Le blogue de l'édito

Archive, juin 2010

Mercredi 30 juin 2010 | Mise en ligne à 11h13 | Commenter Commentaires (114)

Peut-on se réjouir de la promotion de Mgr Ouellet?

ABORTION CONTROVERSY 201005_m

Photo PC

Jean-Pascal Beaupré

En étant nommé par le pape à la tête de la Congrégation des évêques, le cardinal Marc Ouellet décroche un poste très prestigieux au Vatican. L’archevêque de Québec sera appelé à diriger le ministère qui approuve le choix des évêques des diocèses du monde entier.

Normalement, les Québécois devraient ressentir un profond sentiment de fierté qu’un des leurs reçoive une promotion aussi importante et accède à une des positions les plus influentes de l’Église catholique, qui compte des centaines de millions de fidèles. Jamais un prêtre canadien n’a été élevé à des fonctions de cette ampleur à Rome. Il y a 30 ans, sa nomination aurait été accueillie avec allégresse au Québec.

Malheureusement, au contraire, il y a un malaise. En raison de ses positions controversées encore toutes récentes au sujet de l’avortement et de l’euthanasie, l’archevêque de Québec nage à contre-courant des valeurs de la société québécoise en général et a réussi à se mettre à dos la grande majorité de ses compatriotes.

Finalement, autant ses positions ultra-orthodoxes, proches de la philosophie conservatrice de Benoît XVI, ne sont pas sûrement pas étrangères à sa nomination, autant elles ont contribué au tollé qu’il a soulevé chez nous.

On peut apprécier le talent exceptionnel de Céline Dion et son rayonnement extraordinaire aux quatre coins du globe sans forcément être un grand fan de la chanteuse. On peut admirer les succès grandioses du Cirque du soleil sur tous les continents sans pour autant se pâmer pour Guy Laliberté. Est-il possible de faire de même pour Mgr Ouellet, rendre à César ce qui revient à César : reconnaître que le cardinal de 66 ans a mérité ses lauriers en accédant au cénacle du pape, même si on ne partage pas sa vision, même si ses opinions nous font monter la moutarde au nez ?

Quoi qu’il en soit, le dicton «Nul n’est prophète en son pays» n’aura jamais été aussi vrai que dans son cas.

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Mardi 29 juin 2010 | Mise en ligne à 12h22 | Commenter Commentaires (54)

Le «beau risque» des indépendantistes écossais

David Cameron et Alex Salmond <br>(Photo AFP)David Cameron et Alex Salmond (Photo AFP)

NDLR: Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

André Pratte

Le premier ministre de l’Écosse et chef du parti indépendantiste Scottish National Party (SNP), Alex Salmond, a suscité l’émoi de ses militants la semaine dernière en déclarant que «l’indépendance n’est pas présentement le centre de gravité de la politique écossaise».

Le SNP a été élu en 2007 après avoir promis de tenir un référendum sur l’indépendance avant la fin de son premier mandat (ça vous dit quelque chose?). Cependant, le gouvernement Salmond est minoritaire et le projet de loi prévoyant les modalités dudit référendum est paralysé au parlement. De plus, selon les sondages, la majorité des Écossais ne veut pas se séparer de la Grande-Bretagne. L’appétit pour l’indépendance a encore diminué à la suite de la crise économique et financière, qui a malmené deux grandes banques écossaises.

Enfin, M. Salmond fera face à l’électorat l’an prochain et sa cote dans les sondages a beaucoup baissé. Il s’est donc rallié à une idée beaucoup plus populaire que l’indépendance, l’autonomie fiscale. Comme les Québécois, les Écossais sont convaincus qu’ils n’en ont pas pour leur argent au sein du Royaume-Uni. Les statistiques démontrent le contraire mais, en Écosse comme chez nous, les chiffres ne pèsent pas lourd quand il est question d’identité et de sentiment national.

