Le blogue de l'édito

Archive du 25 mars 2010

Jeudi 25 mars 2010 | Mise en ligne à 12h33 | Commenter Commentaires (16)

Caféine et hypocrisie

Boissons gazeuses

NDLR: Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publiera désormais que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

Ariane Krol

C’est à croire que Santé Canada suit des séminaires de perfectionnement chez les Jésuites. Vendredi dernier, ce ministère si prompt à nous faire la leçon émet un communiqué dans lequel il «rappelle aux Canadiens de gérer leur consommation de caféine». La même journée, tout de  suite après (remarquez la numérotation des communiqués), il en émet un autre annonçant que ce stimulant pourra désormais être ajouté dans toutes les boissons gazeuses – jusqu’ici, c’était permis uniquement dans les colas. Les fabricants n’auront pas à mentionner la présence de caféine dans le tableau de valeurs nutritionnelles, ni sur le devant de l’emballage. Seulement dans la liste des ingrédients.

L’industrie est ravie. Les professionnels de la santé sont furieux. «Des quantités semblables de caféine sont permises dans les boissons gazeuses sans cola ailleurs dans le monde, notamment aux États-Unis et en Europe», plaide Santé Canada. Si c’était ça le barème fédéral en matière d’alimentation, on aurait accès à toutes sortes de produits, comme les laitages additionnés de stérols et stanols végétaux (censés réduire le taux de «mauvais» cholestérol) et de délicieuses charcuteries européennes fabriquées selon des normes différentes des nôtres. Pour toutes sortes de bonnes et de mauvaises raisons, Ottawa définit ses propres règles. Et dans ce cas-ci, il aurait dû s’abstenir et s’en tenir au statu quo.

La caféine n’est pas neutre. C’est un stimulant que beaucoup de gens évitent ou ne veulent pas que leurs enfants consomment. La nouvelle règle leur impose le fardeau de la vérification – et de l’incertitude puisque les parents ne sont pas toujours là pour surveiller ce que leurs enfants ingurgitent.

Évidemment, personne n’est obligé de consommer des boissons gazeuses. Mais on ne peut pas créer deux catégories d’aliments – les vertueux dont on surveille la qualité, et les cochonneries qu’on laisse les fabricants manipuler à leur guise.

En fait, une catégorie de boissons gazeuses contient déjà des quantités impressionnantes de caféine: les boissons énergisantes. Santé Canada s’est débarrassée du problème il y a plusieurs années en les classant comme produits de santé naturels (PSN) et en exigeant qu’ils soient homologués. Mais le processus d’approbation des PSN a pris tellement de retard que ces boissons se vendent partout, même si elles n’ont pas encore été approuvées.

Bref, c’est n’importe quoi.

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Jeudi 25 mars 2010 | Mise en ligne à 5h00 | Commenter Commentaires (12)

Crise budgétaire ? Dehors les prisonniers !

CALIFORNIA PRISONS_m

Photo AP

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Jean-Pascal Beaupré

Engluée dans une profonde crise budgétaire, la Californie prend les grands moyens : elle compte libérer 6500 prisonniers, 4% de sa population carcérale. Il faut dire que l’État consacre annuellement 8 milliards à la gestion de ses prisons surpeuplées. Rien de moins que 11% de son budget !

Afin de ne pas mettre en péril la sécurité des Californiens, ce sont les détenus les moins dangereux qui bénéficieront en priorité des largesses du gouverneur Arnold Schwarzenegger. Présentement, la Californie est le seul État américain où chaque détenu est soumis à une période de probation à sa sortie de prison, quel que soit son crime. Dès qu’une des conditions de libération était violée, le fautif retournait au cachot. D’où l’engorgement des prisons qui faisait exploser les coûts.

Au Canada, c’est le phénomène contraire qui risque de se produire avant longtemps. Rappelons-nous qu’en novembre dernier, le gouvernement Harper a déposé un projet loi fort attendu prévoyant que les bandits à cravate, trafiquants de drogue et voleurs devront désormais purger au moins le tiers de leur peine. Bientôt fini le temps où les Vincent Lacroix de ce monde pouvaient s’en tirer en ne passant que le sixième de leur sentence en cellule.

Le revers de cette mesure, c’est qu’il en coûtera plus cher aux contribuables pour maintenir ces criminels plus longtemps à l’ombre. Au moins 60 millions de plus par année, selon l’estimation conservatrice du ministère de la Sécurité publique.

Compte tenu des finances publiques précaires au Québec, êtes-vous d’accord pour que l’État défraie davantage afin de garder les prisonniers plus longtemps derrière les barreaux ?

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