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Mario Roy
Ça me fait toujours bien rigoler quand on dit que, de nos jours, ce n’est plus comment avant. Ah non ? Que la culture populaire, ce n’est rien
d’autre qu’un ramassis de produits vite faits uniquement destinés à faire de l’argent. Ah oui ? En 1741, Georges-Frédéric Haendel a composé Le Messie en 21 ou 24 jours (dépendant des sources) et en a fait un très lucratif «super hit» paneuropéen (c’est-à-dire : mondialisé, selon la géographie utile de l’époque)… Haendel était non seulement un génie musical, mais aussi un redoutable vendeur, qui prévoyait l’appui de commanditaires, des coups médiatiques ( ! ) et même des concerts-bénéfice (une sorte de Bob Geldof de l’oratorio…).
Pourquoi parler de ça aujourd’hui ?
Parce que Le Messie , un des grands chefs-d’oeuvre de la musique baroque, a été donné en première à Londres un 23 mars (après des concerts de rodage en province, dirait-on aujourd’hui). C’était en 1743.
Et parce que, à Londres, Haendel a été tout de suite accusé d’avoir plus ou moins blasphémé la religion en imposant un tel monument musical destiné à briser le silence propice à la vraie prière. Défense de rire : cette agitation a beaucoup nui à la carrière du Messie et… aux finances de Haendel. Au fait, incroyable mais vrai, le «péché» de blasphème revient à la mode un peu partout dans le monde : j’en parle, demain, en colonne éditoriale.
Hallelujah !, comme chantait l’autre.
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