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Mario Roy
Depuis quelques jours, j’attends impatiemment de voir s’enclencher, au Canada, un mouvement national de protestation contre l’emprisonnement en Iran d’un blogueur irano-canadien, Hossein Derakhshan (photo), qui passera 19 ans et demi dans les geôles des mollahs. (Il a échappé à la peine de mort, requise contre lui par le procureur, peut-être faudrait-il s’en réjouir…)
Son crime ? Pour résumer : avoir été un des pionniers des nouveaux médias en Iran, en particulier lors des soulèvements de 2008. Et, crime plus grave encore, d’être allé deux fois en Israël, comme l’indiquait son passeport. En conséquence de quoi on l’a reconnu coupable de «création de sites immoraux», de «collaboration avec les ennemis», de «propagande contre le régime», d’«insulte envers le sacré»… toutes choses insupportables aux fous de dieu iraniens, ce qu’on peut comprendre aisément.
Au total, il est en prison depuis déjà presque deux ans et y restera pour des années à venir… Et, au fait, il n’est pas seul : il y a 35 % plus de détenus en Iran depuis 2008, le taux d’incarcération y étant devenu le double de la moyenne mondiale.
Brèfle, je m’attendais depuis plusieurs jours à une vive réaction de la part de divers groupes de pression toujours indignés, de défenseurs acharnés de la liberté d’expression, de militants droits-de-l’hommistes que rien n’arrête, de vedettes des arts, de grands de la littérature et de géants de la scène ou de l’écran… Une réaction, donc, comparable à celle qui a fustigé (à juste titre, d’ailleurs) l’emprisonnement d’Omar Khadr à Guantanamo. Lequel emprisonnement, selon le moteur de recherche médiatique Eureka, a déclenché uniquement au Canada la rédaction de 14 479 articles et reportages divers! Khadr, on le sait, est soupçonné d’avoir, en 2002, alors qu’il avait 15 ans, tué un soldat américain avec une grenade.
Alors ? Alors, rien. Ottawa est vaguement «inquiet», paraît-il. Quelques droits-de l’hommistes aussi, assurent-ils presque en baîllant. Et c’est tout. Pas de chance pour Hossein Derakhshan, en somme.
Je crois avoir déjà écrit quelque part que la défense de la liberté d’expression est l’activité la plus «style libre» qui soit, se faisant à la tête du client…
Derakhshan aurait dû manier la grenade plutôt que le clavier, et tuer des soldats américains plutôt que bloguer contre des ayatollahs iraniens, ne pensez-vous pas ? Ne serait-il pas mieux défendu aujourd’hui par les moralistes occidentaux ?
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