Le blogue de l'édito

Archive du 7 avril 2010

Mercredi 7 avril 2010 | Mise en ligne à 12h24 | Commenter Commentaires (20)

Le Planétarium Dow, on le rase?

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Photo Robert Skinner, La Presse

NDLR: Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

François Cardinal

Chaque fois qu’un bâtiment devient vacant à Montréal, deux groupes se forment : ceux qui veulent le conserver et ceux qui demandent qu’on le rase.

Dernier en date : le Planétarium Dow, qui se videra dans un peu plus d’un an au profit d’un tout nouveau bâtiment dans le quartier du Stade olympique.

Construit en 1966, c’était le tout premier théâtre canadien muni d’un projecteur d’étoiles reproduisant la voûte céleste. Mais ce qui le distingue de tous les autres planétariums nord-américains, c’est son dôme hémisphérique inclus dans un cylindre tronqué obliquement. Vu du ciel, l’édifice de briques beiges rappelle ainsi Saturne et ses anneaux.

Pas banal, tout de même…

Mais il est vrai, cette particularité n’est peut-être pas une raison suffisante pour le conserver. Par contre, le Planétarium Dow est réellement le témoin d’une époque, celle de la construction du métro, de l’Expo… et de l’architecture flyée. D’où la volonté d’Héritage Montréal de conserver le lieu.

Comme le dit l’historien d’architecture Luc Noppen, «si on se contente de quartiers qui ne sont faits que de parallélépipèdes destinés à abriter des appartements, ça devient un peu monotone.»

Donc avant de penser à la démolition, une option radicale mais incontournable quand on ne sait vraiment plus que faire d’un édifice, réfléchissons au recyclage. Surtout que dans ce cas-ci, les idées sont nombreuses. Un appel sur Twitter a donné celles-ci : une salle de cinéma 3D, une salle d’expositions multimédias, une version adulte du musée pour enfants de Laval, etc.

À cela s’ajoutent les idées des experts, telles que rapportées par La Presse, ainsi que des projets plus sérieux, formellement déposés à la Ville : un musée de l’immigration, un amphithéâtre pour les étudiants de l’ETS et un centre permanent pour la Ligue nationale d’improvisation.

Intéressant, mais évidemment, la question des coûts de rénovation, qui s’élèvent à plusieurs millions, se pose. C’est bien beau de donner un édifice patrimonial à une institution universitaire ou à une organisation sans but lucratif, mais si elle n’a pas un sou, est-ce qu’on ne repousse pas simplement le problème à plus tard? Pensons au couvent Mont-Jésus-Marie sur la montagne…

Donc, le Planétarium, on en fait quoi?

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Mercredi 7 avril 2010 | Mise en ligne à 5h00 | Commenter Commentaires (55)

Une énormité signée Duceppe

Photo Presse canadienne

Photo Presse canadienne

NDLR: Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

André Pratte

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a atteint un tel niveau de crédibilité auprès de la population qu’il peut se permettre de dire des énormités sans que quiconque ne les relève. Rendons à César ce qui lui revient: c’est grâce à sa très grande habileté que le leader bloquiste a atteint ce statut.

M. Duceppe a amorcé mardi une tournée pancanadienne. Il rencontrera notamment des représentants des francophones de diverses provinces. Dans une entrevue accordée avant son départ, il a soutenu que les francophones hors-Québec n’avaient pas à s’inquiéter d’une éventuelle indépendance du Québec. «Selon lui, rapporte la Presse canadienne, les droits dont ils jouissent résultent de leur présence au Canada, pas de celle du Québec. Il estime que ceux qui prétendent le contraire tentent de prendre les Acadiens et Franco-Canadiens en otage.»

Sur papier, comme on dit, M. Duceppe a sans doute raison: après la séparation, les droits des francophones demeureraient protégés dans la Constitution canadienne, du moins pour une certaine période de temps. Cependant, dans la vraie vie, pour être en mesure de faire respecter ses droits constitutionnels, et surtout pour pouvoir avoir une influence sur les décisions prises au niveau fédéral (par exemple, le respect de la Loi sur les langues officielles), il faut jouir d’un poids politique. Ce poids vient avec le nombre. Or, si le Québec se sépare du Canada, les francophones ne représenteront plus que 2% de la population canadienne, contre 21% aujourd’hui. La seule province où les gens qui parlent français constitueront plus de 2% de la population sera le Nouveau-Brunswick, avec 30%.

M. Duceppe dit qu’évoquer un tel scénario revient à prendre «en otage» les francophones hors-Québec. Il n’est pas question de cela; les Québécois décideront toujours de leur avenir politique selon ce qu’ils perçoivent être leurs intérêts.

Cela dit, si l’on a la survie du français à coeur, on doit être lucide: le départ du Québec signerait l’arrêt de mort de cette langue dans le reste du Canada. Quiconque a rencontré de ces dizaines de milliers de francophones qui se battent pour conserver leur culture peut seulement ressentir une grande tristesse en envisageant cette éventualité.

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