
PHOTO: Graham James, ancien entraîneur de hockey junior, reconnu coupable en 1997 d’agression sexuelle sur de jeunes joueurs, dont Sheldon Kennedy, qui a fait carrière dans la LNH. Quelques années plus tôt, The Hockey News l’avait nommé Homme de l’année. (PC)
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Ariane Krol
Le Globe and Mail a publié samedi un papier fascinant sur les précautions que doivent désormais prendre ceux qui entraînent de jeunes sportifs. Personne ne veut s’exposer à des accusations, même fausses, d’abus sexuel. Et pour ça, il faut penser à tout.
Ne jamais se retrouver seul avec un enfant dans une auto. Lors des tournois à l’extérieur, ne jamais être avec les enfants ou les ados sans la présence d’un autre adulte. Limiter les contacts physiques. La tape dans la main (high five) pour souligner un bon coup, oui, mais l’accolade, pas question. Même s’ils sont bénévoles, même si leur enfant fait partie l’équipe, même s’ils connaissent tous les parents des autres joueurs, les adultes qui se dévouent pour que des jeunes puissent s’adonner au hockey, au soccer ou à la natation doivent s’imposer des règles pour se protéger. Triste, non?
C’est le contrecoup malheureux de tous les scandales qui ont éclaté au cours des dernières années. Parce qu’une infime minorité de prédateurs essaient de s’infiltrer dans les milieux offrant un accès privilégié aux jeunes, une majorité de gens de bonne volonté, qui n’ont rien à se reprocher, doivent prendre des précautions extraordinaires pour ne pas être confondus avec eux. Une situation qui risque aussi de léser les jeunes, si plus personne ne veut être entraîneur bénévole.
On n’aurait pas tous ces problèmes si on pouvait détecter les candidats dangereux. Mais comment? Hockey Calgary a calculé que vérifier les dossiers criminels pour tous les clubs de la ville coûterait 40 000$ par an. Et on ne parle que du hockey, dans une seule région. La facture pour l’ensemble des sports amateurs au pays serait vertigineuse. Et ça ne préviendrait pas tout. Comme le fait remarquer la présidente de Bénévoles Canada, le meurtrier en série Paul Bernardo aurait passé ce contrôle sans problème.
Tous ces scandales qui remontent à la surface sont-ils en train d’empoisonner l’atmosphère du sport amateur? J’aimerais vous entendre là-dessus. Il n’y a pas si longtemps, on s’inquiétait que les jeunes ne bougent pas assez. Et maintenant, on s’inquiète de ce qui pourrait leur arriver s’ils font du sport. Dingue, non?
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