Le blogue de l'édito

Archive du 17 mars 2010

Mercredi 17 mars 2010 | Mise en ligne à 12h04 | Commenter Commentaires (28)

Le prix de la gratuité

NDLR: Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

Mario Roy

Peut-être n’apprécie-t-on pas suffisamment à quel point l’internet a instillé chez les gens l’idée que certains «produits» sont destinés à être gratuits. Et que les vendre plutôt que les donner consiste à exploiter les malheureuses masses laborieuses… Par exemple, l’information : on en trouve des tonnes accessibles sans frais sur le web, de sorte qu’on oublie que récolter l’information de qualité, la traiter et la diffuser coûte les yeux de la tête. (Il y a le journalisme dit «citoyen», bien sûr, mais ça atteint vite ses limites.)

64259Exemple encore plus courant : la musique, bien sûr. Les jeunes en écoutent de plus en plus, mais la paient de moins en moins. (On m’a déjà expliqué qu’il est mal de pirater un artiste québécois, mais correct de pirater un artiste américain. Ingénieuse théorie. Et un artiste français ? Ou russe ? Ou sénégalais ? …)

Apparemment, il devient plus compliqué de pirater des films. Et ce, depuis un changement à la loi, notamment, et compte tenu d’une offensive de choc des majors .

Hier, un pirate montréalais a été condamné à deux mois de prison pour avoir «filmé» puis mis en ligne des films (américains, sans doute…) projetés en salles. Apparemment. il faisait ça pour le «kick», comme on dit. Une sorte de sport extrême. C’est apparemment la deuxième personne au Québec à être condamnée pour cette offense (l’autre l’a été en février 2009) et le premier pirate cinématographique (!) à être envoyé en prison.

Si ce n’est pas pour l’argent, fait-on ce genre de choses dans le cadre, justement, d’une adhésion consciente ou non à la culture de la gratuité ? Ou par simple bravade ?  Sais pas. Vous savez, vous ?

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Mercredi 17 mars 2010 | Mise en ligne à 5h00 | Commenter Commentaires (42)

Une limite aux accommodements

Photo AP.

Photo AP

NDLR: Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

André Pratte

On entend souvent dire que le gouvernement du Québec ne cesse de plier devant les demandes d’accommodement venant de membres de différentes mouvances religieuses. Pourtant, il y a bel et bien des cas où l’État québécois dit non. En voici un: invitée à conseiller la Régie de l’assurance-maladie du Québec sur sa politique d’accommodement raisonnable, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse a publié hier ses conclusions. Elle traite en particulier du cas où une femme portant le voile intégral se présente aux bureaux de la RAMQ pour obtenir un permis de conduire. Que faire si elle exige de ne se dévoiler, aux fins d’identification, que devant un commis masculin? Si elle tient à ce que ce soit un homme qui prenne sa photo?

Jusqu’ici, la RAMQ consentait un accommodement en faisant en sorte que la cliente soit servie par une femme. La Commission des droits estime qu’elle n’avait pas à le faire. Elle souligne que, pour l’identification, la dame n’aurait à se dévoiler que brièvement. Pour ce qui est de la photo, elle pourrait en apporter une prise ailleurs. Enfin, la Commission fait remarquer que par la suite, chaque fois que la cliente présentera sa carte d’assurance-maladie, un commis (homme ou femme) verra son visage de toute façon. «L’atteinte à la liberté religieuse de la cliente qui porte un voile intégral nous apparaît peu significative», conclut l’organisme. «Il n’y a pas d’obligation à accorder un accommodement.»

La Commission va plus loin. S’inspirant d’un jugement rendu l’an dernier par la Cour suprême (dans l’affaire de la colonie huttérite Wilson, en Alberta), elle fait valoir que même lorsqu’il y a atteinte à la liberté religieuse, un accommodement n’est pas nécessairement requis. Dans le cas présent, il est essentiel que la carte d’assurance-maladie comporte la photo de l’usager. «Aussi, même si on en arrivait à considérer que l’atteinte à la liberté religieuse de la femme qui porte un voile intégral est présente, l’objectif important et réel de s’assurer de l’identité de la personne justifierait une telle atteinte», peut-on lire dans l’avis publié hier.

Bref, ce qu’a dit la Commission hier (comme elle l’a dit dans d’autres avis qui n’ont pas retenu l’attention des médias), c’est qu’il y a des limites aux accommodements.

Soulignons enfin que selon la RAMQ, sur 118 000 visites effectuées à son centre de service de Montréal en 2008-2009, seulement 10 ont fait l’objet d’une demande d’accommodement faite par une femme portant le voile intégral. Dix sur 118 000, c’est 8 dixièmes de 1%. Vaut-il la peine de virer le Québec à l’envers pour ça?

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