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Mario Roy
Je suis allé jeter un oeil sur l’exposition Montréal du futur, présentée sur la grande place du Complexe Desjardins jusqu’au 26 avril. Que de splendeurs ! De magnifiques édifices résidentiels ou commerciaux décrits par de rutilantes maquettes et animations 3D. De magnifiques infrastructures nouvelles dans le Vieux-Port ou dans l’axe Nord-Sud où roulera un tramway digne de la science-fiction. Et un méga-hôpital (non : deux méga-hôpitaux !). Et un planétarium tout neuf. Et ceci et cela, toujours plus haut, toujours plus beau, toujours plus vert, toujours plussse touttte !…
Tout ça à l’état de projets, bien entendu.
Question à mille piastres : combien de ces projets se réaliseront vraiment lorsque les groupes de pression, les tables populaires, les organismes citoyens, les collectifs de défense, les regroupements de revendication, les comités ad hoc (et les grands médias, bien entendu, toujours vendus à une bonne cause) les auront “interdits” les uns après les autres ?…
Quoi qu’il en soit, ce qui m’a marqué le plus, c’est le trajet que j’ai fait pour me rendre au Complexe Desjardins, à pied, à partir de l’angle Sherbrooke et Berri…
Sur Berri, à votre gauche : les ruines futuristes de l’îlot Voyageur, ce parfait désastre bellement réalisé à coups de centaines de millions (de notre fric à nous) par la fine fleur de notre élite universitaire. À votre droite : la Grande Bibliothèque dorénavant insérée dans une zone verte , comme à Bagdad, destinée à empêcher le passant d’approcher de trop près et d’être tué par les lamelles de verre qui se brisent et tombent de l’édifice. Rue Sainte-Catherine, maintenant. Des commerces placardés. Des bâtiments négligés et couverts de graffitis (ah ! la liberté d’expression, n’est-ce pas ?). Une vue en passant sur des rues transversales devenues des ruelles dégoûtantes. Et surtout, surtout : des terrains vagues plus ou moins clôturés (une demi-douzaine sur moins d’un kilomètre !) envahis par les mauvaises herbes et sur lesquels sont jetés des détritus de toutes sortes, dont un vieux de bol de toilette bien en évidence !
Un vieux bol de toilette sur la rue principale, historique et emblématique du centre-ville de la métropole du Québec ! Nous ne connaissons pas de village reculé de quelque cambrousse lointaine qui tolérerait une chose pareille !
Néanmoins, c’est ça, le Montréal du présent.
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