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Jean-Pascal Beaupré
En étant nommé par le pape à la tête de la Congrégation des évêques, le cardinal Marc Ouellet décroche un poste très prestigieux au Vatican. L’archevêque de Québec sera appelé à diriger le ministère qui approuve le choix des évêques des diocèses du monde entier.
Normalement, les Québécois devraient ressentir un profond sentiment de fierté qu’un des leurs reçoive une promotion aussi importante et accède à une des positions les plus influentes de l’Église catholique, qui compte des centaines de millions de fidèles. Jamais un prêtre canadien n’a été élevé à des fonctions de cette ampleur à Rome. Il y a 30 ans, sa nomination aurait été accueillie avec allégresse au Québec.
Malheureusement, au contraire, il y a un malaise. En raison de ses positions controversées encore toutes récentes au sujet de l’avortement et de l’euthanasie, l’archevêque de Québec nage à contre-courant des valeurs de la société québécoise en général et a réussi à se mettre à dos la grande majorité de ses compatriotes.
Finalement, autant ses positions ultra-orthodoxes, proches de la philosophie conservatrice de Benoît XVI, ne sont pas sûrement pas étrangères à sa nomination, autant elles ont contribué au tollé qu’il a soulevé chez nous.
On peut apprécier le talent exceptionnel de Céline Dion et son rayonnement extraordinaire aux quatre coins du globe sans forcément être un grand fan de la chanteuse. On peut admirer les succès grandioses du Cirque du soleil sur tous les continents sans pour autant se pâmer pour Guy Laliberté. Est-il possible de faire de même pour Mgr Ouellet, rendre à César ce qui revient à César : reconnaître que le cardinal de 66 ans a mérité ses lauriers en accédant au cénacle du pape, même si on ne partage pas sa vision, même si ses opinions nous font monter la moutarde au nez ?
Quoi qu’il en soit, le dicton «Nul n’est prophète en son pays» n’aura jamais été aussi vrai que dans son cas.
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