Mario Roy
NDLR: Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publiera désormais que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.
Même s’ils sont aussi excitants qu’une soirée à l’urgence de Maisonneuve-Rosemont, on aurait tort de se débarrasser des prix Génie. Ou plus précisément de débarrasser les prix Génie de nous. Décrié, boudé, presque ignoré, le pendant canadian de nos prix Jutra sert en effet à quelque chose : illustrer par l’effet de contraste l’étonnante santé du cinéma québécois par rapport à celui du rest of Canada , dont on a l’impression qu’il vit depuis des années sous respirateur artificiel. Avec un taux de fréquentation domestique oscillant entre 1 et 2 % (au Québec, depuis 2003, notre cinéma compte pour 10 à 18 % des entrées), comment peut-on décrire autrement le cinéma du ROC ? Car cette statistique est bel et bien axphysiante : un cinéma national à ce point dépourvu d’audience est proche de la mort clinique, quelles que soient ses qualités intrinsèques… et confidentielles.
Aussi aura-t-on éprouvé un plaisir un peu égoïste, lundi, à voir triompher à Toronto le film Polytechnique , de Denis Villeneuve (neuf statuettes). Un film dont on ne dira jamais assez à quel point il traite de façon exceptionnellement brillante du sujet le plus délicat -et ce, sur le terrain le plus idéologiquement et moralement miné- qu’on puisse concevoir.
Au-delà de ce cas particulier, cependant, le plaisir est donc de constater que notre cinéma national a bellement grandi, de toutes les façons, depuis 20 ans. Alors que le cinéma canadien-anglais peine à régler ses problèmes d’identité, d’objectifs et de contact avec le public, nous avons de notre côté répondu de façon satisfaisante -par la créativité, la diversité et la souplesse- à toutes ces questions.
Suspendons un instant la séance perpétuelle de flagellation que nous aimons nous infliger et félicitons-nous un tout petit peu.










carbone-14
14 avril 2010
15h29
Rapatrier toute la cultûre au Québec ne serait pas une mauvaise idée selon moi.
Mais encore? Avec un nouveau parti conservateur provincial, peut-être?
carbone-14
14 avril 2010
15h30
Oups! Y. ROY, Mtl.
bloganon
14 avril 2010
17h08
Année après année, force est de constater que la créativité, l’originalité et la compétence des cinéastes québécois surpassent de loin celles des cinéastes du ROC. L’absence d’une culture propre et l’attrait des projets au sud de la frontière y sont sûrement pour quelque chose. Dommage pour le ROC.
J. Bouthillier
jpl2008
14 avril 2010
18h44
Et pas un mot sur les scandales qui éclaboussent le gouvernement Charest à répétition. Vraiment l’équipe éditoriale de La Presse demeure une énigme.
JPLegault
Blainville
phazon
14 avril 2010
19h14
bloganon: Si on pouvait être meilleurs que le ROC dans autre chose maintenant… par exemple dans l’éducation… dans les soins de santé… dans la qualité des routes… Vous savez, ce qui concrètement, fait en sorte que la population peut jouir d’une bonne qualité de vie?
Tristan Morelli
fgbar
14 avril 2010
20h15
Il est vrai que le cinéma québécois semble avoir grandi plus rapidement que son frère canadien. J’imagine que les raisons touchant à la plus facile américanisation à cause de la langue est sûrement un facteur. Je crois qu’il faut être content du succès des artisans du Québec, c’est quand même un bel atout dans la manche des gens d’ici. Félicitations.
Francis Barragan
amonavis
14 avril 2010
20h58
Ô Canada, pays du “patchwork” culturel,
Depuis Colborne et Durham, tu répudies tes premiers habitants.
T’as pendu Riel, t’as exclu les Métis par ta politique d’ostracisme.
Pour ton Canada British.
Mais qu’est-ce qu’ils s’en foutent, les peuples immigrés !
L’affaire, c’est que, si tu ne nous avais pas, tu n’existerais pas.
Ça fait 50 ans que tu essaies de t’inventer une culture à la Cour suprême : des flics à turban, des écoliers à kirpan, des balcons à cabanes pour la Soukkot. Prochain combat : « La liberté des femmes voilées ! »
Au-delà de ça, j’ai peur de perdre le Père Noël de Coca-Cola.
Les symboles vendeurs (inukshuks, huards, ours blancs) ne suffiront pas pour t’inventer un mythe.
L’art est une affaire d’âme. La culture en est le fruit, avec ou sans le financement d’Ottawa.
Dans leur niche sur la colline surplombant la rivière des Outaouais, tes marchands d’image ne peuvent rien pour ça.
Plus tu nous assimiles, plus tu cesses d’exister.
Go Canada. Go ROC.
Due South.
Ta bataille contre les Francophones, tu ne la gagneras jamais qu’en perdant ton âme aux USA.
Moi, je n’ai pas de problème avec ça. Toi, tu y es déjà.
Joseph-André-Jacques Lambert
alextv
14 avril 2010
22h34
Ce qui est vrai pour le cinéma québécois, l’est aussi pour la télévision (la majorité du top 10 des cotes d’écoute au Québec sont des émissions québécoises; le top 10 au Canada anglais: des émissions américaines), probablement aussi pour le théâtre, la chanson, etc. C’est notre culture si unique qui nous permet de survivre malgré tout dans ce monde anglais.
Luc-Alexandre Perron
carpediem99
15 avril 2010
18h10
En tout cas, si on se fie aux résultats du PISA, tests administrés aux élèves de 15 ans en langue première, en mathématiques et en sciences, le Québec se classe toujours dans le peloton de tête au Canada.
C’est dommage, mais tout ne va si pas mal que certains voudraient nous le faire croire au Québec.
http://www.pisa.gc.ca/BROCHUR-F-28.pdf
(F Desrosiers)