Le blogue de l'édito

Archive du 28 avril 2010

Mercredi 28 avril 2010 | Mise en ligne à 13h26 | Commenter Commentaires (58)

Racisme ou mauvaise gestion ?

Philippin_mPhoto: Dans l’ordre habituel: Fo Niemi, directeur exécutif du Centre de recherche-action sur les relations raciales, Maria Gallardo, d’origine philippine, et son fils Luc. (Alain Roberge, La Presse)

NDLR: Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publiera désormais que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

Ariane Krol

L’affaire avait défrayé la manchette au printemps 2006. Un élève de sept ans d’origine philippine se fait réprimander à cause de ses manières à table. La mère va à l’école pour expliquer à la surveillante qu’il est normal, dans la culture philippine, de manger à la fois avec une fourchette et une cuiller. L’échange se passe mal, une discussion subséquente avec le directeur de l’école aussi. La mère raconte son histoire aux médias, provoquant une réaction indignée de l’ambassadeur des Philippines à Ottawa et incitant même des protestataires à défiler devant l’ambassade du Canada à Manille.

Quatre ans plus tard, le Tribunal des droits de la personne vient de condamner la commission scolaire et deux employés de l’école à verser 17 000 $ de dommages à la mère. Je suis tombée des nues. Comment un incident aussi banal a-t-il pu dégénérer à ce point?

La réponse se lit en filigrane dans le jugement du Tribunal: les parties ont été incapables de s’entendre parce qu’elles ne parlaient pas de la même chose. On devine la mère outrée et blessée par ce que vit son fils, et l’école agacée par ce parent envahissant. L’une voit du racisme, l’autre une «fatigante».

Comme c’est souvent le cas dans ces chicanes, les parties se contredisent et aucune n’est en mesure de prouver que les paroles reprochées à l’autre ont bel et bien été prononcées. Ce n’est pas pour rien que la Commission des droits de la personne n’a retenu qu’un seul motif de discrimination, admettant que la preuve ne permettait pas de conclure sur le reste.

À ce stade, les deux parties auraient pu accepter l’offre de la Commission et retourner en médiation. La mère, appuyée  par le Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR), a préféré aller devant le Tribunal des droits de la personne.

Certains diront qu’elle a bien fait, puisque le tribunal lui a donné raison. Moi, je persiste à croire que cette histoire n’aurait jamais dû se rendre aussi loin. Qu’on aurait dû forcer les parties à régler ça sur le terrain, entre adultes.


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Mercredi 28 avril 2010 | Mise en ligne à 5h00 | Commenter Aucun commentaire

De belles «vues» à l’ONF

NDLR: Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que les commentaires signés. Merci de votre collaboration

Mario Roy

Il y a eu de bonnes et de mauvaises périodes, on le sait, à l’Office national du film. Mais celle que nous vivons en est assurément une bonne. Le virage numérique que l’organisme a pris permet non seulement aux artisans qui y oeuvrent de tâter du cinéma du futur, mais permet aussi à l’ONF de s’ouvrir aux gens, d’offrir ses oeuvres sur différentes plateformes en proposant notamment plus de 1200 films qu’on peut voir sur ordinateur ou sur iPhone.

Pour mémoire, rappelons qu’à une certaine époque, on reprochait notamment deux choses à l’ONF : la bureaucratisation qui mettait des tonnes de sable dans l’engrenage ; et le manque d’enthousiasme à mettre ses films à la disposition du (cochon de payant) de public…

Tout ça semble bien être du passé : l’ONF respire aujourd’hui le dynamisme et explore avec bonheur, on le voit, les canaux de diffusion.

_resize_pictureDernier projet en lice, dont le président, Tom Perlmutter (photo), parle plus en détails ici: un déménagement éventuel des quartiers généraux montréalais de l’ONF dans le Quartier des spectacles (la shoppe est actuellement plantée Côte de Liesse, au beau milieu de nulle part, avec un avant-poste, la Cinérobothèque, rue Saint-Denis).

Les médias, au sens général du mot, ont à mon sens un absolu besoin de se trouver physiquement dans les centre-villes, là où se passent les choses, là où grouillent les gens, là où s’échangent les idées.

Et le Quartier des spectacles sera d’autant plus intéressant qu’il sera habité et animé par les «créatifs»…

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