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André Pratte
Comme c’était prévisible, le comportement de quelques centaines d’anarchistes radicaux a accaparé une bonne partie de l’attention des médias couvrant le sommet du G20 à Toronto. C’est dommage à la fois pour la population, qui méritait qu’on discute davantage des enjeux cruciaux abordés par leurs dirigeants, et pour les manifestants pacifiques, qui méritaient qu’on parle de leurs inquiétudes.
Les anarchistes, notamment la Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC), prétendent que leurs gestes, notamment la «destruction de propriété» (des vitrines de commerces tels Burger King, Starbucks, Tim Hortons ont été fracassées) constituent des attaques contre le capitalisme. Dans un communiqué, la CLAC explique que «la plupart des cibles sont pour plusieurs les symboles de l’arriération éthique d’une société dans laquelle la richesse est systématiquement arrachée aux pauvres et aux victimes de discrimination qui la produisent, et reste concentrée dans les mains de quelques entreprises, banques et élites mondiales».
Le message politique semble cohérent – et rappelle la propagande marxiste-léniniste – mais la tactique est carrément stupide. En quoi de tels gestes de vandalisme ébranlent-ils le système capitaliste? La stratégie est celle des terroristes: forcer l’État à réprimer durement les manifestations, ce qui suscitera la colère populaire et fera croître le mouvement révolutionnaire. Sauf que ça ne marche pas du tout (malgré les dérapages fréquents des forces policières). Au lieu de sympathiser avec les manifestants, la population ne retient qu’une chose: ce sont des voyous.
De plus, les tactiques anarchistes forcent les pays hôtes de ces sommets à dépenser des centaines de millions pour la sécurité. Et qui paie ces sommes? Les contribuables, pour le bénéfice desquels les anarchistes prétendent oeuvrer.
Cela dit, le coût des sommets de Hunstville et Toronto et la répétition de ces incidents disgracieux année après année devraient achever de convaincre les leaders des G8 et G20 qu’ils doivent s’y prendre autrement. Trouver un lieu de rencontre permanent, éloigné de la ville, facile à sécuriser. D’autant plus que les villes hôtes ne peuvent tirer de bénéfices de ces sommets. Qui peut penser que Toronto jouira de retombées positives des images de manifestants faisant éclater des vitrines ou incendiant des voitures de police?
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