Photo David Boily, La Presse
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André Pratte
Les syndiqués du secteur public ont manifesté par milliers à Montréal samedi, à quelques jours de la date limite qu’ont fixée les parties pour conclure une entente, le 31 mars. L’écart, notamment au sujet des salaires, est considérable: le front commun syndical demande une hausse des salaires de 11,25% sur trois ans alors que le gouvernement propose 7% sur cinq ans.
L’échéance du 31 mars n’est pas sacrée, c’est simplement la date de la fin des conventions collectives imposées par loi spéciale en 2005. La présidente du Conseil du Trésor a tout de même annoncé vendredi qu’elle lançait un sprint de négociation dans l’espoir de parvenir à un accord d’ici l’échéance.
L’état des finances publiques est tel que les exigences du front commun paraissent déraisonnables. Par contre, le gouvernement devrait offrir des augmentations permettant au moins à ses employés d’absorber l’augmentation du coût de la vie. Le ton modéré employé par le premier ministre, Jean Charest, au cours d’une entrevue à La Presse, est rassurant à cet égard. Toutefois, le ras-le-bol exprimé samedi après-midi par les syndiqués sera difficile à calmer.
De chaque côté, on devrait donner priorité aux domaines qui sont les plus importants pour les citoyens et pour l’avenir du Québec, soit la santé et l’éducation. Selon quel principe les hausses de salaires devraient-elles être exactement les mêmes pour tous les employés de l’État? Une infirmière joue un rôle plus important qu’un commis de bureau, particulièrement en contexte de pénurie; cela devrait se refléter dans l’amélioration de ses conditions de travail. De même pour un enseignant.
Enfin, le gouvernement et le front commun doivent faire l’impossible pour parvenir à une entente, dans le respect des contraintes imposées par les ressources limitées de l’État. Les lois spéciales ont un effet malsain sur les relations de travail et, par conséquent, sur la qualité des services offerts à la population.
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