Le blogue de l'édito

Archive du 29 octobre 2010

Vendredi 29 octobre 2010 | Mise en ligne à 5h00 | Commenter Commentaires (23)

Financement des partis: une réforme radicale

Photo Bernard Brault, La Presse

Photo Bernard Brault, La Presse

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André Pratte

Trois députés du Parti québécois viennent de proposer une réforme radicale du financement des partis politiques. Dans une lettre ouverte publiée dans Le Devoir, Bernard Drainville, Nicolas Girard et Nicolas Marceau suggèrent que le plafond des dons aux partis soit ramené à 100$ plutôt que les 3000$ actuels. Seuls les membres en règle d’une formation politique pourraient lui verser une contribution.

Par conséquent, les partis politiques seraient désormais financés essentiellement par l’État. Les dépenses du gouvernement à ce titre ne seraient pas augmentées car le crédit d’impôt pour les contributions politiques serait aboli. «Avec cette proposition, nous voulons éliminer toute forme d’influence indue des grands donateurs et collecteurs de fonds dans les décisions gouvernementales. Nous croyons qu’avec des dons individuels réduits à 100 $ et moins, un contributeur ne pourrait espérer être récompensé pour son don», écrivent les trois péquistes.

L’idée me paraît intéressante. J’estime, pour ma part, que le plafond de 3000$, gelé à ce niveau depuis plus de 30 ans, n’est pas excessif. Cependant, les Québécois en sont venus à juger louche toute contribution substantielle. Le seul moyen de redonner au système sa crédibilité est d’interdire tout don sauf les plus modestes.

Le financement étatique des partis politiques comporte des difficultés. Comme le montant reçu par chaque parti est fondé sur le nombre de votes obtenus lors des dernières élections générales, il est plus difficile à de nouvelles formations d’émerger. Difficile, mais pas impossible. L’Action démocratique du Québec est devenue populaire avant de disposer de fonds importants. Malgré ses ressources modestes, Québec Solidaire ne manque pas de visibilité.

L’idée de MM. Drainville, Girard et Marceau a été rejetée du revers de la main par les libéraux. Dommage. Si le gouvernement Charest adoptait une telle réforme, il contribuerait à diminuer le désabusement des électeurs. Il est vrai que le PLQ, qui reçoit davantage de gros dons que les autres partis, souffrirait plus qu’eux de l’instauration de la nouvelle formule. Cependant, il y trouverait l’occasion de redorer une réputation très endommagée.

La suggestion des trois députés va plus loin que celle mise de l’avant par leur propre parti (plafond de 500$); Mme Marois n’a pas à s’en offusquer et devrait au contraire faire sienne cette proposition.

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