
Le représentant du Portugal félicitant le ministre Cannon pour sa course au siège temporaire du Conseil de sécurité.
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François Cardinal
On a cité bien des raisons pour expliquer le bide canadien, cette semaine à l’ONU : abandon de Kyoto, position indéfectible à Israël, réorientation de l’aide étrangère, etc. Autant d’éléments qui ont, effectivement, contribué au retrait déshonorant du Canada de la course au Conseil de sécurité.
Mais il y a un facteur qui, jusqu’à maintenant, a été sous-estimé : la méconnaissance totale des arcanes onusiennes, de la part des conservateurs.
On ne peut, en effet, jouer à la chaise vide, snober l’enceinte des Nations unies et longer les murs des sommets internationaux et penser qu’au jour J, les méandres de l’ONU n’auront aucun secret…
Le gouvernement Harper prouve d’ailleurs son ignorance, ce matin dans Le Devoir et dans le Globe and Mail. Il crie à la supercherie parce que le Canada a obtenu, mardi, moins de votes au premier tour qu’il n’avait de lettres d’appuis.
Or la surprise n’est pas l’inéquation qui existe entre les promesses et les votes, mais plutôt la réaction gouvernementale.
Les habitués savent très bien que la diplomatie onusienne est faite de sourires polis et d’hypocrisie, de poignées de main et de poignards, de lettres d’appuis et de duperie.
On peut ainsi promettre son vote à un pays et cocher le nom d’un autre sur le bulletin de vote. On peut même promettre son appui à plusieurs pays!
C’est d’ailleurs ce qu’on appelle, dans les couloirs des Nations Unies, le «Rotten Lying Bastard factor», c’est-à-dire la disparition, au jour J, d’environ un tiers des votes promis. L’expression vient d’un délégué australien frustré de sa déconfiture, lors d’une course au Conseil de sécurité, d’ailleurs, il y a une dizaine d’années…
Or qu’est-il arrivé mardi? Précisément cela. Le Canada se vante d’avoir obtenu 135 lettres de soutien (136 selon le Globe and Mail), mais de n’avoir reçu que 114 votes lors du premier tour.
Tout cela était écrit dans le ciel de l’assemblée générale, à New York. Mais Stephen Harper n’a évidemment pas pu le voir, car il a déserté les lieux ces quatre dernières années…
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