Le blogue de l'édito

Archive du 3 juin 2010

RUSSIA:_m

Photo Sergei Karpukhin, Reuters

NDLR: Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

Jean-Pascal Beaupré

Admettez que c’est quand même spécial. Six hommes ont accepté d’être enfermés ensemble pendant 520 jours – oui, l’équivalent d’un an et demi ! – pour simuler un vol habité vers Mars.

Jeudi, l’équipage composé de trois Russes, un Français, un Italo-Colombien et un Chinois a pris place dans une réplique de vaisseau spatial – sans fenêtres ! – pour tester les effets à long terme d’un isolement prolongé.

Autrement dit, seront-ils capables de s’endurer sans péter une coche ? De gérer le stress et la fatigue, d’éviter les accès d’agressivité qui surviennent parfois lorsqu’on passe autant de temps sans interruption en compagnie des mêmes individus ?

Ce ne sera pas exactement une partie de plaisir : aliments en boîte, une douche tous les 10 jours, communications avec l’extérieur uniquement par internet. Entre leurs expériences scientifiques, les participants dans la force de l’âge (de 26 à 38 ans) pourront se divertir avec des jeux vidéo. «Ce n’est pas une prison», a assuré le Français. Pas sûr !

Ce n’est certainement pas l’appât du gain qui a poussé les volontaires à lever la main : ils recevront 79 000 euros (99 000 $) en retour de leurs sacrifices.

Il y a une dizaines d’années, une expérience similaire avait mal tourné : le capitaine russe de l’équipage avait tenté d’embrasser de force une coéquipière canadienne. Deux autres équipiers en étaient venus aux coup. Est-ce la raison pour laquelle on ne retrouve aucune femme dans l’équipage cette année ?

Remarquez qu’on aura la chance de tenter l’expérience à plusieurs reprises. Le président Obama a déclaré récemment qu’un vol habité américain vers la planète rouge pourrait avoir lieu dans les années… 2030.

Et vous, à quelles conditions accepteriez-vous de rester cloîtré pendant 18 mois enfermés avec cinq étrangers?

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Jeudi 3 juin 2010 | Mise en ligne à 5h39 | Commenter Commentaires (23)

Droits d’auteur: l’étau se referme

MUSIC AT THE BEACH 20091201_mNDLR: Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

Ariane Krol

Le nouveau projet de loi fédéral sur le droit d’auteur contient des
mesures intéressantes pour les citoyens et les milieux éducatifs,
mais cet accès est tributaire du bon vouloir des fournisseurs de
contenus. Il suffira en effet qu’un DVD ou un livre électronique soit
muni d’une serrure numérique pour que le simple particulier ou
l’étudiant perde tous les avantages que lui confère la Loi sur la modernisation du droit d’auteur. Car faire sauter un verrou numérique, pour quelque motif que ce soit, sera interdit et passible d’amendes pouvant atteindre plusieurs milliers de dollars. Et pas besoin de partager des contenus en ligne pour être dans l’illégalité. Si le DVD que vous avez acheté ne vous permet pas de transférer le film dans votre téléphone intelligent et que vous déjouez cette interdiction, vous commettrez un délit.

C’est malheureux, car on sent une volonté de tenir compte de l’usage privé et non commercial que les individus font des nouvelles technologies. Ce projet de loi fait donc preuve de plus de souplesse que sa mouture précédente (C-61). Mais il permet aux entreprises détentrices des droits d’auteur de réduire cette souplesse à néant.

Qu’un producteur de jeux vidéos puisse sévir contre les petits malins qui vendent des copies piratées de leur nouveau titre vedette, c’est légitime. Mais si votre trajet matinal en train est le seul moment dont vous disposez pour regarder des films ou des émissions télés, pourquoi vous empêcher de les visionner sur l’appareil de votre choix? Et que dire des livres destinés aux étudiants? Tout au long de ma scolarité, j’ai acheté des bouquins usagés, chaque fois que je l’ai pu. Pourquoi un éditeur d’ouvrages en format électronique aurait-il le droit de mettre un verrou qui empêche l’acheteur de revendre ses manuels ou ses romans une fois qu’il en a terminé? Est-ce acceptable?

Reste à voir comment les détenteurs de droits exerceront leurs nouveaux pouvoirs – si le gouvernement Harper réussit à faire adopter son projet de loi. S’ils s’en servent pour faire fermer des services de partage illégal, passe encore. Mais s’ils les emploient pour traîner en cour des mères d’ados qui s’adonnent au téléchargement illégal, ça risque de barder. Même si le projet de loi réduit de beaucoup les amendes pour les usages non commerciaux.

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