Le blogue de l'édito

Archive du 13 avril 2010

Mardi 13 avril 2010 | Mise en ligne à 12h00 | Commenter Commentaires (48)

La fin d’une époque

Photo Rémi Lemée, La Presse

Photo Rémi Lemée, La Presse

NDLR: Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

François Cardinal

Difficile d’imaginer Michel Chartrand portant la bure, déambulant en silence à la Trappe d’Oka, comme il l’a pourtant fait brièvement dans sa jeunesse. C’est que l’homme était tout sauf un homme calme, tranquille, qui acceptait de s’enfermer dans le mutisme.

En ce sens, le grand syndicaliste décédé hier n’a pratiquement pas de successeur sur la place publique, capable d’une telle fougue, d’une telle impétuosité. Les chefs syndicaux actuels ont certes une personnalité forte, mais ils sont pour la plupart beaucoup plus posés et nuancés.

Certains s’en désolent, relient cela au vacuum de leadership politique, mais ne faut-il pas plutôt regarder du côté des médias pour comprendre ce vide? Un homme aussi entier, passionné et hargneux, qui n’hésitait pas à fondre sur ses adversaires, survivrait-il au cycle de nouvelles caractéristique de notre époque? Pas sûr.

On a beaucoup reproché au patron de la FTQ Construction, Richard Goyette, ses sacres, alors qu’on a louangé la pondération de Bernard «Rambo» Gauthier. Les journalistes ont fait moins appel ces dernières années aux Pierre Falardeau et Léo-Paul Lauzon de ce monde.

Dans le fond, c’est toute la classe politique et syndicale qui s’est assagie. Parce que les injustices semblent moins criantes qu’à une autre époque, mais aussi parce qu’il existe une crainte, fondée, que des propos jugés choquants tournent en boucle à tous les postes, un peu comme l’ont fait les gestes déplacés du gardien de hockey Jonathan Roy, il y a peu.

Le décès de Michel Chartrand, grand homme ayant été de tous les combats de la seconde moitié du XXe siècle, marque ainsi la fin d’une époque fortement inspirée par l’anarcho-syndicalisme. «Le rideau tombe, comme le souligne la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, sur une époque très riche et particulièrement enlevante du syndicalisme québécois.»

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Mardi 13 avril 2010 | Mise en ligne à 5h00 | Commenter Commentaires (25)

Notre lait pourrait nous coûter cher

Fromage-06_m

Photo Alain Roberge, La Presse

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Jean-Pascal Beaupré

Le Canada a manqué une chance en or de participer à une entente historique de libre-échange entre les pays de la zone du Pacifique.

C’est du moins ce que rapporte le Globe and Mail, selon qui le gouvernement Harper a refusé de prendre part aux négociations lorsqu’il a été invité à le faire en 2006. Pourquoi avoir dit non ?  Pour protéger les producteurs de lait du Québec et de l’Ontario, et ainsi les soustraire à la compétition internationale. À cette époque, la Nouvelle-Zélande, aussi reconnue pour la vigueur de son industrie laitière, faisait partie du groupe des pays du Pacifique engagés dans les discussions.

Toutefois, quand Barack Obama a émis le souhait l’an dernier que les États-Unis se joignent à la deuxième ronde de pourparlers, le Canada a finalement changé son fusil d’épaule. Trop tard : les Américains se seraient objectés à la présence de leur voisin du Nord à la table des négociations, prétextant que les discussions étaient trop avancées pour inclure un nouveau membre.

Lorsqu’on fait allusion à la zone du Pacifique, on parle d’un marché énorme de presque un demi-milliard d’habitants qui pourrait faire contrepoids à la Chine. Des nations comme l’Australie, le Chili, le Vietnam, Singapour et le Pérou prennent part à ces négociations.

Pendant ce temps, le Canada n’a pas réussi à conclure d’accord de libre-échange avec AUCUN pays asiatique, une région du monde en pleine expansion économique.

Le Canada s’en mordra-t-il les doigts ? Avait-il raison de bouder les pays du Pacifique dans le seul but d’empêcher la libre circulation des produits laitiers et protéger les quotas et les prix de ses producteurs ? Les exportateurs canadiens, dans l’ensemble, n’auraient-ils pas raison de se sentir lésés ? Et le consommateur québécois, lui, n’en serait-il pas sorti gagnant en payant son lait, un aliment de grande consommation, moins cher ?

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