
Photo Presse canadienne
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André Pratte
En laissant tomber sa ministre Helena Guergis, le premier ministre, Stephen Harper, cherche sans doute à couper rapidement tout lien entre son gouvernement et les comportements troubles de Mme Guergis et de son mari. Mais les partis d’opposition et les médias n’en resteront certainement pas là.
Mme Guergis est une inconnue pour la grande majorité des Canadiens. Députée depuis 6 ans, ministre junior (Condition féminine) depuis 3, elle a attiré l’attention sur elle l’hiver dernier en engueulant des employés de l’aéroport de Charlottetown parce qu’elle craignait de manquer son vol.
Son époux, Rahim Jaffer, est plus connu. Il a siégé à la Chambre des communes pendant dix ans, jusqu’à sa défaite en 2008. À l’époque du Parti réformiste, il était considéré comme un des représentants les plus prometteurs de la formation. Il était aussi un des rares à parler français.
Depuis son retour au secteur privé, M. Jaffer a une vie mouvementée. En septembre dernier, il a été arrêté pour excès de vitesse, conduite en état d’ébriété et possession de cocaïne. À la grande surprise de la police, la Couronne a réduit l’accusation à conduite dangereuse et M. Jaffer s’en est sorti avec une amende de 500$. Bien des gens se sont demandé s’il n’y avait pas une manoeuvre politique derrière cette entente entre la Couronne et la défense.
Cette semaine, le Toronto Star révélait que Rahim Jaffer avait partagé un souper bien arrosé en compagnie de trois prostituées et de Nazim Gillani, un homme d’affaires de Toronto faisant l’objet d’enquêtes policières et fiscales. À M. Gillani et à d’autres, M. Jaffer aurait vanté ses contacts au sein du gouvernement conservateur. Il aurait aussi distribué sa carte d’affaires de député, bien qu’il ne siège plus depuis un an et demi.
M. Jaffer faisait-il jouer ses influences à Ottawa en faveur de partenaires d’affaires? Sa femme ministre jouait-elle un rôle dans ces démarches? Pour l’instant, tout n’est que questions et spéculations.
M. Harper a dit avoir pris connaissance jeudi soir d’«allégations graves» au sujet de Mme Guergis. Il a demandé au Commissaire à l’éthique et à la GRC de faire enquête. Non seulement la députée ontarienne doit-elle quitter le Cabinet, elle ne siègera plus au caucus conservateur.
Les travaux parlementaires reprennent lundi après la pause pascale. À suivre…
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