Le blogue de l'édito

Archive du 22 avril 2010

Jeudi 22 avril 2010 | Mise en ligne à 12h00 | Commenter Commentaires (7)

En attente d’un spécialiste

Chirurgie Photothèque LP

NDLR: Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publiera désormais que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

Ariane Krol

On n’en finit plus de décortiquer les temps d’attente, cette spécialité médicale typiquement canadienne. Cette fois, Statistique Canada a isolé l’une des étapes du processus: le délai pour rencontrer un médecin spécialiste. Il n’est pas négligeable. Il y a quelques années encore, près du tiers de l’attente totale imposée aux patients qui avaient besoin de se faire  remplacer une articulation était, en fait, l’attente d’une première rencontre avec un orthopédiste.

Premier constat: le Québec ne fait pas si mauvaise figure. Plus de la moitié (51%) des patients interrogés en 2007 disent avoir réussi à voir le spécialiste nécessaire pour leur nouveau problème de santé en moins d’un mois. C’est la proportion la plus élevée  au pays.

Quelques tendances étonnantes se dégagent aussi. La plus frappante est une grande différence hommes-femmes. Toutes spécialités confondues, 51% des hommes obtiennent leur rendez-vous en moins d’un mois. Seulement 42% des femmes sont vues aussi rapidement. Mais comme souvent, les chiffres ne disent pas tout. L’accès plus rapide dont bénéficie les hommes pourrait s’expliquer par le fait qu’ils consultent à une à étape plus avancée de la maladie, qui réclame des soins urgents. Comme le rappellent les chercheurs, les hommes ont moins tendance à être suivis régulièrement ou, même, à simplement consulter un médecin.

Autre surprise: les patients qui passent par leur médecin de famille ont moins de chances de voir un spécialiste rapidement. D’ailleurs, moins de la moitié (46%) des Québécois sont passés par un médecin de famille,  de loin la plus faible proportion au pays. «Une communication peu optimale entre les praticiens généraux et les spécialistes a été citée comme l’une des difficultés du processus d’aiguillage», avancent les chercheurs. De fait, les omnipraticiens se plaignent fréquemment que les spécialistes ne veulent pas de leurs patients.

Six ans après le fameux Accord sur la santé, par lequel les provinces se sont entendues pour réduire l’attente dans cinq secteurs prioritaires (cancer, soins cardiaques, vue, arthroplastie et imagerie diagnostique), il faut reconnaître que la situation s’est beaucoup améliorée. Mais comme le faisait remarquer le Globe récemment, que ferons-nous dans quatre ans, quand la transfusion fédérale de 41 milliards de dollars sur 10 ans se tarira ?

Photo: Photothèque La Presse

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Jeudi 22 avril 2010 | Mise en ligne à 5h00 | Commenter Commentaires (82)

Échangeur circulaire : wow?

Image1NDLR: Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

François Cardinal

En plissant les yeux, on croirait voir le Colisée de Rome… Presque.

Le projet d’échangeur circulaire concocté par Montréal pour remplacer l’immense spaghetti Turcot est de toute beauté, du moins dans les images de synthèse conçues par la Ville.

On y voit une sorte de rond-point géant mais étroit, grimpé sur pilotis. Celui-ci est doté de deux voies plutôt que trois. À l’ouest, un parc linéaire s’étire tout le long de la falaise Saint-Jacques. Un tout nouveau quartier avec rues, résidences, bureaux et trottoirs s’érige dans le même axe, juste au sud. Puis un tramway relie le tout au centre-ville.

Wow.

Le problème, c’est que tous les dessins d’urbanistes nous arrachent des wow. Il y a toujours beaucoup de vert, beaucoup de piétons heureux, de terrasses, de cyclistes. Dans ceux qui nous ont été présentés hier d’ailleurs, il y a même des Bixi…

Ce projet trouvera-t-il la faveur du grand argentier, le ministère des Transports? On peut en douter, à la lumière de son bilan. Il lui sera facile de balayer le tout du revers de la main, sous prétexte qu’il n’est pas réaliste.

Le Ministère pourra dire, comme le laissent entendre les rumeurs, que le projet est trop cher (c’est lui qui en chiffrera officiellement le coût) ou trop petit (c’est lui qui évalue les tendances). Mais s’il le fait trop rapidement, il esquivera un débat majeur : peut-on réduire la motorisation en réduisant le nombre de voies?

Montréal répond oui, à condition que le transport en commun soit massivement développé en amont. Le MTQ a jusqu’à maintenant répondu le contraire, présentant initialement un projet large de quatre voies.

Vous, vous en pensez quoi?

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