Le blogue de l'édito

Archive du 26 avril 2010

Lundi 26 avril 2010 | Mise en ligne à 11h40 | Commenter Commentaires (36)

Débrancher ou s’acharner?

Royal_victoria-08_mNDLR: Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publiera désormais que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

Ariane Krol

Je l’avoue, je fulminais ce matin en lisant le dossier de ma collègue Ariane Lacoursière sur les dilemmes de fin de vie aux soins intensifs. Je comprends que la décision de «débrancher» un proche soit déchirante pour l’entourage qui doit donner son consentement. Mais je trouve inadmissible, quand il n’y a plus aucun espoir pour le malade, que des familles puissent garder des lits de soins intensifs en otage parce qu’elles ne sont pas capables de se décider.

En même temps, ce ne sont pas les familles qui sont à blâmer, mais l’absence de cadre légal sur les mesures à prendre lorsque la médecine constate qu’un malade n’a plus aucune chance de s’en sortir. Il n’est quand même pas normal que les médecins doivent, en plus d’expliquer qu’il n’y a plus à rien faire pour le patient, user de persuasion pour que les proches renoncent à le maintenir en vie artificiellement.

Parce que pendant ce temps-là, d’autres malades aux urgences ou en attente d’une opération voient leur état se détériorer faute de place aux soins intensifs. Est-ce plus éthique de leur imposer cette torture pour ménager les sentiments de bien-portants incapables d’accepter que tout est fini?

Soyons clair: on ne parle pas d’euthanasier qui que ce soit pour faire de la place. Mais quand la seule chose qui retient un patient de mourir est une batterie d’appareils et de traitements sophistiqués, et qu’on sait qu’il ne reviendra jamais parmi les vivants même si on lui imposait ce régime durant des semaines ou des mois, il y un problème.

À mon avis, il est urgent de se donner des balises pour gérer ce genre de situation. Comment? Je vous le demande. Dans un monde idéal, tous les adultes auraient des directives de fin de vie, la «futilité de traitement» serait interdite et le cercle des proches ayant voix au chapitre serait limité. Mais on est bien loin de ça. Alors, on fait quoi?

Photo Martin Chamberland, La Presse

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