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François Cardinal
Le GIEC, le fameux Groupe intergouvernemental d’experts qui conseille les dirigeants de la planète sur l’évolution du climat, est mûr pour une véritable réforme.
C’est la conclusion à laquelle arrive le Conseil inter-académique (IAC), vaste organisation qui rassemble 15 des principales académies des sciences mandatée par l’ONU pour évaluer les méthodes et procédures du GIEC.
Et c’est la conclusion à laquelle nous arrivons aussi.
Attaqué de toutes parts depuis un an, le GIEC doit en effet revoir ses méthodes en profondeur afin de répondre aux critiques qui lui sont faites et mériter à nouveau son Nobel.
Le «climategate» l’a mis à mal. Les erreurs et inexactitudes soulevées aussi. Mais d’abord et avant tout, sa crédibilité s’est graduellement émoussée au fur et à mesure que ses membres ont versé dans le militantisme.
De nombreux chercheurs ont effet mis de côté l’objectivité que commande leur fonction afin de contrer les climatosceptiques, ce qu’ont prouvé les courriels piratés du «climategate». Cela a miné le travail et la transparence de cette nécessaire organisation scientifique.
Sans remettre en question le consensus né des derniers rapports du GIEC, cela pousse à s’interroger sur certaines questions périphériques au réchauffement qui ne recueillent pas toujours, il est vrai, la faveur d’une majorité de scientifiques.
Cela dit, pour que le GIEC retrouve son lustre, il faudra plus qu’une réforme : il faudra aussi un changement de direction. Ce que n’ose pas dire l’IAC, qui se contente de suggérer de limiter à six ans les mandats des responsables du GIEC.
Pourtant, les problèmes reprochés au GIEC sont aussi des problèmes que l’on pourrait reprocher, personnellement, au président Rajendra Pachauri. Trop souvent, l’homme a eu des réactions impulsives, il a levé le nez sur les critiques sans même les entendre et il a houspillé ses opposants. Autant de réactions indignes du grand patron d’une organisation scientifique et donc, neutre.
Espérons que les membres du GIEC, lors de leur prochaine rencontre en octobre, accepteront de réformer leur organisation et de montrer la sortie à leur patron. La longévité de l’organisation en dépend.
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