Entre médecins, entre départements pour le choix du personnel. C’est une jungle que bien peu connaissent heureusement. J’ai déjà refusé un poste qui me revenait dans un département spécialisé parce que le clan avait déjà fait son choix. J’y ai renoncé en toute connaissance de cause. Il y avait de meilleures batailles à livrer. J’ai vu des guerres entre médecins d’une cruauté incroyable. Des infirmières détruites parce qu’un médecin ne les aimait pas sans raison valable. Mais j’ai vu tellement de belles choses, de beaux gestes d’autres médecins, d’autres compagnons ou compagnes de travail. Il y aura donc toujours du beau et du moins beau dans toute l’humanité.
Mais au-delà de tout ça, de l’éléphant blanc bureaucratique et du manque de concertation nationale reste le cauchemar des pharmaceutiques et le peu d’accès aux médicaments qui coûtent des prix fous. Je voudrais bien avoir des solutions toutes prêtes mais je n’en ai pas. On se prive de médicaments essentiels mais on en prend des tonnes souvent inutilement. Les pharmaceutiques nous “fidélisent” comme le ferait “Air Miles” (c’est seulement un exemple parmi d’autres). Et c’est d’une simplicité déconcertante.
Je vais vous donner un exemple très simple. J’ai fait ce qu’on appelle la “révision” des médicaments pendant des années. Chaque jour nous vérifions patient par patient, médicament par médicament si tout est valide, à jour, si le médicament correspond à la prescription etc.. Nous nous sommes retrouvées devant un nombre sans cesse croissant de patients avec la même médication du matin. On avait déjà du Losec et du Motilium quand le Prevacid a fait son entrée de façon fulgurante. Assez pour qu’on se demande tout haut si l’hôpital n’avait pas un contrat avec la compagnie. Le pire c’est qu’il y avait un médecin juste à côté qui nous a informées qu’effectivement c’était le cas. Chaque capsule coûtait 1 sou et 15 patients sur 20 en recevaient. Ce n’est qu’un tout petit exemple. Pourtant tous ces gens, dont la plupart n’avaient aucune raison de prendre ce médicament à long terme, sont sortis avec une prescription de Prevacid. Et là c’est payant pour la compagnie. Informez-vous du prix à la pharmacie… Dites-moi maintenant où est l’économie réelle du gouvernement? L’hôpital, pour entrer dans son budget, accepte de telles ententes. Mais, à l’autre bout, combien ça coûte au régime public d’assurance-médicament que nous payons? Des aberrations comme celle-là, il y en a à la pelle. Et les pharmaceutiques ne font jamais de cadeau. Et le gouvernement connaît le problème. Reste à savoir comment s’en dépêtrer et ce n’est pas si simple. Depuis qu’on effleure la bataille des médicaments génériques, plusieurs médicaments sont en rupture de stock. Comme par hasard. On manquerait paraît-il de matière première…. plusieurs patients sont actuellement aux abois faute de médicaments de substitution efficaces ou tolérables par leur organisme. Comme on ne peut accuser sans preuve, il faut souvent plier l’échine. Personnellement, je crois à une forme de chantage très efficace et impossible à cerner ou encore à prouver.
Comme vous voyez le problème est complexe. Mais il faut se battre et parler de tout ça. On ne changera pas les choses en criant lapin. Ce n’est pas non plus en se disant qu’on n’y peut rien qu’on fera avancer les choses. Je demeure convaincue qu’on peut améliorer la situation du cancer dans notre pays. Non seulement on le peut mais on se doit de le faire.
