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Mario Roy
Peut-être n’apprécie-t-on pas suffisamment à quel point l’internet a instillé chez les gens l’idée que certains «produits» sont destinés à être gratuits. Et que les vendre plutôt que les donner consiste à exploiter les malheureuses masses laborieuses… Par exemple, l’information : on en trouve des tonnes accessibles sans frais sur le web, de sorte qu’on oublie que récolter l’information de qualité, la traiter et la diffuser coûte les yeux de la tête. (Il y a le journalisme dit «citoyen», bien sûr, mais ça atteint vite ses limites.)
Exemple encore plus courant : la musique, bien sûr. Les jeunes en écoutent de plus en plus, mais la paient de moins en moins. (On m’a déjà expliqué qu’il est mal de pirater un artiste québécois, mais correct de pirater un artiste américain. Ingénieuse théorie. Et un artiste français ? Ou russe ? Ou sénégalais ? …)
Apparemment, il devient plus compliqué de pirater des films. Et ce, depuis un changement à la loi, notamment, et compte tenu d’une offensive de choc des majors .
Hier, un pirate montréalais a été condamné à deux mois de prison pour avoir «filmé» puis mis en ligne des films (américains, sans doute…) projetés en salles. Apparemment. il faisait ça pour le «kick», comme on dit. Une sorte de sport extrême. C’est apparemment la deuxième personne au Québec à être condamnée pour cette offense (l’autre l’a été en février 2009) et le premier pirate cinématographique (!) à être envoyé en prison.
Si ce n’est pas pour l’argent, fait-on ce genre de choses dans le cadre, justement, d’une adhésion consciente ou non à la culture de la gratuité ? Ou par simple bravade ? Sais pas. Vous savez, vous ?
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