Le blogue de l'édito

Archive du 26 mars 2010

Vendredi 26 mars 2010 | Mise en ligne à 12h18 | Commenter Commentaires (18)

Un bon coup de la LNH

Bruins Penguins Hockey_mPhoto AP

NDLR: Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publiera désormais que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

Jean-Pascal Beaupré

Pour une fois, la LNH a été vite sur ses patins pour protéger ses joueurs souvent laissés sans défense face aux coups sournois d’un adversaire trop combatif. Depuis jeudi, les coups à la tête portés par derrière sont passibles de suspension. Du moins jusqu’à la fin de la présente saison, incluant les séries éliminatoires.

Dès que l’Association des joueurs a entériné la décision des gouverneurs de la ligue, le règlement est entré en vigueur dans les heures suivantes. La mesure est temporaire et devra être réévaluée pendant la «saison morte», mais elle a le mérite d’envoyer un message clair : on ne tolérera plus qu’un patineur vise la tête d’un joueur qui ne peut se protéger parce qu’il ne le voit pas venir.

Curieusement, le joueur fautif ne se verra pas décerner une punition des arbitres sur-le-champ. Mais son cas sera porté à l’attention du préfet de discipline Colin Campbell qui pourra sévir. À l’approche des séries, et surtout pendant les séries, les matamores y penseront peut-être une deuxième fois avant de porter un coup salaud à la tête d’un opposant.

Il est dommage qu’il ait fallu l’attaque sournoise de Matt Cooke, des Penguins, à l’endroit d’un joueur talentueux, Marc Savard (photo ci-haut), des Bruins, pour finalement pousser la frileuse direction de la LNH à mettre ses culottes. Les bonzes de la ligue n’ont pas encore développé un réflexe pour la prévcntion…

Même si la mise en échec était légale, la réaction de David Booth, jeudi soir au Centre Bell, illustre bien comment les séquelles du coup qu’il a reçu, en octobre dernier, vont l’handicaper jusqu’à la fin de sa carrière. Comme par hasard, sa blessure d’hier est survenue après qu’il ait salué l’adoption du règlement sur les coups à la tête…

Croyez-vous que la décision de la LNH démontre qu’elle commence à montrer un peu de sérieux pour protéger ses joueurs vedettes, souvent la cible de coups dangereux ?

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Vendredi 26 mars 2010 | Mise en ligne à 5h00 | Commenter Commentaires (7)

Un maître s’éteint

André Pratte

Chaque journaliste a eu un ou des maîtres, des sages (ou moins sages…) qui lui ont appris le métier. Moins les techniques que les attitudes, moins les règles que la culture. Pour plusieurs de ceux qui ont fait leurs premières armes dans l’école extraordinaire qu’était CKAC dans les années 1970, Jacques Morency fut LE maître. M. Morency est décédé mercredi, à sa résidence de St-Bruno, à l’âge de 80 ans.

Jacques Morency et Pierre Bruneau.

Jacques Morency et Pierre Bruneau.

Quand j’ai commencé à CKAC à la fin des années 1970, la station était au sommet du monde de l’information au Québec. C’est difficile à imaginer aujourd’hui mais il y a 40 ans, la télévision faisant très peu d’information en direct, c’est la radio qu’on syntonisait quand on voulait savoir ce qui se passait dans le monde. C’est la radio qu’on écoutait pour suivre les grosses nouvelles.

Lecteur des bulletins de nouvelles du matin, Jacques Morency avait déjà une longue expérience du métier de communicateur. Moi qui étais dans la vingtaine, je ne pouvais qu’être impressionné par cet homme posé, d’une grande discrétion et d’une aussi grande culture. Les bulletins de nouvelles de M. Morency faisaient plus que nous dire ce qui se passait; ils nous l’expliquaient. Jacques Morency était professeur plus que lecteur, sans une once d’arrogance pour autant. Raymond St-Pierre, qui était directeur de l’information à CKAC à l’époque, a comparé M. Morency à Bernard Derome.

J’ai appris de lui qu’il fallait toujours s’informer de plusieurs sources, notamment de sources étrangères. Qu’il était essentiel de prendre du recul par rapport à tel ou tel événement, car sur le coup, la nouvelle la plus récente nous paraissait toujours la plus importante. Or, l’histoire en jugeait très souvent autrement.

Je n’étais pas bon à la radio et j’ai assez vite bifurqué vers l’écrit. M. Morency a été le maître de gens qui ont connu de grandes carrières à la radio et à la télévision, je pense à Pierre Bruneau et à Michel Viens, ce dernier qui lui a succédé à CKAC. M. Morency a ensuite présenté les bulletins de nouvelles à Télé-Métropole. Je ne crois pas que la télévision faisait autant justice à ses qualités que la radio.

J’ai revu Jacques Morency pour la dernière fois il y a une dizaine d’années, alors que je rédigeais un livre sur les médias (Les Oiseaux de malheur, publié chez VLB). On me permettra de citer les premières lignes de ce livre:

«Jacques Morency se porte bien. Mais l’information radiophonique, dont il a été un des plus dignes artisans, ne s’est pas remise de son départ.

«Autrefois communicateur-vedette, animateur des bulletins de nouvelles du matin à la belle époque de l’information à CKAC, Morency est aujourd’hui presque oublié. Ce simple fait est scandaleux, et sans doute révélateur de la philosophie qui guide les médias d’aujourd’hui.»

Ceux qui ont eu la chance d’être informés par Jacques Morency, ceux qui ont eu le privilège d’être formés par lui, ne l’oublieront pas.

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