Le blogue de l'édito

Archive du 12 avril 2010

Lundi 12 avril 2010 | Mise en ligne à 12h18 | Commenter Commentaires (57)

On veut la réingénierie!

Photo Le Soleil

Photo Le Soleil

NDLR: Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

André Pratte

Plusieurs milliers de personnes ont protesté dimanche, à Québec, contre le dernier budget du gouvernement Charest. Les manifestants en avaient contre les nouvelles taxes qui sont imposées à la classe moyenne alors que, à leur avis, Québec pourrait aller chercher cet argent ailleurs, notamment en diminuant les abus et le gaspillage.

La grogne contre ce budget est telle qu’elle plonge le gouvernement libéral dans un précipice d’impopularité. Selon un sondage publié lundi matin par Le Devoir, 77% des Québécois sont désormais insatisfaits de l’actuel conseil des ministres. Depuis le début de l’année, la proportion de «pas du tout satisfaits» a bondi de 22% à 49% .

L’impopularité, Jean Charest connaît ça. Lorsqu’il a amorcé la «réingénierie» de l’État québécois, après son arrivée au pouvoir en 2003, il a vite atteint un creux dont on croyait qu’il ne remonterait jamais. Les manifestations étaient alors nombreuses et bruyantes. Toutefois, ce n’était pas les mêmes gens qui manifestaient: alors, c’était plutôt la gauche, notamment les syndicats. Ils s’opposaient à ce qu’on s’attaque à l’État québécois, qu’ils plaçaient au coeur du modèle québécois. C’était l’époque du «Libérez-nous des libéraux» de Loco Locass.

À Québec dimanche, c’était plutôt la droite dans la rue, des gens qui veulent mettre le gouvernement à la diète. Ces personnes étaient sans doute d’accord avec la réingénierie à l’époque.

Pas facile de gouverner le Québec. La preuve en est que le gouvernement libéral a connu sa plus forte popularité au moment où, selon la majorité des commentateurs, il ne faisait rien. C’est-à-dire qu’il évitait soigneusement de prendre des décisions susceptibles de déplaire à une tranche importante de l’électorat.

On entend souvent dire que la population souhaite un gouvernement ayant le courage de prendre les décisions nécessaires pour assurer l’avenir du Québec. Rien n’est moins sûr.

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Lundi 12 avril 2010 | Mise en ligne à 5h00 | Commenter Commentaires (17)

Des diplômes au rabais

Photo Alain Laberge, La Presse

Photo Alain Laberge, La Presse

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François Cardinal

Soupir de soulagement pour les étudiants de l’Université de Montréal… Vraiment?

Certes, leur session a été sauvée in extremis, hier, lorsqu’une majorité de chargés de cours ont donné leur accord à l’entente de principe intervenue avec l’employeur.

Mais à quel prix?

La grève entamée le 24 février dernier a retranché pas moins de sept semaines de cours au calendrier régulier, soit environ le tiers de la session! Que vaudra leur diplôme?

La question est délicate, car les 2400 chargés de cours avaient tout à fait le droit d’exprimer leur mécontentement, de manifester leur colère, de faire grève.

Mais on ne peut balayer sous le tapis l’impact que cela aura sur des dizaines de milliers d’étudiants, sur ceux qui participeront à des examens d’ordres professionnels ou encore, sur ceux qui devront jouer du coude avec leurs confrères des autres universités pour se tailler une place sur le marché du travail.

«C’est sûr qu’en bout de ligne, le cours ne sera pas aussi bon », a reconnu vendredi le vice-recteur académique, Jacques Frémont, en entrevue avec Paul Arcand. Les chargés de cours, a-t-il ajouté, devront envoyer les étudiants «sur le web», «étirer les heures de cours» et… «changer leurs méthodes d’évaluation»!

Le bras de fer des dernières semaines a permis aux chargés de cours d’arracher à l’université des gains salariaux et un meilleur soutien des auxiliaires d’enseignement. De son côté, l’institution s’en sort sans trop d’égratignures, ayant réussi à éviter de donner son aval à ce qu’elle considère être un planche d’emploi.

Mais les étudiants eux, dont la session était soi-disant irrécupérable après le 5 avril, qu’ont-ils obtenu, à part des diplômes au rabais?

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