Mario Roy
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Quelle difficile entreprise que celle de mettre en scène un personnage historique. Et un géant, en plus, comme Napoléon Bonaparte, qui occupe la scène du Théâtre Jean-Duceppe dans la peau de Benoît Brière (Une partie avec l’empereur , jusqu’au 22 mai).
Réglons une chose tout de suite : Brière (photo) est remarquable, bien sûr : on s’y attendait, on le savait presque à l’avance! Le comédien est un passionné qui joue un personnage de passion avec l’exacte dose de cabotinage qui convient à la situation. L’auteur, Stéphane Brulotte, a en effet créé un Napoléon capable de cabotinage, justement. Et ce n’est pas la seule surprise qui attend un public dont la plus grande partie aura probablement retenu des livres d’Histoire une image de l’empereur qui exclut a priori la fantaisie…
Mais, bon, pourquoi pas ?
Cela n’en mène pas moins à des questions. Comment représenter un géant de l’Histoire ? Quelles libertés prendre avec la vérité de ce qu’il a été, pour autant qu’on la connaisse ?
Par pur hasard, je viens de terminer la lecture du Louis XIV de Max Gallo. Contrairement à la majorité des biographes, l’auteur “interprète” énormément et ouvertement son sujet, ce qui donne à l’ouvrage beaucoup de couleur et de piquant. Mais le livre refermé, on peut avoir très envie, si on s’intéresse vraiment au Roi-Soleil, de prendre connaissance de plus de “froide” information, de faits bruts et avérés à son sujet. Bien sûr, une pièce de théâtre (ou un film) n’est pas une biographie. Et, sur scène ou à l’écran, chacun a bien le droit de créer un nouveau Napoléon s’il le veut ! Un Napoléon qui, exilé sur l’île d’Elbe, joue aux échecs, joue des mauvais tours, joue au comédien !
Pourtant, en sortant de chez Jean-Duceppe et même si on y a passé une belle soirée, on se demande un peu à quoi tout ça rime au bout du compte.
(PS : s’il y a des napoléonistes parmi vous, peuvent-ils nous dire : plus tard, à l’île Sainte-Hélène, il est mort empoisonné, ou pas, le Corse ?…)
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