Le blogue de l'édito

Archive du 10 mars 2010

Mercredi 10 mars 2010 | Mise en ligne à 13h17 | Commenter Commentaires (44)

Le Bloc et l’atome

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NDLR: Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

André Pratte

Depuis la présentation du budget Flaherty la semaine dernière, le Bloc québécois dénonce les sommes consacrées à l’énergie nucléaire. «Le gouvernement conservateur a décidé d’investir une partie de l’argent des Québécois pour développer la filière nucléaire. On veut créer un compétiteur à Hydro-Québec pour ce qui est de l’électricité», disent le chef et les députés bloquistes.

Voilà une bien étrange critique. Un: cet argent n’est pas l’«argent des Québécois», mais celui de tous les Canadiens. Et comme les Québécois reçoivent au total plusieurs milliards de plus que ce qu’ils envoient au gouvernement fédéral, ce sont davantage les autres Canadiens qui paient pour ce qui se fait ici (les garderies à 7$, l’assurance parentale, etc.) que le contraire.

Le Bloc s’oppose au développement de l’industrie nucléaire canadienne. Pourtant, si l’énergie nucléaire a ses désavantages, elle a aussi de grands avantages, en particulier dans la lutte aux changements climatiques. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a reconnu que le nucléaire pouvait faire partie des solutions au problème.

Dans les provinces canadiennes qui produisent leur énergie électrique avec des centrales au charbon et qui n’ont pas la chance de disposer comme nous d’imposantes ressources hydrauliques, le nucléaire pourrait certainement être une solution de rechange intéressante. Alors, pourquoi s’y opposer? Surtout que les bloquistes ne cessent de déplorer le mauvais bilan du reste du Canada en ce qui a trait aux émissions de gaz à effet de serre.

De l’avis de nombreux experts et gouvernements, la lutte aux changements climatiques est sur le point de provoquer la renaissance de l’énergie nucléaire. Accueillant lundi les représentants de 65 pays à une conférence internationale sur le nucléaire civil, le président français, Nicolas Sarkozy, a déclaré: «Tout doit donc être mis en oeuvre pour sauver la maison, pour sauver la planète, pour respecter nos objectifs en termes de lutte contre le réchauffement climatique. Nous avons besoin de l’énergie nucléaire. Il n’y a pas une seule personne sérieuse qui peut penser qu’on peut respecter nos objectifs avec les seules énergies renouvelables.»

Pour ce qui est de faire de l’énergie nucléaire canadienne un concurrent d’Hydro-Québec dans la vente d’énergie aux États-Unis, l’argument est peu crédible. Un: l’énergie nucléaire canadienne est à des années lumière de pouvoir exporter aux États-Unis. Deux: si elle l’était un jour, Hydro-Québec n’en souffrirait pas, la demande d’énergie propre au Sud étant bien plus importante que ce que notre société d’État peut fournir. Trois: plus le Canada peut aider les États-Unis à recourir à une énergie propre, mieux c’est pour la lutte aux changements climatiques.

(Photo AFP)

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Mercredi 10 mars 2010 | Mise en ligne à 5h05 | Commenter Commentaires (9)

Dozois: un plan simple

NDLR: Dans le but d’encourager un débat ouvert et respectueux, le Blogue de l’édito ne publie que les commentaires signés. Merci de votre collaboration.

Mario Roy

Curieusement, c’est dans la «docufiction» de Georges-Hébert Germain, Monica la mitraille (1997), que j’ai puisé de premières informations un peu consistantes sur les années au cours desquelles la partie la plus pauvre du centre-ville de Montréal fut rasée au bulldozer, et 4000 personnes déplacées, pour qu’on y érige les Habitations Jeanne-Mance, alors connues comme le plan Dozois. Cet ensemble, qui compte aujourd’hui près de 800 logements à loyer modique, fut inauguré il y a 50 ans, fin 1959.

109398-murales-ete-realisees-trois-immeublesLe Centre d’histoire de Montréal consacre une exposition virtuelle à ce véritable quartier qui continue à vivre une vie mouvementée faite de hauts et de bas (photo : en 2009, des murales viennent embellir l’endroit).

On sait en effet que ce «plan» simple, celui de construire de vastes complexes immobiliers pour les moins nantis, a connu à une certaine époque une grande faveur dans beaucoup de pays, dont la France, la Grande-Bretagne et  les États-Unis, en plus du Canada. Mais par la suite, l’idée a été beaucoup critiquée. Ghettoïser les moins nantis est apparu comme n’étant finalement pas une si bonne idée que ça. Et, en maints endroits, on l’a abandonnée (en France, on a même détruit des immeubles existants). Aujourd’hui, l’idée courante consiste plutôt à favoriser la mixité sociale pour éviter les ghettos.

Quoi qu’il en soit, le site ad hoc du CHM est fort bien fait, rempli d’informations sur la petite histoire du complexe qui a transfiguré le centre-ville. Rempli aussi de photos d’époque et de témoignages de résidents supérieurement intéressants.

Bien sûr, le style archirectural des immeubles a pris de l’âge et, pour être franc, il fait un peu soviétique ! Mais bon. Ça fait partie de notre patrimoine, non ?

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