Le blogue de l'édito

Archive, octobre 2010

Samedi 30 octobre 2010 | Mise en ligne à 18h25 | Commenter Commentaires (35)

Les terroristes persistent et signent

Photo AFP

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NDLR: Afin d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

André Pratte

La découverte, vendredi, de deux colis piégés dans des avions à destination des États-Unis nous rappelle qu’Al-Qaeda reste active. Les terroristes continuent de chercher des moyens de s’attaquer aux Américains. Cette fois-ci, ils ont presque déjoué les mesures de sécurité en utilisant des avions cargos plutôt que des appareils transportant des passagers. Les bombes étaient camouflées dans des imprimantes, l’explosif lui-même se trouvant dans les cartouches d’encre, indétectable.  Selon les autorités américaines, les engins ont été montés par des spécialistes. «Si on passait l’imprimante au scanner, elle paraissait tout à fait normale», a déclaré une source au New York Times.

Ce sont les services secrets de l’Arabie saoudite qui ont eu vent de la tentative d’attentat et ont alerté Washington. Sans cette intervention, les bombes auraient explosé, soit en vol (la théorie britannique) ou dans les synagogues auxquelles les colis étaient adressés (la théorie américaine).

Heureusement, les plus récentes tentatives d’Al-Qaeda se sont soldées par des échecs. Toutefois, un jour ou l’autre, les terroristes réussiront. C’est d’ailleurs ce que la plupart d’entre vous pensez, si l’on en croit vos réponses à la Question du jour de samedi: 50% croient qu’il y aura un attentat aux États-Unis au cours de la prochaine année, tandis que 29% sont plus optimistes.

Lorsque la tragédie se produira, comment réagiront les Américains et leurs alliés? Avons-nous appris de ce qui s’est passé après le 11 septembre 2001? Washington attaquera-t-il le Yemen? L’Iran? La seule consolation qu’on puisse avoir en envisageant ce sombre scénario, c’est que les États-Unis sont aujourd’hui dirigés par un homme intelligent et modéré. Cependant, cet homme fera face, à compter de la semaine prochaine, à un Congrès très conservateur. Qui sait ce que produira cette équation le jour où la bombe explosera…

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Samedi 30 octobre 2010 | Mise en ligne à 5h00 | Commenter Commentaires (12)

Quatre Américaines

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Mario Roy

210820-secretaire-etat-americaine-hillary-clintonAu cours de la présente campagne conduisant aux élections de mi-mandat, mardi, et plus généralement depuis 2008, les femmes ont pris, dans la sphère de la politique américaine, une place considérable.

Hillary Clinton (à gauche), Michelle Obama, Sarah Palin et Christine O’Donnell (à droite), notamment, ont souvent monopolisé l’attention des médias -pour le meilleur et pour le pire. Elles sont en train de prouver que l’exercice du pouvoir n’est par essence ni masculin ni féminin. Et que ceux et celles qui y accèdent, ou tentent d’y accéder, ou y participent de quelque façon, se conduisent non pas en fonction des spécificités de leurs organes génitaux, mais en fonction de leurs expériences, de leurs ambitions et de leurs orientations idéologiques.

199871-christine-donnel-inflige-defaite-retentissanteIl n’y a pas de façon intrinsèquement «masculine» ou «féminine» d’exercer le pouvoir. Prétendre que les femmes, parce qu’elles sont femmes, sont automatiquement marquées à gauche est stupide. Renaud, le chanteur «engagé» qui s’est moqué de Mme Thatcher en laissant plus ou moins sous-entendre qu’en fait, elle était un mec, et ce pour l’unique raison qu’elle gouvernait à droite, s’est complètement gouré.

Bref, jupes ou pantalons, on trouve de tout. C’est tellement évident…

On trouve Hillary Clinton, qui est une femme d’une fulgurante intelligence, d’une grande culture, que l’on voit parfaitement capable d’assumer le fardeau du Secrétariat d’État américain -certainement une des «jobs» les plus demandantes au monde. Et on trouve Christine O’Donnell, qui… j’aime autant ne pas commenter.

Reconnaître l’égalité des sexes, c’est aussi reconnaître à chacun et à chacune le droit (et la légitimité) de défendre toutes les options politiques existantes.

Un chanteur «engagé» oserait-il chanter que, en fait, Jack Layton est une nana parce qu’il est de gauche?

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Vendredi 29 octobre 2010 | Mise en ligne à 5h00 | Commenter Commentaires (23)

Financement des partis: une réforme radicale

Photo Bernard Brault, La Presse

Photo Bernard Brault, La Presse

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André Pratte

Trois députés du Parti québécois viennent de proposer une réforme radicale du financement des partis politiques. Dans une lettre ouverte publiée dans Le Devoir, Bernard Drainville, Nicolas Girard et Nicolas Marceau suggèrent que le plafond des dons aux partis soit ramené à 100$ plutôt que les 3000$ actuels. Seuls les membres en règle d’une formation politique pourraient lui verser une contribution.

Par conséquent, les partis politiques seraient désormais financés essentiellement par l’État. Les dépenses du gouvernement à ce titre ne seraient pas augmentées car le crédit d’impôt pour les contributions politiques serait aboli. «Avec cette proposition, nous voulons éliminer toute forme d’influence indue des grands donateurs et collecteurs de fonds dans les décisions gouvernementales. Nous croyons qu’avec des dons individuels réduits à 100 $ et moins, un contributeur ne pourrait espérer être récompensé pour son don», écrivent les trois péquistes.

L’idée me paraît intéressante. J’estime, pour ma part, que le plafond de 3000$, gelé à ce niveau depuis plus de 30 ans, n’est pas excessif. Cependant, les Québécois en sont venus à juger louche toute contribution substantielle. Le seul moyen de redonner au système sa crédibilité est d’interdire tout don sauf les plus modestes.

Le financement étatique des partis politiques comporte des difficultés. Comme le montant reçu par chaque parti est fondé sur le nombre de votes obtenus lors des dernières élections générales, il est plus difficile à de nouvelles formations d’émerger. Difficile, mais pas impossible. L’Action démocratique du Québec est devenue populaire avant de disposer de fonds importants. Malgré ses ressources modestes, Québec Solidaire ne manque pas de visibilité.

L’idée de MM. Drainville, Girard et Marceau a été rejetée du revers de la main par les libéraux. Dommage. Si le gouvernement Charest adoptait une telle réforme, il contribuerait à diminuer le désabusement des électeurs. Il est vrai que le PLQ, qui reçoit davantage de gros dons que les autres partis, souffrirait plus qu’eux de l’instauration de la nouvelle formule. Cependant, il y trouverait l’occasion de redorer une réputation très endommagée.

La suggestion des trois députés va plus loin que celle mise de l’avant par leur propre parti (plafond de 500$); Mme Marois n’a pas à s’en offusquer et devrait au contraire faire sienne cette proposition.

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