
Photo Robert Skinner, La Presse
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François Cardinal
Chaque fois qu’un bâtiment devient vacant à Montréal, deux groupes se forment : ceux qui veulent le conserver et ceux qui demandent qu’on le rase.
Dernier en date : le Planétarium Dow, qui se videra dans un peu plus d’un an au profit d’un tout nouveau bâtiment dans le quartier du Stade olympique.
Construit en 1966, c’était le tout premier théâtre canadien muni d’un projecteur d’étoiles reproduisant la voûte céleste. Mais ce qui le distingue de tous les autres planétariums nord-américains, c’est son dôme hémisphérique inclus dans un cylindre tronqué obliquement. Vu du ciel, l’édifice de briques beiges rappelle ainsi Saturne et ses anneaux.
Pas banal, tout de même…
Mais il est vrai, cette particularité n’est peut-être pas une raison suffisante pour le conserver. Par contre, le Planétarium Dow est réellement le témoin d’une époque, celle de la construction du métro, de l’Expo… et de l’architecture flyée. D’où la volonté d’Héritage Montréal de conserver le lieu.
Comme le dit l’historien d’architecture Luc Noppen, «si on se contente de quartiers qui ne sont faits que de parallélépipèdes destinés à abriter des appartements, ça devient un peu monotone.»
Donc avant de penser à la démolition, une option radicale mais incontournable quand on ne sait vraiment plus que faire d’un édifice, réfléchissons au recyclage. Surtout que dans ce cas-ci, les idées sont nombreuses. Un appel sur Twitter a donné celles-ci : une salle de cinéma 3D, une salle d’expositions multimédias, une version adulte du musée pour enfants de Laval, etc.
À cela s’ajoutent les idées des experts, telles que rapportées par La Presse, ainsi que des projets plus sérieux, formellement déposés à la Ville : un musée de l’immigration, un amphithéâtre pour les étudiants de l’ETS et un centre permanent pour la Ligue nationale d’improvisation.
Intéressant, mais évidemment, la question des coûts de rénovation, qui s’élèvent à plusieurs millions, se pose. C’est bien beau de donner un édifice patrimonial à une institution universitaire ou à une organisation sans but lucratif, mais si elle n’a pas un sou, est-ce qu’on ne repousse pas simplement le problème à plus tard? Pensons au couvent Mont-Jésus-Marie sur la montagne…
Donc, le Planétarium, on en fait quoi?
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