Le pire c’est qu’on ignore le pouvoir qu’on a sur les politiques et les décisions. On manque d’audace bien souvent. Il faut aussi parler pour les malades qui ne le peuvent pas justement parce qu’ils sont trop malades pour le faire. Prenez le cas de Marie-Hélène Dubé justement. J’en parle parce qu’on a pu la voir à “Tout le monde en parle” (entrevue sur You Tube). Elle se bat pour faire changer la loi de l’assurance-emploi. Le problème c’est que les gens ne savent pas qu’en cas de maladie grave ils n’auront droit qu’à 15 semaines de prestations de maladie. Ensuite c’est fini sauf si tu as une assurance-collective ou encore une assurance privée couvrant ce cas. Au Québec, les deux tiers de la population n’ont pas de telles assurances. Responsabilité personnelle ou collective? Bien sûr qu’il y a une responsabilité personnelle à la base mais tous n’ont pas les moyens de se payer de telles assurances. Tous ne sont pas admissibles non plus. Il faut vraiment lire les petits caractères et exclusions parce qu’elles sont nombreuses. Et les assurances ne paient qu’une fois. Donc, en cas de récidive comme dans le cas de madame Dubé, n’y pensez même pas. Et quinze semaines, ça passe vite. Ça ne couvre bien souvent que le temps d’attente de la chirurgie ou des traitements. Après, plus rien. Ces gens, pour la plupart, ne sont pas admissibles à des prestations d’invalidité. Il n’y a plus de filet social. Il faut manger, s’habiller, payer l’hypothèque ou le loyer, l’électricité, le chauffage. Il faut payer les médicaments, les stationnements, les frais de gardiennage souvent et s’endetter souvent ou tout perdre. Parce que la maladie c’est aussi ça. Et tout ce temps-là, tu n’existes plus. Statistiquement parlant, ces gens-là n’existent plus. Après 15 semaines, ils ne sont plus comptabilisés comme chômeurs. Ils ne sont pas invalides. Ils ne reçoivent pas de prestations d’aide-sociale. Ils sont vivants mais personne ne le sait!!!!! Avouez que c’est incroyable mais pourtant vrai. Et là, ça se corse. Qu’est-ce qu’on fait comme société? A-t-on les moyens de payer ces gens plus longtemps pour leur donner le temps de se rétablir? Ne pigez plus dans mes poches diront plusieurs. Qu’ils s’arrangent et se tournent vers l’aide sociale. Et là on se ramasse avec de nouveaux pauvres qui décrochent socialement et pour lesquels on va payer possiblement longtemps. Qui n’ont pas mérité un tel sort et dont le seul défaut est d’avoir été malade. Quand on regarde les progrès en médecine et le nombre de gens en rémission qui ont réintégré le marché du travail, je ne suis pas sûre qu’on fasse le bon choix. Surtout qu’on va manquer cruellement de main d’oeuvre à courte échéance. À long terme, financièrement et socialement, gagnerons-nous au change? C’est beaucoup comme l’économie de la pilule à 1 sou qui nous en coûte au moins 2$ l’unité une fois le patient sorti de l’hôpital. Sauf que dans ce cas-ci nous n’avons pas de multinationale pharmaceutique pour fausser le débat. Ce n’est pas un débat partisan mais sociétal.
Qu’en pensez-vous?
vetoleduc
4 décembre 2010
00h23
@Ratonlaveur
Acceptation est un mot plus approprié effectivement.
Du cancer, rapidement nous avons dévié vers le sujet de la mort. Ne croyez-vous pas que depuis quelques temps le sujet de la maladie et de la mort semble nous préoccuper plus qu’à l’habitude au Québec? Il y a une trentaine d’années, lorsqu’on commençait à parler sérieusement du vieillissement de la population au Québec, on entendait des voix s’élever contre ce qui semblait devenir un obsession: l’énorme budget, éléphantesque, des soins de santé (on parlait aussi du futur cauchemar de la circulation automobile à Montréal mais c ‘est une autre histoire). Il semble bien que nous ayons maintenant les deux pieds pris dans ce bourbier. Or je crois que ce n’est qu’un début; nous n’avons encore rien vu.
Pris de panique devant le fait accompli, nous cherchons fébrilement une voie d’issue. Or plutôt que de tenter de stimuler la solidarité, nous croyons voir dans les bases du capitalisme la bouée de sauvetage inespérée: l’intervention du privé. C’est la solution du désespéré. Comme si nous étions pris de panique dans un corridor en feu, que chacun de nous tentait désespérément de sauver sa peau, le privé et les PPP nous apparaissent comme la lueur au bout du tunnel, le dernière alternative. On veut sauver sa peau et on espère être de ceux qui auraient le privilège de faire partie des élus, ceux qui peuvent se payer des soins adéquats.
Et comment pourrait-il en être autrement quand on ne peut même plus voir de médecin à la clinique du quartier? Qui veut attendre douze heures à l’hôpital pour faire examiner ce nouveau grain de beauté qui ne disparaît pas? Cette douleur qui vous empêche d’attendre sur une chaise droite? La prévention, la pierre angulaire du contrôle des maladies, semble être la première victime de l’effondrement de notre système de santé.
J’ai vécu en Afrique où j’ai vu bien bien pire. Mais il y a quelque chose qui me rappel ce que j’ai vu là-bas dans les hôpitaux où j’ai dû séjourner quelques jours: le chaos. J’ai l’impression que ce chaos s’installe doucement ici. Rien à voir avec l’Europe de l’ouest où l’on entre dans les hôpitaux avec la certitude qu’on sera pris en charge.
Croyez-vous que nous vivons une phase de désorganisation au Québec ou est-ce seulement les moyens financiers qui nous font défaut? Les compagnies d’assurance peuvent-ils faire ce que les gouvernements semble impuissants à accomplir?
Daniel Leduc