Le blogue de l'édito

Archive, mars 2010

Lundi 29 mars 2010 | Mise en ligne à 15h04 | Commenter Commentaires (75)

Quand le Québec vert défend une raffinerie…

raffinerie_s

NDLR: Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

André Pratte

Des élus québécois de toutes les couleurs politiques, sauf les conservateurs, ont marché dans les rues de l’est de Montréal dimanche en appui aux 800 travailleurs de la raffinerie Shell et de sous-traitants. Ces travailleurs perdront leur emploi en juin si on ne trouve pas d’acheteur pour l’usine. Au premier rang de cette manifestation, on a vu le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, la ministre de l’Environnement, Line Beauchamp et le député néo-démocrate Tom Mulcair. Il était assez curieux de les entendre défendre une raffinerie, eux qui sont généralement très critiques à l’égard de l’impact  de l’industrie pétrolière sur les changements climatiques.

Bien sûr, il y a 800 emplois en jeu. Mais en Alberta, plus de 100 000 emplois dépendent du pétrole et du gaz. Peut-on s’étonner de voir les Albertains tenir à cette industrie comme à la prunelle de leurs yeux?

Les Québécois aiment bien se prétendre plus écolos que les autres Canadiens. La réalité est toute autre. Notre gaspillons l’énergie autant que les autres Nord-Américains. Notre bilan enviable en matière d’émissions de gaz à effet de serre vient seulement du recours massif à l’hydro-électricité, recours pour lequel nous n’avons aucun mérite. Nous avons tout simplement choisi d’exploiter la richesse dont nous disposions en abondance, comme les Albertains extraient les richesses naturelles se trouvant dans leur sous-sol.

La manifestation de dimanche montre qu’en cette matière, les politiciens québécois – comme ceux d’ailleurs, – tiennent un double discours: ils sont prêts à tout pour défendre l’environnement… en autant que l’impact économique se fasse sentir ailleurs qu’au Québec.

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Dimanche 28 mars 2010 | Mise en ligne à 10h23 | Commenter Commentaires (31)

La dictature du choix

Supermarché choix

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Ariane Krol

Il y a quelques années, une étudiante en psycho de Stanford a monté une petite expérience dans un supermarché. Elle donnait des échantillons de confitures fines. À certains moments de la journée, les clients pouvaient choisir parmi 24 saveurs. À d’autres,  il n’y en avait que six. On s’en doute, la table attirait plus de curieux quand 24 saveurs y étaient offertes. Mais ça ne faisait pas vendre davantage, bien au contraire: seulement 3% des clients en achetaient. À l’inverse, lorsque le nombre de confitures proposées tombait à six, 30% des clients en ramenaient à la maison. En divisant l’éventail des choix par quatre, on multipliait la fréquence des ventes par 10. Comme si un trop grand nombre de possibilités paralysait les capacités décisionnelles.

Cette étude a fait couler beaucoup d’encre depuis sa publication dans le Journal of Personality and Social Psychology. Elle interpelle aussi bien les spécialistes de la mise en marché que les psychologues. L’étudiante, Sheena Iyengar, a continué à creuser ce filon. Elle est maintenant prof à la Columbia Business School et vient de publier un bouquin, The Art of Choosing. L’entrevue qu’elle a donnée au Globe and Mail donne vraiment envie de le lire.

Sous nos latitudes, nous croyons dur comme fer que choix = liberté = bonheur. Ou à tout le moins que cette situation est de loin préférable à l’équation inverse. Mais apparemment, notre cerveau n’est pas toujours de cet avis. Sheena Iyengar cite une autre étude comparant des parents américains et français confrontés à la nécessité de débrancher leur enfant gravement malade. Les Américains pouvaient choisir le moment où le geste irréversible serait posé, alors que les Français devaient s’en remettre aux médecins. On a constaté, après quelques mois, que les parents français s’en sortaient beaucoup mieux. Les parents américains n’arrivaient pas à mettre derrière eux  le moment où ils avaient dû prendre cette terrible décision.

On est rarement confronté à de telles questions de vie ou de mort. Mais les choix que la société de consommation nous oblige à faire tous les jours sont plus exigeants qu’on ne le pense. «Nous en sommes venus à croire que nous avons une obligation de choisir, que nous avons l’obligation de faire de chaque choix un occasion d’expression personnelle», dit Sheena Iyengar.«Et quand je décide ce que je veux, je veux être sûre que cela reflète qui je suis. C’est un énorme fardeau.»

Que chaque choix reflète qui je suis? Ou bien c’est une grande marque d’intégrité. Ou alors un signe que l’adolescence ne se termine jamais. Qu’en dites-vous?

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Vendredi 26 mars 2010 | Mise en ligne à 12h18 | Commenter Commentaires (18)

Un bon coup de la LNH

Bruins Penguins Hockey_mPhoto AP

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Jean-Pascal Beaupré

Pour une fois, la LNH a été vite sur ses patins pour protéger ses joueurs souvent laissés sans défense face aux coups sournois d’un adversaire trop combatif. Depuis jeudi, les coups à la tête portés par derrière sont passibles de suspension. Du moins jusqu’à la fin de la présente saison, incluant les séries éliminatoires.

Dès que l’Association des joueurs a entériné la décision des gouverneurs de la ligue, le règlement est entré en vigueur dans les heures suivantes. La mesure est temporaire et devra être réévaluée pendant la «saison morte», mais elle a le mérite d’envoyer un message clair : on ne tolérera plus qu’un patineur vise la tête d’un joueur qui ne peut se protéger parce qu’il ne le voit pas venir.

Curieusement, le joueur fautif ne se verra pas décerner une punition des arbitres sur-le-champ. Mais son cas sera porté à l’attention du préfet de discipline Colin Campbell qui pourra sévir. À l’approche des séries, et surtout pendant les séries, les matamores y penseront peut-être une deuxième fois avant de porter un coup salaud à la tête d’un opposant.

Il est dommage qu’il ait fallu l’attaque sournoise de Matt Cooke, des Penguins, à l’endroit d’un joueur talentueux, Marc Savard (photo ci-haut), des Bruins, pour finalement pousser la frileuse direction de la LNH à mettre ses culottes. Les bonzes de la ligue n’ont pas encore développé un réflexe pour la prévcntion…

Même si la mise en échec était légale, la réaction de David Booth, jeudi soir au Centre Bell, illustre bien comment les séquelles du coup qu’il a reçu, en octobre dernier, vont l’handicaper jusqu’à la fin de sa carrière. Comme par hasard, sa blessure d’hier est survenue après qu’il ait salué l’adoption du règlement sur les coups à la tête…

Croyez-vous que la décision de la LNH démontre qu’elle commence à montrer un peu de sérieux pour protéger ses joueurs vedettes, souvent la cible de coups dangereux ?

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