Le blogue de l'édito

Archive du 20 mars 2010

Samedi 20 mars 2010 | Mise en ligne à 17h20 | Commenter Commentaires (88)

Il faut une entente

Photo David Boily, La Presse

Photo David Boily, La Presse

NDLR: Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

André Pratte

Les syndiqués du secteur public ont manifesté par milliers à Montréal samedi, à quelques jours de la date limite qu’ont fixée les parties pour conclure une entente, le 31 mars. L’écart, notamment au sujet des salaires, est considérable: le front commun syndical demande une hausse des salaires de 11,25% sur trois ans alors que le gouvernement propose 7% sur cinq ans.

L’échéance du 31 mars n’est pas sacrée, c’est simplement la date de la fin des conventions collectives imposées par loi spéciale en 2005. La présidente du Conseil du Trésor a tout de même annoncé vendredi qu’elle lançait un sprint de négociation dans l’espoir de parvenir à un accord d’ici l’échéance.

L’état des finances publiques est tel que les exigences du front commun paraissent déraisonnables. Par contre, le gouvernement devrait offrir des augmentations permettant au moins à ses employés d’absorber l’augmentation du coût de la vie. Le ton modéré employé par le premier ministre, Jean Charest, au cours d’une entrevue à La Presse, est rassurant à cet égard. Toutefois, le ras-le-bol exprimé samedi après-midi par les syndiqués sera difficile à calmer.

De chaque côté, on devrait donner priorité aux domaines qui sont les plus importants pour les citoyens et pour l’avenir du Québec, soit la santé et l’éducation. Selon quel principe les hausses de salaires devraient-elles être exactement les mêmes pour tous les employés de l’État? Une infirmière joue un rôle plus important qu’un commis de bureau, particulièrement en contexte de pénurie; cela devrait se refléter dans l’amélioration de ses conditions de travail. De même pour un enseignant.

Enfin, le gouvernement et le front commun doivent faire l’impossible pour parvenir à une entente, dans le respect des contraintes imposées par les ressources limitées de l’État. Les lois spéciales ont un effet malsain sur les relations de travail et, par conséquent, sur la qualité des services offerts à la population.

Lire les commentaires (88)  |  Commenter cet article






Samedi 20 mars 2010 | Mise en ligne à 5h00 | Commenter Commentaires (17)

Cancer: voyons-nous la vie en rose?

oncologie-46_m

Photo Martin Chamberland, La Presse

NDLR: Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publiera désormais que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

Ariane Krol

L’image du cancer dans les grands médias est complètement déformée. C’est le constat troublant auquel arrive une équipe de chercheurs américains après avoir épluché plus de 400 articles de quotidiens et de magazines à grand tirage.  Ces reportages sur le cancer ont été publiés aux États-Unis, mais les conclusions auraient sans doute été très similaires avec un échantillon canadien. Car elles sont tout à fait représentatif du discours ambiant sur cette maladie.

- Le tiers des articles traitaient de personnes ayant survécu ou ayant été guéries. À peine 10% parlaient de patients mourants ou décédés. Dans la vraie vie, environ la moitié des Américains frappés du cancer succomberont à cette maladie ou aux complications qui en découlent.

-  Si la majorité des reportages évoquaient des traitements comme la chimio ou la radiothérapie, moins du tiers mentionnaient la possibilité d’effets indésirables (douleur, nausée, perte de cheveux, etc.) Et moins de 15% prenaient la peine de préciser que ces traitements ne parviennent pas toujours à soigner ou à prolonger la vie du patient, ou que certains cancers sont tout simplement incurables.

- Finalement, moins de 3% des textes abordaient la question des soins palliatifs ou des traitements de fin de vie.

«Une information irréaliste peut induire le public en erreur», dénonce l’article publié cette semaine dans Archives of Internal Medecine. Les auteurs, tous des médecins, s’inquiètent que les patients prennent de mauvaises décisions par ignorance, en choisissant par exemple un traitement «héroïque» au lieu de soins palliatifs qui pourraient adoucir les derniers mois de leur existence. «Même si un cancer peut être impossible à guérir, la douleur peut toujours être traitée. C’est ce que je dis à mes patients», souligne l’un des auteurs. Le biais optimiste des médias ne l’étonne pas. «Ils nous racontent ce qu’on veut entendre», dit-il.

Et ce qu’on entend de plus en plus, c’est que le cancer est une épreuve dont on triomphe à force de volonté. Ça se reflète jusque dans les pages nécrologiques, où les décès surviennent souvent «au terme d’un courageux combat contre la maladie».

Je ne doute pas de l’importance de participer activement à sa guérison, mais comme je le mentionne en édito, je trouve qu’on met beaucoup de pression sur les patients et leur entourage. Apprendre qu’on fait une rechute ou qu’il n’y a plus rien à faire doit être assez difficile comme ça. Ce n’est vraiment pas nécessaire d’en rajouter avec cette idée absurde qu’on a «perdu son combat». Qu’en pensez-vous?

Lire les commentaires (17)  |  Commenter cet article






publicité

  • Twitter

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse



    publicité





  • Calendrier

    mars 2010
    L Ma Me J V S D
    « fév   avr »
    1234567
    891011121314
    15161718192021
    22232425262728
    293031  
  • Archives