Des députés du SNP ont exprimé leur surprise et leur déception après avoir entendu la déclaration de leur chef. «Je suis abasourdi de constater qu’Alex Salmond ne saisit pas l’occasion très favorable à l’indépendance que représente la crise économique. La grosse, forte, extraordinaire économie du Royaume-Uni vient d’exploser!» M. Salmond a rétorqué: «Il faut faire campagne en faveur de ce qui est bon pour l’Écosse en plus de faire campagne pour l’indépendance. Il n’y a pas de contradiction.»

N’empêche, la similitude entre la stratégie du Parti québécois de Pauline Marois et celle du SNP est frappante. La similitude des circonstances aussi. Comme les Québécois, les Écossais veulent toujours plus d’autonomie (leur État jouit de beaucoup moins de pouvoirs, notamment fiscaux, que celui du Québec). Mais la séparation ne leur sourit pas. Peut-être parce que les deux nations réalisent que dans le monde d’aujourd’hui, l’indépendance totale est de toute façon impossible. Et que malgré ses vicissitudes, l’association dont ils font partie (le Royaume-Uni, le Canada) est somme toute avantageuse.

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À la reprise, on voit bien que le ballon a franchi la ligne des buts, mais l’arbitre en a jugé autrement, au grand dam des Anglais. (photo Reuters)

Jean-Pascal Beaupré

Le Mondial est l’événement sportif le plus suivi de la planète. Chaque match est regardé par des centaines de millions de téléspectateurs, qui peuvent décortiquer en reprise, au super ralenti et sous tous les angles inimaginables s.v.p., chaque but alloué ou refusé, chaque hors-jeu appelé ou ignoré, chaque jambette d’un joueur, chaque arrêt.

Et pourtant, la FIFA refuse obstinément à ses arbitres l’accès aux reprises vidéo.  Ce qui donne parfois lieu à des erreurs monumentales, comme ce fut le cas à au moins deux occasions dimanche dernier.

À peine quelques secondes suffisent au monde entier pour constater une gaffe… et la crier à plein poumons. Mais l’officiel qui l’a commise, lui, ne peut entendre les récriminations, n’a pas le droit de jeter un coup d’oeil à la reprise et de corriger sa faute.

Dans un sport où les buts sont rares, une décision erronée peut avoir un impact immense sur l’issue d’un match. Il en est ainsi du but qui a été refusé aux Anglais contre l’Allemagne à la fin de la première demie dimanche. À la reprise, il est clair que le but est bon. Si l’officiel avait pu revoir le jeu, il aurait sûrement renversé sa décision et permis à l’Angleterre d’égaler la marque 2-2. Qui sait si le vent n’aurait pas tourné ? Aujourd’hui, l’Angleterre est éliminée.

De grandes organisations de sport professionnel (NFL, LNH, tennis) permettent aux arbitres de renverser leur décision en ayant recours à la reprise vidéo.  Mais la FIFA résiste encore. Bien sûr, la reprise ne permet pas toujours de trancher. Elle brise aussi le rythme du jeu. Mais souvent, particulièrement quand l’action se déroule à vive allure, l’officiel a la chance de faire amende honorable et de réparer une profonde injustice. Il faudrait au moins que la FIFA accepte de donner le feu vert dans le cas des buts contestés.

Pensez à la frustration que des millions d’Anglais ont ressentie quand le but de Frank Lampard a été refusé dimanche alors que, de toute évidence, le ballon avait franchi la ligne des buts avant de revenir à l’intérieur du terrain. Même le nouveau premier ministre britannique David Cameron s’en est mêlé: «Je crois que l’utilisation de la technologie dans le sport peut être un plus.»

C’est bien beau la tradition, mais ne faut-il pas parfois accepter de moderniser son sport au bénéfice d’une plus grande équité ? Est-il normal que l’issue de matchs aussi cruciaux que ceux de la Coupe du monde repose entre les mains des arbitres ?

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