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André Pratte
Des élus québécois de toutes les couleurs politiques, sauf les conservateurs, ont marché dans les rues de l’est de Montréal dimanche en appui aux 800 travailleurs de la raffinerie Shell et de sous-traitants. Ces travailleurs perdront leur emploi en juin si on ne trouve pas d’acheteur pour l’usine. Au premier rang de cette manifestation, on a vu le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, la ministre de l’Environnement, Line Beauchamp et le député néo-démocrate Tom Mulcair. Il était assez curieux de les entendre défendre une raffinerie, eux qui sont généralement très critiques à l’égard de l’impact de l’industrie pétrolière sur les changements climatiques.
Bien sûr, il y a 800 emplois en jeu. Mais en Alberta, plus de 100 000 emplois dépendent du pétrole et du gaz. Peut-on s’étonner de voir les Albertains tenir à cette industrie comme à la prunelle de leurs yeux?
Les Québécois aiment bien se prétendre plus écolos que les autres Canadiens. La réalité est toute autre. Notre gaspillons l’énergie autant que les autres Nord-Américains. Notre bilan enviable en matière d’émissions de gaz à effet de serre vient seulement du recours massif à l’hydro-électricité, recours pour lequel nous n’avons aucun mérite. Nous avons tout simplement choisi d’exploiter la richesse dont nous disposions en abondance, comme les Albertains extraient les richesses naturelles se trouvant dans leur sous-sol.
La manifestation de dimanche montre qu’en cette matière, les politiciens québécois – comme ceux d’ailleurs, – tiennent un double discours: ils sont prêts à tout pour défendre l’environnement… en autant que l’impact économique se fasse sentir ailleurs qu’au Québec.
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