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Ariane Krol
On n’en finit plus de décortiquer les temps d’attente, cette spécialité médicale typiquement canadienne. Cette fois, Statistique Canada a isolé l’une des étapes du processus: le délai pour rencontrer un médecin spécialiste. Il n’est pas négligeable. Il y a quelques années encore, près du tiers de l’attente totale imposée aux patients qui avaient besoin de se faire remplacer une articulation était, en fait, l’attente d’une première rencontre avec un orthopédiste.
Premier constat: le Québec ne fait pas si mauvaise figure. Plus de la moitié (51%) des patients interrogés en 2007 disent avoir réussi à voir le spécialiste nécessaire pour leur nouveau problème de santé en moins d’un mois. C’est la proportion la plus élevée au pays.
Quelques tendances étonnantes se dégagent aussi. La plus frappante est une grande différence hommes-femmes. Toutes spécialités confondues, 51% des hommes obtiennent leur rendez-vous en moins d’un mois. Seulement 42% des femmes sont vues aussi rapidement. Mais comme souvent, les chiffres ne disent pas tout. L’accès plus rapide dont bénéficie les hommes pourrait s’expliquer par le fait qu’ils consultent à une à étape plus avancée de la maladie, qui réclame des soins urgents. Comme le rappellent les chercheurs, les hommes ont moins tendance à être suivis régulièrement ou, même, à simplement consulter un médecin.
Autre surprise: les patients qui passent par leur médecin de famille ont moins de chances de voir un spécialiste rapidement. D’ailleurs, moins de la moitié (46%) des Québécois sont passés par un médecin de famille, de loin la plus faible proportion au pays. «Une communication peu optimale entre les praticiens généraux et les spécialistes a été citée comme l’une des difficultés du processus d’aiguillage», avancent les chercheurs. De fait, les omnipraticiens se plaignent fréquemment que les spécialistes ne veulent pas de leurs patients.
Six ans après le fameux Accord sur la santé, par lequel les provinces se sont entendues pour réduire l’attente dans cinq secteurs prioritaires (cancer, soins cardiaques, vue, arthroplastie et imagerie diagnostique), il faut reconnaître que la situation s’est beaucoup améliorée. Mais comme le faisait remarquer le Globe récemment, que ferons-nous dans quatre ans, quand la transfusion fédérale de 41 milliards de dollars sur 10 ans se tarira ?
Photo: Photothèque La Presse
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