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François Cardinal
Y a quelque chose de détestable dans l’attitude des pédagogues du Québec : «l’éducation est une science qui évolue, nous maîtrisons cette science, laissez-nous donc travailler en paix.»
On en voit encore une preuve dans les réactions à l’élaboration d’un bulletin unique, pour tous les élèves du Québec. «Un recul», «absurde», «triste», «inquiétant», clamaient les spécialistes des sciences de l’éducation interviewés par Le Devoir.
En un mot : que les parents jouent leur rôle de parents, nous jouerons le nôtre, de pédagogues.
Mais que fait-on des liens entre ces deux rôles? De la responsabilité des parents auprès de ces «apprenants»? Du rôle que ces derniers ont à jouer pour inculquer à leurs enfants le goût d’apprendre, l’envie de retourner à l’école le lendemain matin?
Rien de tout cela ne semble bien important aux yeux des maîtres, qui expriment encore leurs réticences face à un bulletin clair, pourtant l’unique outil favorisant la compréhension du parent, et donc, son implication.
Ceux qui ne sont pas d’accord sont aussitôt taxés de nostalgiques, qui ne comprennent rien à la «science de l’éducation».
Nathalie Lacelle, professeur à l’UQTR, en guise de réaction au retour du bulletin national : «J’ai l’impression d’être dans le film Le Petit Nicolas, dans les années 1960.»
Brigitte Friset, professeure de français au secondaire, dans une lettre à la Michelle Courchesne : «Laissez-moi vous rappeler que vous n’êtes pas une pédagogue. Vous êtes une politicienne nostalgique, comme bien d’autres, d’une époque révolue.»
Une époque révolue, peut-être, mais une époque où les profs faisaient confiance aux parents, et vice-versa.
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