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André Pratte
Depuis plusieurs mois, les médias font les manchettes au sujet de primes de rendement versées aux cadres des sociétés d’État et d’établissements gouvernementaux. Chaque fois, on crie au scandale. Comme si toute prime constituait en soi un abus des fonds publics. Il n’en est rien.
Il y a plusieurs années, les primes n’existaient pas dans le secteur public. Nombreux étaient ceux qui en réclamaient la mise en place, y compris les commentateurs populistes qui prennent plaisir aujourd’hui à les dénoncer. On estimait qu’un système de rémunération semblable à ce que l’on voit dans le système privé inciterait les cadres du public à travailler plus fort pour que leurs établissements soient performants.
Si un organisme étatique produit efficacement des services de qualité, il n’y a pas de raison que ses cadres ne soient pas récompensés par des primes (raisonnables, évidemment). Le versement de primes n’a donc rien de révoltant si – et c’est un «si» crucial – celles-ci sont justifiées par l’atteinte d’objectifs précis, déterminés à l’avance. Par contre, si des gestionnaires reçoivent des primes alors qu’ils n’ont pas atteint les cibles fixées (comme on l’a vu abondamment dans le secteur financier aux États-Unis), les responsables devraient se faire rappeler à l’ordre.
Hydro-Québec a annoncé hier un bénéfice record, plus de 3 milliards. L’année 2009 fut pourtant particulièrement périlleuse; de toute évidence, les patrons de la société d’État ont pris les bonnes décisions. Pourquoi n’auraient-ils pas droit aux primes de rendement auxquelles leur contrat leur donne droit dans de telles circonstances?
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Photo Martin Chamberland, La Presse


