Le blogue de l'édito

Archive du 16 mars 2010

Mardi 16 mars 2010 | Mise en ligne à 12h33 | Commenter Commentaires (31)

Bernard «Rambo» Gauthier s’explique…

Bernard Gauthier_m

Photo Le Soleil

NDLR: Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publiera désormais que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

Nathalie Collard

Ce matin, c’était au tour du représentant syndical Bernard Gauthier de s’expliquer à la suite de la diffusion du reportage de l’émission Enquête (Radio-Canada).

Le coloré personnage a attendu deux semaines avant de répondre aux questions des journalistes. «Moi quand il y a une tempête, j’attends que la neige soit tombée avant de passer la souffleuse», a-t-il expliqué.

Première observation: les membres de la FTQ-Construction de la Côte-Nord pourraient donner des leçons de relations publiques aux dirigeants de Montréal. Structuré, clair, authentique… M. Gauthier a mené la rencontre de presse d’une main de maître, ponctuant ses propos de mots comme «pères de famille», «solidarité régionale», «fierté», etc. Du grand art…

La franchise désarmante de M. Gauthier lui a sûrement attiré quelques sympathies. Questionné à propos de son caractère bouillant, le colosse a répondu, sourire en coin: «Si ça projette cette image là, je vais travailler là-dessus, je vous le promets.»

Sur le fond, toutefois, c’était moins convaincant. M. Gauthier nie toutes les allégations contenues dans le reportage d’Enquête qu’il qualifie d’une oeuvre digne des Oscars. «Moi aussi, j’ai eu peur de moi-même quand je me suis vu à la télé…»

Le représentant syndical de la FTQ-Construction a pris le temps de refaire l’histoire des chantiers de la Côte-Nord, a parlé de l’exploitation des travailleurs et s’est présenté comme un défenseur de la veuve et de l’orphelin. On est loin du représentant syndical qui menace les travailleurs qui sortent du rang ou encore, les entrepreneurs qui n’obéissent pas à la «loi» de la FTQ-Construction. Les plaintes contre lui? «J’en ai à toutes les deux semaines depuis six ans…»

En filigrane, on comprend bien qu’il y a présentement un bras de fer entre la CSN et la FTQ-Construction sur la Côte-Nord. On comprend aussi que les représentants syndicaux de la région ont leur manière bien à eux de gérer les chantiers et qu’ils n’ont surtout pas envie que les gens de «la ville», qu’il s’agisse des médias ou d’une commission d’enquête, viennent mettre le nez dans leurs affaires.

Malheureusement pour M. Gauthier, son point de presse soulève trop de questions pour que les choses en restent là. On aimerait en savoir davantage sur le placement des travailleurs, sur les relations tendues entre les syndicats, sur la loi du silence qui semble régner malgré tout. À l’exception d’une commission d’enquête publique, je ne vois pas d’autre façon d’aller au fond des choses tout en protégeant ceux et celles qui voudraient témoigner.

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Mardi 16 mars 2010 | Mise en ligne à 5h55 | Commenter Commentaires (42)

Se reproduire: un droit?

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Photo: François Roy, La Presse

NDLR: Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publiera désormais que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

Ariane Krol

Ç’aurait dû être une bonne nouvelle, mais dans les circonstances, ça a fait une drôle d’impression. Les traitements de procréation assistée devraient être accessibles sans frais dès la fin du printemps, a annoncé le ministre de la Santé jeudi dernier. Les Québécois qui souhaitent utiliser ces coûteux services ont dû pousser un soupir de soulagement: le gouvernement Charest va enfin tenir sa promesse de les aider.

En même temps, l’annonce tombe bien mal. Les urgences recommencent à déborder, les délais en chirurgie cardiaque à s’allonger et les patients à mourir en attendant d’être soignés. Et voilà qu’on arrive avec une nouvelle commande. Non seulement le ministère de la Santé devra-t-il dépenser des dizaines de millions de dollars supplémentaires pour y répondre, mais son réseau hospitalier sera mis à contribution. Amenez-en des défis!

La Commission de l’éthique de la science et de la technologie semble être la seule à voir la réalité en face. «Dans un contexte où les ressources budgétaires, matérielles et humaines se font plus rares – on le constate cette semaine encore avec le débordement des urgences de Montréal – les moyens ne suffiront pour combler touts les besoins. Raison de plus pour bien distinguer entre les droits et les désirs», souligne l’agence gouvernementale en rappelant que le «droit à l’enfant» n’existe pas.

La question n’est pas de savoir si c’est une bonne chose d’aider les gens qui n’arrivent pas à avoir d’enfants. Ce qu’il faut plutôt se demander, c’est si la procréation assistée est le meilleur usage qu’on puisse faire des ressources qu’on s’apprête à lui consacrer – compte tenu du fait que les ressources en santé ne sont pas seulement limitées, mais nettement insuffisantes. Pour moi, la réponse ne fait pas de doute. C’est non.

La lutte à la dénatalité? Si nous décidons, comme société, qu’il est préférable d’encourager la conception locale plutôt que l’adoption internationale ou l’immigration, qu’on sorte la procréation assistée du budget de la Santé et qu’on impute ça au développement économique ou à un autre ministère. Et de grâce, fichons la paix aux hôpitaux qui n’offrent pas déjà ce service. Ils en ont déjà plein les bras avec leurs patients actuels, qu’on laisse les cliniques privées s’organiser pour répondre à la demande.

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